LIVRE V
hardie, c'était manquer de justice envers de braves et habilos officiers.
Pciidaiil que le gouvcnicnieut faisait arnicr une escadre qu'il se proposait d'envoyer dans la nici- dos Antilles, les Hollandais s'emparaient, au commencement de l'année 1676, de Gayenne et de Tabago ; ils effectuaient des débarquements dans nos colonies, se livrant au pillage et embarquant, sur leurs navires, tout ce qu'ils pouvaient emporter. Le vice-amiral dEstrées partit do Brest, au mois d'octobre, avec les vaisseaux de cinrpiante, le GlorleK.T, \e: Fonlnnl , \o PrhÀau.r , V Intrépide, le Marquis, et les vaisseaux de (juaranle, le Laurier, le Soleil d'Afrique. Ces vaisseaux étaient commandés par les capitaines de jMéricourt, de Blénac, Mascarany, Gabaret jeune, de Lézine. Pannetier et Grand-Fontaine. Le commandant en chef montait le GIorieu.r. Arrivé, le <S décembre, devant Gayenne, l'amiral d'Estrées prit ses dispositions pour attaquer les Hollandais. Le 17, huit cents hommes, marins et soldats, commandés par les capitaines de vaisseau de Blénac, Pannetier et Grand-Fontaine, débarquèrent, protégés par le feu des vaisseaux. Le jour même, la ville fut reprise.
Le vice-amiral d'Estrées, en quittant Gayenne, se rendit à la ^lartiniqne et à la Guadeloupe ; après avoir pris des troupes dans ces deux colonies, il se dirigea sur Tabago oii il pensait devancer les Hollandais. Gette ■ espérance ne se réalisa pas. A son arrivée, il trouva le vice-amiral Binkes mouillé devant la ville, avec dix vaisseaux, plusieurs bâtiments de rang inférieur, et un brûlot. La rade était d'un accès difficile, et, d'autre part, une fois entré, on ne pouvait en sortir que vent sous vergues. L'amiral hollandais se croyait à l'abri de toute attaque du côté de la mer : néanmoins, il avait
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pris ses dispositions pour le cas où les Français, donl il connaissait la présence dans les Antilles, tenteraient de pénétrer de vive force dans la rade. Ses bâtiments, disposés en croissant, sappuyaienl sur des batteries rasantes, établies à terre. La flotte hollandaise occupait donc une position très forte, aussi, à la xue de l'escadre française, les habitants, convaincus qu'ils trouveraient en rade une sécurité absolue, vinrent-ils se réfugier sur les hàtiments de transport. Les capitaines. assend)lés en Conseil, reconnurent la nécessité de livrer combat à la flotte hollandaise, afin de rendre possible la tâche réservée aux troupes de débarquement. L'escadre mit sous voiles et se dirigea vers la rade. Le vaisseau de tête, Vlntrépidej ayant touché sur une roche, l'ordre fut donné de mouiller. L'amiral d'Estrées et ses capitaines étaient animés du plus vif désir de triompher des obstacles qu'ils avaient devant eux. mais, effrayés à la pensée de jeter l'escadre à la cote, ils décidèrent que nulle attaque par mer n'était possible. 11 restait à tenter la fortune du côté de la terre. Le 21 février 1677, les troupes débarquèrent, mais, incommodées par le feu des vaisseaux hollandais, elles furent contraintes de s'éloigner, et se trouvèrent, par conséquent, hors d'état de rien entreprendre contre la ville. Tel était l'état des choses, lorsqu'une embarcation française s'empara d'un canot dans lequel se trouvait un pilote du pays. Celui-ci. interrogé sur les difficultés que nous pourrions rencontrer pour joindre la flotte hollandaise, donna l'assurance formelle qu'il conduirait nos vaisseaux en rade, sans que ceux-ci courussent aucun ris(|ue, à la coïKlition d'être rendu à la liberté, aussitôt sa mission Iciininéc. Le comte d'Estrées accepta cette proposition et une atta(j[ue sinudtanée, par terre et par mer, l'ut résolue. Le 3 mars, l'escadre, formée en ligne de convoi,