LIVRE VI
et lel»f\ (htiiiia ciiKi cciil iiiillc lianes destinés à indemniser notre comnieree. Il ne lui jias nécessaire de reconl'ii" à la force ponr amener le hey île Tunis à Iraiter : après avoir livi'fHes chi'f'liens pris par les corsaires de la régence, il pay;i une rançon. K\\ (|uillanl Tunis, le maréchal parut devant Alger pour rappeler au dey les engagements (|u'il avait contractés envers la France. Celui-ci ne tint aucun compte de cet avertissement. Notre commerce maritime ayani lail eulendre (\('> plaintes très vives contre les corsaires algé-riens, une nouvelle expédiliou l'ut décidée. Dans le courant du mois de juin de l'année 1688, le maréchal d'Estrées partit de Toulon avec Tordre de bomharder Alger, s'il n'était pas fait droit à nos demantles. Toute satisfaction nous étant refusée, l'escadre ouvrit le feu sur la ville. Cédant aux inspirations d'une fureur aveugle, les Algériens renouvelèrent les scènes de l'année 1685; ils mirent à mort notre consul, le P. Vicaire, et quatorze Français. Le maréchal estimant qu'il était nécessaire d'user de représailles, quinze Turcs, pris parmi les prisonniers, furent placés sur un radeau et fusillés; ce radeau, abandonné à l'action des vents du large, alla s'échouer à la côte. Par suite dune négligence inexcusable, les galiotes à bombes n'avaient pas été mises, avant leur départ, en état de faire un bon service: de plus, la poudre entrant dans le chargement des bombes, était de mauvaise qualité. Le maréchal se trouva dans la uin-essité de se retirer avant davoir obtenu les résultats sur lesquels on comptait h Paris. Néanmoins, lorsque les esprits furent calmés, les Algériens, redoutant de nouveaux bombardements, entamèrent, avec la France, des négociations qui aboutirent, en 16S9, à la conclusion d'un traité.
Nous avons dit que l'Angleterre voulait que, dans les mers environnant ses rivages, les bâtiments de guerre
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(le la Grande-Bretagne lussent salués par les navires étrangers : ceux-ci devaient amener leur pavillon et les voiles hautes. Les Anglais, considérant ce salut comme une marque de déférence qui leur était due, ne le rendaient pas. Les nations disposnul d"une mîuine assez puissante pour lutter contre les forces navales de la Grande-Bretagne, refusaient de se soumettre à un cérémonial inconciliable avec leur dignité. Cette question, (jui ne recevait jamais de solution définitive, était la source de difficultés continuelles. L'Espagne, n'admettant pas la suprématie (ju(; s'ari'ogeait la Cour de Londres, avait donné à ses officiers l'ordre de ne pas saluer les navires anglais et de se défendre ius([u'à la dernière extrémité, si l'on tentait de les y contraindre. La république des Provinces-Unies, malgré les engagements qu'elle aA^ait contractés, à cet égard, avec la Grande-Bretagne, s'efforçait de se soustraire à l'obligation de saluer le pavillon anglais dans les conriitions humiliantes que nous aA^ons indiquées. La France avait, de tout temps, repoussé les prétentions de l'Angleterre. Kn une seule circonstance, nous nous étions écartés de cette règle ; c'était, ainsi que nous l'avons rapporté, lors du passage, en Angleterre, de Sully, envoyé par Henri IV pour complimenter Jacques II sur son avènement au trône. En Kj'M, après un débat très vif sur cette question, la convention suivante avait été conclue entre Louis XIII et (^lliarles P'": les Anglais sjduaieul nos navires de guerre lorsqu'ils les rencontraient plus près des côtes de France que des côtes d'Angleterre, et dans l'hypothèse contraire, c'est-à-dire, lorsque la rencontre avait lieu plus près des côtes d'Angleterre que des côtes de France, nos bâtiments saluaient les premiers. Ce salut élait immédiatenicnl rendu. L'Angleterre, forcée par les circonstances, se relâchait de ses prétentions, mais elle ne les abnn-