I.IVRK V
les alli('s coniptnicnl plus de doux uiillo liommcs tu('S, bk'ssi's ou noyés. Le coniiuaudaut on chef de l'armée combinée, don Diego de Ibarra, son jii'édécesseur don Francisco Freire de la Cerda, resté, ainsi que nous l'avons dit plus liaul. comme volontaire sur le vaisseau amii'ul. cl le successeur de Uuytcr. laniiral de llat'ii, étaient au nombrt' <\i's niorls. Laniiral Middellant s'était noyé.
On ne se rend pas très bien compte des motifs qui déterminèrent les alliés à recevoir l'attaque des Français au mouillage. Les hommes expérimentés qui commandaient les Hollandais ne pouvaient ignorer que les batteries de terre ne leur seraient que d'un très faible secours : d'autre part, les aUiés, en restant au mouillage, donnaient à la flotte française toute liberté d'attaquer successivement chaque partie de leur armée avec des forces supérieures. On doit donc supposer que les Hollandais, se rappelant la conduite des Espagnols dans les combats livrés précédemment, se considéraient, à l'avance, comme battus, si la rencontre devait avoir lieu au large. L'armée combinée pouvait s'abriter derrière le môle qui fermait le port de Palerme, mais cette manœuvre eût montré clairement qu'elle refusait de se battre ; or, les Hollandais ne voulaient pas que, ni dans leur pays, ni en Espagne, on fût en droit de leur faire ce reproche. Nous devons donc supposer que l'amiral Haën fit prendre le parti qui lui parut comporter le moins de risques. En se battant à l'ouverture de la baie, l'amiral hollandais pensait probablement que les vaisseaux maltraités, ayant, avec l'aide des galères, un refuge assuré dans le port de Palerme, le combat, s'il ne favorisait pas les alliés, resterait indécis, résultat le meilleur qu'il lui fut permis d'espérer. Ni lui, ni l'amiral espagnol n'avaient prévu le rôle décisif que devaient
jouer les brûlots dans la journée du 2 juin. La ville de Païenne subit de grands dommages. Les canons des vaisseaux embrasés envoyaient, à mesure qu'ils étaient atteints par le feu, des boulets dont un grand nombre tombèrent dans la ville, détruisant des maisons et tuant du monde. En outre, « les grenades, dit une relation du temps, qui étaient en quantité dans ces vaisseaux de guerre, pleuvaient épais comme la grêle ». A la confusion, résultant de cette situation malheureuse, vint se joindre un soulèvement populairç ; la ville fut alors le théâtre des plus graves désordres. Gomme il arrive souvent en pareil cas, les habitants rendaient les autorités responsables des malheurs qui les atteignaient. Les révoltés, réclamant impérieusement des canons pour les mettre sur le port et tirer sur les Français, satisfaction leur fut donnée. « Le peuple, est-il dit dans la relation dont nous avons cité plus haut un extrait, traîna huit pièces de canon sur les murailles, d'où il commença à tirer sur les ennemis, lesquels avaient donné sonde ou autrement l'ancre à vue de cette ville, peu éloignée de la portée du canon, et demeurèrent là avec autant de repos que s'ils avaient été dans leurs propres maisons. » Il fut un moment question d'une tentative qui eût complété la brillante victoire remportée le 2 juin ; il sagissait de brûler, avec des navires de transport, transformés en brûlots, et des chaloupes, munies de chemises soufrées, les bâtiments ennemis. La position des vaisseaux hollandais et espagnols, entassés derrière le môle ou échoués à la côte, eût pu, en cas de succès, amener la destruction de la flotte combinée. Le duc de Vivonne ne jugea pas prudent de tenter cette opération; satisfait des résultats obtenus, il revint à Messine.
Duquesne fut envoyé à Toulon, avec I renie vaisseaux, pour y prendre des troupes et des vivres. Arrivé aux