‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 7 sur 137 · LIVRE l'IiEMIER · texte numérisé non relu

LIVRE l'IiEMIER

lors([u'ils se rencontraient dans les ports do commorce, se livraient à dos rixos qui dogon(Taionl,.lo plus souvoiit, en luttes sanglantes, A la suite d'une querelle survenue, dans le port de Bayonne, entre un Anglais et un Normand, ce dernier fut tué. Les Anglais prétendirent (|ue la mort du Normand était le r('sultat d'un accident : celui-ci aurait fait une chute dans laquelle il se serait involontairement blessé mortellement avec un poignard ([uïl tenait à la main. Les Normands, persuadés que leur camarade avait été assassiné, jurèrent de le venger. Les navires normands coururent sur les bâtiments anglais quïls trouvèrent sur leur route, et ils les coulèrent ai)rès les avoir pillés. Les Anglais usèrent immédiatement de représailles. Des efforts faits, de chaque côté du détroit, pour ramener la concorde entre les marins des deux nations, n'aboutirent à aucun résultat. Les Irlandais et les Hollandais vinrent se joindre aux Anglais, tandis que les Picards, les Flamands et même les Génois se rangeaient du parti des Normands. Quoique les rois de France et d'Angleterre fussent en paix, les deux nations se faisaient sur mer une guerre acharnée. Les villes anglaises, connues sous le nom des « cinq ports », armèrent en guerre, sans l'autorisation du roi, un grand nombre de bâtiments qui prirent la mer avec la mission avouée de donner la chasse aux naAdres français. La marine des « cinq ports » s'empara, près de Saint-Ma- Ihieu, d'une flotte marchande comptant, disent les historiens, deux cents bâtiments ; ceux-ci furent pillés, coulés, et les équipages massacrés. Enhardis par l'impunité, les Anglais effectuèrent plusieurs débarquements près de la Rochelle ; ils ravagèrent le pays et tuèrent des habitants. Enfin, on apprit à Paris qu'une force navale, au ser^-ice du roi d'Angleterre, avait paru à l'embouchure de la Seine oîi elle avait détruit des navires de

commerce. La navigation commerciale, sur nos côtes, était devenue impossible ; de toutes parts retentissaient des plaintes contre le roi d'Angleterre.

Philippe IV donna l'ordre à Edouard de comparaître, en personne, dcAant la cour des pairs, pour y rendre compte de sa conduite. Celui-ci refusant de se soumettre aux ordres de son suzerain, Philippe IV s'empara de la Guyenne. Une flotte anglaise se porta immédiatement sur nos côtes ; après avoir incendié les villes et villages de l'île de Ré, elle ravagea le pays baigné par la Gironde. Pendant que le roi Edouard II guerroyait sur noire territoire, une flotte française, commandée par Mathieu de Montmorency et Jean d'Harcourt, opérait une descente en Angleterre et incendiait Douvres. Comme ni en France, ni en Angleterre, on ne désirait la continuation de la guerre, la paix fut facilement conclue. Sous les règnes de Louis X, de Jean P'" et de Philippe V, la marine n'eut pas de rôle à jouer. Philippe V faisait les préparatifs d'une nouvelle croisade, lorsqu'il mourut en 1322. (Charles IV se disposait à mettre à exécution le projet formé par son prédécesseur, lorsque le roi d'Angleterre lui déclara la guerre. Charles IV battit les Anglais en Guyenne et prit l'Agenais. Les deux souverains conclurent un traité de paix en 1328.

Philippe de Valois, informé que le roi d'Angleterre nourrissait des projets d'hostilité contre la France, fit passer des bâtiments de la Méditerranée dans l'Océîin, et

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