LIVRE VI
Dans los nouveaux cadres figurèrent des officiers <|ui n"(''laienl pas 1res |)i'opres à remplir leurs fondions. Les uns avaient peu navigué, les juilres n'avaient paru, sur le pont des navires de guei-ic. (pie coninie officiers des troupes de la marine : enfin. (|uel({ues-uns avaient (juitté l'armée de terre pom- prendre immédiatement du service sur la flotte. Il restait aux officiers de cette catégorie la ressource d'apprendre leur nouveau métier, mais, en supposant qu'ils en eussent la volonté, il devait s'écouler un temps assez long avant que ce résultat put être atteint. Colbert eut un moment la pensée de créer, dans le corps royal de la marine, un corps d'officiers ayant fait un long apprentissage du métier de la mer dans les grades inférieurs. Il ne fut pas donné suite à ce projet, mais Colbert laissa subsister, dans la pratique, quelque chose qui se rapprochait de cette organisation . Le département de la marine employait des officiers pourvus de commissions temporaires : ces officiers, nommés par le ministre. ([uel(|uefois même par les capitaines des bâtiments sur lesquels ils étaient embarqués, étaient en général des officiers mariniers ou des pilotes.
(Jolbert ne pouvait improviser ce qu'on obtient seulement avec le temps, c'est-à-dire un corps d'officiers capable et homogène. Se trouvant dans la nécessité de former, en quelques années, un nombreux état-major, obligé, d'autre part, de le prendre, si ce n'est en totalité, du moins pour la plus grande partie, dans le milieu social auquel appartenaient les officiers de l'armée de terre, il ne put que s'efforcer de concilier ces diverses exigences. Après avoir fait face aux difficultés du présent, il se préoccupa de l'avenir. Bien convaincu que le personnel est le fondement le plus solide de toute organisation militaire, il Aoulut assurer le recrutement de l'état-major de la flotte dans des conditions différentes
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do celles (|ni avaient ])i'('si(lé h sa foriiiiilion. Richelieu avait décidé, en 1627, ([lie seize geiililshommes, entre tenus aux frais de l'Etat, seraient instruits sur tout ce qui louchait à la marine et à la naA'igation. C'était, dans l'esprit du cardinal, le point de déj)art d'une institution destinée à former des officiers pour la marine royale. Ce projet n'eut ])as de suite immédiate, et il ne semhle pas qu'il ait étt'* rc[)i'is par ses successeurs. Les grands maitres et surintendants tle la navigation et du commerce avaient une garde particulière ; celle du duc de Beaufort était, au moment de sa mort, de quarante-neuf gardes, sur lesquels vingt-cinq furent désignés pour être attachés à la personne du grand amiral. Ces vingt-cinq gardes, appartenant tous à la noblesse du royaume, formèrent le premier noyau des gardes de la marine, appelés à devenir officiers. Une ordonnance du 22 avril 1670 décida qu'il serait fait deux détachements de la compagnie des gardes, dont l'un servirait dans la Méditerranée et l'autre dans l'Océan ; cette compagnie fut licenciée, en 1671, mais elle reparut en 1672. En 1682, le roi ordonna la création, dans chacun des ports de Brest, de Bochefort et de ïoulon, d'une compagnie de gentilshommes gardes de la marine. Les gardes recevaient une instruction spéciale et devenaient enseignes de vaisseau, après avoir satisfait à certaines conditions d'embarquement. A partir de l'année 1673, on voit des gardes delà marine promus à ce grade.
Colbert porta son attention sur toutes les parties du service. Les devoirs des cai)ilaines et des officiers, la discipline, la solde et la nourriture des équipages, Tarmement et l'écjuipement des navires furent réglementés. L'Etat disposa de tous les bois utiles à la marine. Un Conseil, établi dans chaque port, fut chargé de délibérer sur les constructions neuves et sur les radoubs en cours