‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 61 sur 137 · LIVRE VII ItJo · texte numérisé non relu

LIVRE VII ItJo

r(Mii]tl;i('a non seiilciiit'iil Hci'bcrI dniis le ('oiiiinMiidcincnt (le l;i t"l(itl(', qui lui (loiiii»'" à raïuiral Hiisscl, mais il le (J('l)oiiilla detoiiles ses charges. Un grand nombre d'officiers, (|iii avaient pris parti poiirleiir général, partagèrent sa disgrâce. La politique eut une grande part dans la conduite de la Cour de Londres; celle-ci craignait de voir l'alliance étroite, qui unissait la Hollande à l'Angleterre, compromise par les résultats de la journée du 10 juillet. En effet, les Hollandais, accusant leurs alliés de les avoir sacrifiés dans cette bataille, faisaient retentir TEurope de leurs plaintes. Les Anglais, à leur tour, critiquaient sévèrement la conduite de lamiral Evertzen qui, disaient-ils, avait attaqué trop tôt et en désordre. Tourville, dans une lettre du 11 juillet, dit : « Les Hollandais vinrent, avec toute la vigueur possible, sur notre avantgarde. Herbert ne voulut pas me combattre et même ne combattit avec aucun de nos pa\ilIons ; je combattis avec son vice-amiral et deux seconds aussi gros que lui. » Les reproches que s'adressaient les uns aux autres les Anglais et les Hollandais, et, d"autre part, les rapports de Tourville, donnent la physionomie de cette bataille. L'amiral Evertzen avait manœuvré avec plus de vigueur que d'habileté; les Anglais s'étaient bien battus, mais leur amiral, (pii était en même temps le chef de l'armée combinée, avait montré, en se tenant plus éloigné de nous i[ue ne Tétait sa ligne de bataille, une prudence exagérée. Quant à l'escadre française, la supériorité de son feu, sur celui de l'ennemi, avait paru dès le début de l'action. Le commandant de notre avant-garde s'était conduit en marin brave et habUe; enfin, le calme et le courant avaient empêché Tourville de faire les manoeuvres ([ui eussent rendu encore plus importants les résultats de sa victoire.

Notre armée, ralliée par une escadre de galères, que

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commandait le chevalier de Noailles, pariil, le 1" août, devant Torbay. Un détachement de matelots et de soldats, placé sous les ordres du Adce-amiral dEstrées, fut mis à terre à Teigmouth. Le corps de débar(|uement, après avoir détruit une batterie qui défendait la rade, livra aux ilammes douze l)àtiments de guerre et quelques navires marchands. La flotte française mouilla, le 17 août, sur la rade deBertheaumc. Au moment oùïourville, exerçant, pour la première fois, le commandement d'une grande armée, remportait une brillante victoire, on ne se montrait pas, à Paris, complètement satisfait des résultats de la campagne. Seignelay eût voulu que, profitant de sa victoire, Tourville attaquât les j)orts ennemis et brûlât les navires marchands, fnisant ainsi subir au commerce anglais des pertes irréparaldes. Le ministre oubliait que la flotte française n'avait pas combattu, pendant huit heures consécutives, larmée anglohollandaise sans éprouver de graves avaries. Tourville écrivait « qu'il avait des munitions à prendre et des mats à changer ». Pour l'exécution des projets formés par le ministre, il eût fallu disposer d'une escadre légère, prête à se porter sur les côtes d'Angleterre aussit(M après l'entrée de l'ennemi dans la Tamise. Renforcée par quelques vaisseaux, pris parmi les moins nuiltraités, elle eut certainement fait beaucoup de mal à lennemi; malheureusement cette escadre légère n'existait pas. Au mois de mars, on avait envoyé sept mille hommes en Irlande, ce (|ui était insuffisant pour obtenir des résultats de quelque inqjorlance. .N\)s troupes, l)altuesà Linierick. revinrent en France sur une division dv la flollc (pii partit de Brest pour remi)lir cette mission.

Le marquis de Seignelay termina, le 0 novembre 1090, sa brillante carrière. Sa mort fut un malheur d'autant plus grand pour la marine que Louis XIV, heureux

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