LIVRE VII ICI
put joindre rennomi (|iii nvnil lerii l'ordre d'éviter toute renconlrc. Toui'ville. après (piclcpio temps passé à la mer, rcvini à Bresl oii la flollc lui désarmée. Seignelay avail liiil cetlc eouric campagne sur le vaisseau du commandant en chel". Le V novembre 1680. la viceamirauté du Levant fut accordée à Tourville: cette nomination avait évidemment pour but, non seulement de récompenser ses services, mais de lui donner plus d 'autorité.
Le 23 juin 1(30(>, l'anuée. forte de soixante-dix-huit vaisseaux, dix-hnit brûlots et cinq frégates, sortit de Brest pour se porter à la rencontre de l'ennemi. L'aAantgarde était commandée par le lieutenant-général de Ghàteaurenault, qui avait sous ses ordres le lieutenantgénéral marquis de Yillette et les chefs d'escadre de Relingues et de Langeron. Les diverses divisions du corps de bataille étaient commandées i)ar le lieutenant-général d'Amf reville et les chefs d'escadre de Nesmond, de Laporte et de Coëtlogon. A la tète de l'arrière-garde était placé le vice-amiral d'Estrées, ayant sous ses ordres le lieutenant-général Gabaret et les chefs d'escadre de Flacourt et Pannetié. A l'exception du viceamiral Victor d'Estrées, entré depuis peu dans la marine, tous ces lieutenants-généraux ou chefs d'escadre se battaient, sur mer, depuis vingt-cinq ans. Il en était de même de la plupart des capitaines. Quebjues jours après son départ, la flotte française arrivait en vue de l'Ile de Wight où se trouvaient mouillées les forces ennemies. Herbert conmiandait la flotte combinée de la Hollande et de l'Angleterre. Les alliés n'avaient pas poussé leurs armements avec une très grande rapidité, et ils n'étaient pas prêts lorsque les Français furent aperçus. La présence de notre armée jeta, dit un auteur anglais, un grand effroi en Angleterre ; d'autre part, le
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iiouvcnionienl craignait un soiilèvemenl jacobitc. Herbert pril la mer avec soixante vaisseaux ; il avait l'ordre formel de combattre les Français. Profilant de l'avantage du vent ([ui soufflait de la partie du nord, il se maintint à grande distance de notre armée jusqu'à ce ([u'il eût été rallié par tous les bâtiments dont l'armement n'était pas terminé au moment oii il avait quitté son mouillage.
Le 10 juillet, les deux armées se trouvaient à petite distance l'une de l'autre, non loin du cap Beachy-Head : les alliés, qui avaient l'avantage du vent, laissèrent porter sur la flotte française. Les Hollandais, commandés par le vice-amiral Evertzen . marchaient en tête de l'armée combinée ; ils attaquèrent notre avant-garde avec beaucoup de vigueur, et à petite portée de canon. Peu après, le centre et l'arrière-garde des alliés ayant pris leur poste, le combat devint général. L'amiral Evertzen n'avait pas prolongé notre ligne jusqu'au vaisseau de tète de Tavant-garde ; le chef de file de son escadre s'était arrêté à quelques vaisseaux en avant du Dauphin Royal, que montait le commandant de l'avant-garde, le lieutenant-général de GhàteaurenauH. Celui-ci, aussitôt (^ue le combat fut commencé, fil à la division du lieutenant-général de Villette le signal de courir un bord et de revirer au vent des Hollandais. Pendant le temps nécessaire à l'exécution de cet ordre, GhàteaurenauH, avec les vaisseaux qui lui restaient, soutint, sans désavantage, le feu de l'avant-garde ennemie. Lorsque la division de Villette, après avoir reviré, prit position au vent de l'escadre de l'amiral Evertzen, celle-ci, se voyant prise entre deux leux, vira de bord vent arrière, mais, retardée?, dans sa manœuvre, ])ar la l'aiblesse de la brise, elle passa, avant d'avoir serré le Acut à l'autre bord, devant le centre de notre armée dont elle essuya le feu. Château-
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rennull. voyant qiio son adversaire se dérobait, vira de hoi'd ]K)iii' le suivre. Le rentre et rarrièrc-;^arde eoinliallaicnt avec non moins de valeur que l'escadre de Chàleaiiiciiaiill. Le corps d(,' bataille et l'arrière-garde de larmée combinée, très mallraib''s par notre feu, serraient le vent à mesure (|ue l'action se prolongeait. Après luiil beures d'un combat 1res vil", l'ennemi étant hors de porlé'e. le l'eu cessa, l'n A'aisseau hollandais de soixante-huit, le Frislund, fut amarinc' par le Soiirrrriin (lue montait le chef d'escadre de Nesmond. Tourville. dit le P. Hoste, dans la relalion ipi'il fit de la balaillc, « (l(''sempara trois vaisseaux et en allait couper onze, en se faisant remorquer par (|uinze chaloupes, si la mar(M' ne se fut opposée à son glorieux dessein » .
Douze vaisseaux ennemis, appartenant, pour la plupart, à l'escadre de l'amiral Evertzen, étaient rasés comme des pontons: le calme, qui survint, sauva ces bâtiments en rendant toute manœuvre impossible. L'armée combinée ayant laissé tomber l'ancre, la flotte française imita cette manœuvre. A la fin tlu jusant les ennemis appareillèrent et les vaisseaux démâtés, presque tous hollandais, se firent l'cmorquer par leurs chaloupes. Dans la nuit du 10 au 11 juillet, les alliés livrèrent aux flammes deux vaisseaux hollandais, l'un de quatre-vingts et l'autre de soixante-huit. Les alliés, qui conservaient l'avantage du vent, firent route pour gagner le mouillage des Dunes. Les Français se mirent à leur poursuite: les deux armées mouillaient pour étaler la marée quand elle était défavorable. Aussitôt quel'arnK'e anglo-hollandaise fut entrée dans la Tamise, Herbert donna l'or<a-e d'enlever toutes les bouées sur les côtes d'Angleterre. Nous trouvons une indication des pertes subies par l'ennemi dans une lettre que Louis XIV écrivit à l'archevêque de Paris, à la date du 18 juillet. Le roi disait : « Les enne-
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mis perdirent en cette occnsion le vaissean le Fnslaml, de soixante-huit canons, ({ni s(> rendit au vaisseau le Souverain, commandé par le map(|Liis de Nesmond, et deux autres de la même force furent coulés bas avec deux de leurs brûlots. Cependant mon armée, profitant de son avantaj2:e, se servait des marées pour poursuivre les ennemis (|ui avaient toujours le vent favorable et qui, se Aboyant pressés et hors d'es]H'rance de pouvoir sauver les vaisseaux c[ui avaient éh' démâtés, prirent le parti d'en faire sauter trois et d'en couler bas quatre autres. Le 12, les flottes ennemies étant ])ar le travers du cap de Ferley, à trente lieues de l'île de Wight, où le combat avait commencé, et mon armée les poursuivant toujours, le comte de Tourville voyant, sous le vent, six vaisseaux démâtés qui rangeaient la côte d'Angleterre, détacha aussitôt une escadre sous le commandement du marquis de Villette, (|ui fit l)rùler quidre de ces vaisseaux et écliouer les deux autres. » Le 20 jiullet, un Te Deiim fut chanté dans la cathédrale de l^aris pour célébrer la victoire de Bévéziers, tel est le nom ([ui lui fut donné, remportée par Tourville sui' la flotte combinée d(* la lh)llande et de l'Angleterre. Laimée anglaise était, au poiid de vue du nombre, un peu inférieure à la nôtre, mais les vaisseaux qui la conqjosaient étaient pres([uc tous d'un rang élevé. Tourville dit dans une lellre du 13 juillet : « La plupart de tous les navires anglais étaient les plus forts qu'ils eussent; il m'a paru douze navires du premier rang et les autres de soixante pièces ; les Hollandais avaient la plupart de leurs navires àtrois j)onts. Je n'en ai vu que (knix qui eussent cinquîuite canons. »
A peine arrivé djMis la Tamise. Herbeil l'ut mis à la tour de Londres et traduit devaul un (Conseil de guerre qui l'acquitta. Mécontent de ce jugcMueul. (luillauinc