‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 6 sur 137 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

terre jusqu'à Gonstantinople. La troisième eut, à sa tête, Pliili})jK'-Auguste. Richard, roi d'Aiij::le terre, et l'êmpereiir Fr(''(l(''ri(' Barl)eroiisse. Le roi de France et ses troupes s'embarquèrent à Gènes. La quatrième croisade, dirigée par des seigneurs français et vi'Mutiens, eut pour résultat la prise de Gonstantinople et la fondation, en 1204, d'un empire latin qui dura jusqu'à l'année 1261. La cinquième fut entreprise, en 1217, par Jean de Brienue. seigneur français, et André, roi de Hongrie ; et la sixième, en 1228, par l'empereur Frédéric II. Les croisades avaient ouvert à la navigation une nouvelle carrière dont profitaient surtout les républiques italiennes. La marine française n'avait joué, dans ce grand mouvement, qu'un rôle très effacé. La septième croisade modifia cette situation dans un sens plus favorable à notre pays. Saint Louis réunit à Aiguës -Mortes, port qu'il fit creuser dans la Méditerranée, ainsi qu'à Cette, Agde, Marseille et Toulon, dix-huit cents bâtiments de toutes dimensions, barques, galères, galéasses et navires à douljle pont, sur lesquels il s'embarqua avec son armée. La flotte, dans laquelle figuraient encore des navires étrangers, comprenait néanmoins un grand nombre de bâtiments français. Saint Louis, parti d'Aigues-^lortes le 25 août 1248, se rendit à Ghypre oii il passa l'hiver. Au mois de mars de l'année suivante, la flotte française reprit la mer, se dirigeant vers l'Egypte ; larmée fut débarquée devant Damiette dont elle s'empara après avoir battu les Sarrasins. On connaît la fin malheureuse de cette croisade. Victorieux à Mansourah, les Français, décimés par une maladie épidémique, furent obligés de reculer. La retraite se fit dans des conditions désastreuses ; saint Louis, qui se tenait àl'arrièregarde, prêt à se dévouer pour le salut de tous, tomba entre les mains de l'ennemi. Rendu à la hberté, après

avoir livré Damietto pour sa rançon, cl une somme d'environ dix millions de irancs pour celle de son armée, il se rendit en Palestine où il passa (juatre années avant de rentrer en France. Saint Louis entreprit, en 1270, une nouvelle croisade : celle-ci avait la Tunisie pour objectif. Les troupes lurent mises à terre non loin de l'ancienne Cartilage, mais, peu après le débarquennmt. la peste se déclara dans le camp français et fit de nombreuses victimes. Le roi, atteint par le fléau, expira le 25 août 1270.

Charles d'Anjou, frère de saint Louis, s'était rendu maître, en 1268, du royaume des Deux-Siciles. A Palerme, le lundi de Pà(juesde l'année 1282, à l'heure des vêpres, les Français furent massacrés ; toutes les villes de File suivirent cet exemple. Les Siciliens, redoutant les représailles que Charles d'Anjou ne pouvait man((uer d'exercer en apprenant les événements de cette malheureuse journée, connue dans l'histoire sous le nom de Vêpres siciliennes, offrirent la couronne à Pierre III, roi d'Aragon, qui l'accepta. Philippe III franchit les Pyrénées et s'empara de la ville de Oirone. Le traité de Tarascon, signé en 1291, et celui d'Anagni, conclu en 1295, terminèrent ce différend. La marine avail [)ris part à cette guerre. Elle s'était battue, sur les côtes de Sicile et d'Espagne, avec plus de courage que de succès, contre des adversaires braves, expérimentés, plus habitués qu(^ nous ne l'étions nous-mêmes à la manœuvre des galères, et ayant à leur tête des chefs hal)iles, jiarmi lesquels il faut citer lamiral aragonnais, Roger de Loria.

La guerre entre la France et l'Angleterre lut amenée par des incidents qu'il est utile de rapporter, parce ([u'ils donnent une idée des mœurs maritimes de cette époque. Les matelots normands et les matelots anglais,

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