‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 65 sur 137 · LIVRE MU · texte numérisé non relu

LIVRE MU

l'ian clo campagne aduptô pour raniiéc 109.'. — La llolti? (îiitiv dans la Manche. — (loniljat de la llougue. — Kotraite derai'niéo. — Quinze vaisseaux sont brûlés [lar rennonii. — Les Anglais opèrent une descente à Cainai-et. — Insuccès de cette expédition. — Bombardement de plusieurs places de notre littoral. — Tourville, après avoir paru sur les cc)tes de Catalogne, se rend à Toulon. — Tentatives de débarijuement sur nos côtes. — La guerre de course. — Jean Bart. — Paix de Rvswick.

D'après les renseignements venus de létranger, les Hollandais devaient, en 1692, armer trente six vaisseaux, et les Anglais, quatre-vingt-dix. Nous supposions que les alliés, consacrant trente-six vaisseaux à l'escorte des flottes marchandes, conserveraient les quatre-vingt-dix autres dans la Manche. Le ministre de la marine estimait qu'il pourrait en réunir un nombre à peu près égal sur les côtes de TOcéan, en faisant venir à Brest dix-huit vaisseaux qui étaient à Toulon. Dans les plans élaborés à Paris, il ne s'agissait pas seulement de la lutte de la marine française contre les marines athées, ce qui constituait cependant, pour celle-ci, une tâche déjà lourde, on voulait que notre flotte prît part à quelque expédition iiouvant amener de grands résultats. Après l'examen de diverses propositions, il fut décidé qu'un nouvel effort serait fait en faveur de Jacques II : cette entreprise devait prendre d'importantes proportions. Une armée

embarquée dans un port do la Manche, serait transportée, non en Irlande, mais sur le sol même de l'Angleterre : les troupes, mises à terre dans la rade des Dunes, marcheraient sur Londres. On croyait que, devant l'imminence du danger, les Anglais se hâteraient de reconnaître Jacques II comme roi. L'exécution de ce projet exigeait que noire marine lut maîtresse de la mer, mais on ne doutait pas, à Paris, que ce résultat put être atteint. Le ministère de la marine se proposait de mettre en mer, au mois daviil, c'est à-dire à un moment où nous supposions que l'ennemi ne serait pas prêt, soixante vaisseaux, lesquels fi'anchissant le Pas-de-Calais, mouilleraient à l'entrée de la Tamise. Cette flotte, à laquelle des renforts successifs seraient envoyés jusqu'à l'achèAT^ment complet de nos. armements, se trouverait, par sa position même, en mesure de s'opposer à la jonction des forces de la Hollande et de l'Angleterre. Dans ces conditions, l'expédition ne rencontrerait aucun obstacle. Cette combinaison, quelque séduisante qu'elle parût, fut néanmoins abandonnée dans la crainte, disait-on à Paris, d'ol)jections provenant de la mîuine. On décida alors que l'armée navale entrerait dans la Manche ; elle protégerait l'embarquement des troupes qui aurait lieu dans le petit port delà Hougue. En résumé, le plan de campagne adopté pour l'année 1692. comportait une descente en Angleterre, faite avec vingt mille honnnes, ayant à leur tête le maréchal de Bellefonds; Jacques II accompagnerait l'expédition (|ni jm'ndrait (erre dans le sud de l'Angleterre. Quant à l'époiiue à laquelle cette expédition aurait lieu, deux hypothèses se présentaient. Si la marine hâtait les armemciiits, et si, d'autre part, elle parvenait à en dérober la connaissance à l'ennemi, elle pourrait meltre en mer, vers le 15 avril, une partie importante de la IloUe de l'Océan. Les escndres des alliés

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