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le 11 juin et le 4 août. Le duc de Beaufort, après avoir été rallié par Du([uesne. prit la mer pour rejoindre nos alliés. Il avait ét(' convenu (|ue la flotte des Klats se l)orterait au-devant des Français jusqu'à l'entrée de la mer du Nord. Arrive devant Dieppe, le duc de Beaufort apprit que les Hollandais étaient rentrés dans le Texcl; traversant de nouveau la Manche, il gagna le port de Rrest. En juin 1667, Buy ter prit la mer avec soixanteneuf vaisseaux: après avoir détruit les établissements de Gatham, il remonta la Tamise jusqu'à Gravesend et fit trembler Londres. Au printemps de l'année 1667, une trêve, bientôt suivie de la paix, fut conclue entre la France et la Grande-Bretagne. Depuis 1663, Golbert, ainsi que nous l'avons dit, dirigeait la marine avec le titre d'intendant; nommé, en 1669, secrétaire d'État, il eut, en cette qualité, dans ses attributions, le commerce et la marine, que le roi retira au secrétaire d'État des affaires étrangères, les finances, les travaux publics et les beaux-arts. Un homme, même de grande Aaleur, eut succombé sous le poids : il fallait être Golbert pour le porter.
Au commencement de l'année 1669, Louis XÏV prit la détermination de secourir les Vénitiens assiégés par les Turcs dans Gandie. Le 7 juin, le duc de Beaufort appareilla de Toulon avec seize vaisseaux, dix brûlots et une vingtaine de transports. M. de Vivonne était parti quelques jours auparaAant avec treize galères. Huit mille hommes, commandés par le général de Na vailles, avaient pris passage sur les bâtiments de l'expédition. Le 19, toutes les forces placées sous le commandement du duc de Beaufort, à l'exception des galères, mouillaient devant Gandie. Les troupes débarquèrent immédiatement et une attaque générale du camp ennemi fut décidée. Douze cents hommes, pris parmi les équipages
et les soldats de marine, lurent mis à terre. Le commandant en chef de l'escadre, le duc de Beaufort, n'avait voulu cédera persomie l'honneur de les mener au feu. Le 25 juin, nos troupes, vigoureusement conduites, culbutèrent tout ce (qu'elles trouvèrent devant elles; après queli^ues heures de combat, elles avaient enlevé les principales positions de l'ennemi. Les généraux français se considéraient comme certains du succès, lorsqu'un événement inattendu vint changer la face des choses. Une explosion formidable eut lieu dans une batterie turque dont nous nous étions emparés ; le feu avait pris à un di^jxVt de poudre et de grenades. Les soldats, croyant marcher sur un sol min(% s'enfuirent saisis d'une terreur panique. Les Turcs, qui étaient en pleine retraite, s'apercevant du désordre (jui régnait dans nos rangs, revinrent à la charge. Le duc de Beaufort, indigné, se jeta sur l'ennemi avec une poignée d'hommes; il fut tué ainsi que la plupart de ceux qui l'accompagnaien t .
Quelques jours après, les vaisseaux de l'escadre et les galères prirent position près de la côte. Tous ces bâtiments ouvrirent sur le camp turc un feu très vif: pendant cette canonnade, dont le seul résultat fut de tuer quch^ues hommes à l'ennemi, mi d(î nos bâtiments, la Théri'se, fit explosion. On avait eu l'imprudence de monter un approvisionnement de gargousses dans la batterie. Les embarcations de l'escadre, mises immédiatement à la mer, recueillirent à peine quelques hommes. M. de Navailles ayant renouvelé, sans succès, la tentative du 25 juin, prit la détermination de se rembarquer. Le général des galères, M. de Vivonne, devenu commandant en chef de l'escadre parla mort du duc de Beaufort, ramena les bâtiments et les troupes à Toulon. Le corps du duc de Beaufort n'ayant ]>as élé