‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 40 sur 137 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

retrouvé, le hruil couru!, à Paris, que le prince était prisonnier. Celle version ne lui pas accueillir à la Cour, et le roi disposa, le 12 novembre 16G9, de la charge de grand maître de la navigation et du commerce. L'amivalat, supprinK', en 1G2G, l)ar Hicluîlieu, l'ut rétabli, mais ctîtte dignité, réservée aux enfants de France, ne constitua plus qu'une distinction honorifique.

Depuis que la Franco avait conclu la paix avec l'Espagne, en 1639, notre marine navait combattu que les Barbaresques : une éjjreuve plus sérieuse attendait les escadres créées par Colljert. Au commencement de l'année 1672, Louis XIV s'unit à l'Angleterre contre la Hollande. Le comte d'Estrées rallia, le 13 mai, sur la rade de Sainte-Hélène, devant Porstmouth, les forces que commandait le duc d'York. Quelques jours après, quatre-vingts vaisseaux, comprenant trente vaisseaux français, se dirigèrent vers les côtes de la Hollande. Le 29 juin, les alliés se trouvèrent en présence de l'ennemi; le jour touchant à sa fin, le commandant de l'armée combinée crut prudent de remettre l'attacjue au lendemain. Une brume très épaisse enveloppa les deux flottes pendant la nuit: lorsqu'elle se dissipa, dans la matinée du 30, les Hollandais étaient hors de vue. Le duc d'York jeta l'ancre à Southwood-bay. à trente lieues environ dans le nord de l'embouchure de la Tamise. La ilirection générale du mouillage était nord et sud. Les trois escadres de l'armée anglo-française se trouvaient rangées dans l'ordre suivant : l'escadre française formant l'avant-garde, puis, en remontant vers le nord, le corps de bataille et larrière-garde. Le 7 juin, au point du jour, les frégates signalèrent la flotte des États généraux. Les Hollandais gouvernaient sur SouthAvood-bay avec une légère brise de nord-est : arrivées à petite distance de terre, ils serrèrent lèvent, les amures à bâbord,

et ils prolongèrent notre ligne du nord au sud en la canonnant. Les alliés, surpris, se hâtèrent de mettre sous voile; quelques bâtiments coupèrent leurs câbles, d'autres laissèrent à terre une partie de leurs embarcations. Le corps de bataille, qui était sous les ordres directs du duc d'York, et l'arrière-garde, commandée par le comte de Sandwich, prirent les amures à tribord. Ruyter, avec la première escadre, et un de ses lieutenants, l'amiral van Gent, avec la troisième, suivirent le mouvement des Anglais. Le commandant de l'avantgarde hollandaise, l'amiral Bankaert, continua sa route vers le sud, se dirigeant sur les Français qui avaient pris, en appareillant, les amures à bâbord. Arrivé à portée de canon, il ouvrit le feu sur nos vaisseaux, mais il ne s'approcha pas de notre ligne, quoiqu'il fût au vent et, par conséquent, libre de choisir la distance à lacpielle il voulait combattre. L'engagement entre les Hollandais, conduits parles amiraux Ruyter et Gent, et les Anglais, fut très vif. Les vaisseaux des deux nations se mêlèrent, et, de part et d'autre, il y eut des navires complètement désemparés. Le duc d'York, obligé d'abandonner son vaisseau, le Roy al- Prince, porta successivement son pavillon sur le Sainl-Michel et le Lomlon. Le Royal- Jacques, de cent canons, que montait le comte de Sandwich, commandant de la troisième escadre, fut incendie par un brûlot. Le vaisseau de Ruyter, les Provinces- Unies, éprouva de très graves avaries. Dans la soirée, les Hollandais tinrent le vent et le feu cessa sur toute la ligne. L'amiral Bankaert fit route pour rejoindre le gros de son armée, et le comte d'Estrées manœuvra pour rallier le duc d'York. Des vaisseaux anglais et français, sous-ventés au moment de l'appareillage, n'avaient pris qu'une part insignifiante au combat : quelrpies-uns. par suite de l'éloignemeiit, ii'aNaieiit pas tiré un coup de

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