‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 38 sur 137 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

creuser un bassin entre la ville el la eiladelle. En 1663, Colbert, nommé intendant «le la marine, eut, tout en conservant les finances, la direction du département de la marine dont de Lyonne, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, resta nominalement chargé. Colbert envisagea dans toute son étendue les conditions niix«|uelles était sul)ordonnée la création d'un gi-and établissement maritime. Pour arriver à ce résultat, il fallait agrandir les arsenaux existants, en bâtir de nouveaux, amasser des approA'isionnements. réunir des ouvriers, construire une flotte répondant à la situation de la France, former, ce ([ui présentait de sérieuses difficultés, un corps d'officiers, appeler les gens de mer sur les bâtiments de l'Etal , établir Tordre dans la gestion financière et une exacte discipline dans le personnel. Ce plan une fois arrêté, Colbert en poursuivit l'exécution avec une persévérance, une opiniâtreté que rien ne put décourager. Le développement de la marine reprit alors sa marche. Colbert eut rhonneur d'achever ou, pour parler plus exactement, de faire sienne l'œuvre de Richelieu. Les premiers armements faits après la mort de Mazarin, furent dirigés contre les Barbaresques. Dans le courant de l'année 1663, deux escadres reçurent la mission de détruire les corsaires des régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli. L'année suivante, le duc de Beaufort parti de Toulon au commencement du mois de juillet, se dirigea sur les côtes de l'Algérie avec seize vaisseaux, huit galères, douze navires de charge et vingt-cin(j petits bâtiments portant des vivres et du matériel. Sept galères de Malte s'étaient rangées sous son pavillon. Dos troupes expéditionnaires étaient embarquées sur l'escadre. Après avoir touché à Bougie, le 21 juillet, l'armée arriva le 22 devant Djijelly. Le duc de Beaufort avait l'ordre de s'emparer de ce point que le gouvernement français comptait occuper d'une

manière permanente. Les troupes, mises à terre sous la protection des vaisseaux et des galères, entrèrent dans la ville après un combat très vif. Le duc de Beaufort appareilla le 27 octobre avec le gros de l'escadre. Quelques jours après sou départ, l'armée, ayant fait des pertes assez sérieuses dans une rencontre avec les Arabes, se montra très découragée. Les généraux, réunis en Conseil, furent unanimes pour déclarer que les circonstances exigeaient l'abandon de Djijclly. Le marquis de Martel ayant mouillé devant la) ville avec six A^aisseaux, les troupes s'embarquèrent sur son escadre dans la nuit du 3 octobre. Un déplorable évc'uement marqua la fin de cette expédition. Un bâtiment de transport, sur lequel se trouvaient plusieurs centaines de soldats, coula en^ vue de Marseille; on ne parvint à sauver c[u'un très petit nombre d'hommes. Le duc de Beaufort fit, en 1665, une nouvelle campagne sur la cote septentrionale d'Afrique. A son retour, il reçut l'oidre de tenir son escadre prête à se rendre dans l'Océan.

Louis XIV ayant résolu de s'unir à la Hollande, alors en guerre avec la Grande-Bretagne, le duc de Beaufort appareilla de Toulon, à la fin d'avril 1666, avec une escadre forte de trente bàiiments et de dix brûlots. Arrivé dans les derniers jours de mai sur les côtes du Portugal, il s'établit en croisière, conformément aux ordres de la Cour, i)our protc'ger la navigation de Duquesne, chargé de conduire Mlle (rAumale à Lisbonne. Le départ de la future reine de Portugal ayant été retardé, de nouvelles instructions prescrivirent au duc de Beaufort de mouiller à l'entrée du Tage. A la fin du mois de juillet, craignant de manquer de vivres, il fit loule poiii- la llôchclle, où il mouilla le 23 iioid. Les Hollandais ne nous avaient ])as attendus, cl leur flolle, commandée par Kuyter, avait livré bataille aux Anglais,

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