‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 5 sur 137 · LIVRE PrîEMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PrîEMIER

française, placée sous le commandement de Savary de -Miiuléon, célèbre corsaire poitevin, prenait pari aux ojjéra lions de l'armée. Nos bâtiments étaient mouillés les uns dans le canal de Dam, au nord de Bruges, les autres le long de la côte. Les comtes de Boulogne et de Salisbury envoyés, avec cinq cents bâtiments, au secours du comte de Flandre, apprenant que les équipages français étaient devant la ville de Dam, forcèrent de voiles, joignirent notre armée et l'attaquèrent imnKMliatemcnt ; trois cents i)àtiments furent enlevés et cent détruits. Les Anglais mirent à terre les troupes que portaient leurs navires, mais Philippe-Auguste, venu en toute hâte pour sauver les débris de sa flotte, leur infligea une perte de deux mille hommes, et les contraignit de se rembarquer. Il livra aux flammes les bâtiments qui lui restaient, après en avoir retiré les munitions et les vivres.

En 1216, la noblesse anglaise s'étant révoltée contre Jean sans Terre, appela au trône Louis, fils de Philippe-Auguste. Louis franchit le détroit avec sept cents navires et débarqua ses troupes sans trouver de résistance. Peu après, Jean sans Terre étant mort, son fils fut proclamé roi. Une seconde expédition, forte de quatrevingts navires, sous les ordres d'un ancien moine du nom d'Eustache, partit des ports de France, portant des secours au fils de Philippe-Auguste. Les cinq ports armèrent une flotte dont le commandement fut confié à Philippe d'AU:)inly. Le 27 août 1217, les deux armées se rencontrèrent et l'action s'engagea. La plupart des navires français furent pris ou coulés, et le chef de notre flotte, accusé d'avoir commis des déprédations sur les côtes d'Angleterre, fut décapité. Le moine Eustache, en supposant que sa conduite antérieure eût été blâmable, était couvert par sa qualité de commandant de la flotte

française ; les Anglais commirent donc, en cette circonstance, un acte de barbarie que rien ne pouvait justifier, alors mrme que l'on se reporterait aux mœurs de cette époque. Les Anglais, disent les chroniqueurs, employèrent, dès le début de ce coml^at. un stratagème peu loyal; ayant l'avantage du vent, ils jetèrent, au moment où les deux armées se trouA'èrent bord à l)ord, de la chaux en poudre sur les navires français. Un grand nombre d'hommes, aA^uglés, furent dans l'impossibilité de se défendre. Après la perte de' cette bataille, Louis quitta l'Angleterre.

Louis VIII, monté sur le trône en 1223, se montra le digne successeur de Philippe-Auguste ; il s'empara de Niort, de Saint-Jenn-d'Angély, de tout le pays en deçà de la Garonne, du Limousin, duPérigord, du pays d'Aunis et de la Rochelle. Quand il mourut, en 1226, les Anglais ne possédaient que la Gascogne et Bordeaux. Louis IX continua, avec succès, la lutte engagée par ses prédécesseurs avec les grands A^assaux. Le traité de Meaux, conclu en 1229, termina la coalition formée par les seigneurs dans les provinces du nord, et la croisade entreprise dans le sud, contre les Albigeois ; ce traité assura, d'autre part, la possession du Languedoc à la couronne de France. Dca enu plus libre de ses mouA^ements, le roi se porta contre les Anglais qu'il battit dans deux rencontres, au pont de ïaillebourg, sur la Charente, et sous les uuirs de Saintes. 11 fortifia Calais et la lloclielle, et réunit une flotte (|ui fut chargée d'assurer la sécurité du littoral.

Depuis la fin du xi^ siècle, un mouA^ement, à la fois politique et religieux, poussait l'Occident contre l'Orient. La [)reuiière croisade fut entreprise en lOOG, par des seigneurs français, et la seconde, en 1147, ])ar Louis VII et renq)ereur (jonrad ; l'une et l'aulre prireid la A'oic de

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