LIVRE VIll
armcM' les pins fins do voile pour olk-r au-flevani jusqu'à la rade du Havre, et donner avis au sieur de Honrepaus de sa venue. Sa Majesté veut qu'il mouille à la rade de la Hougue où il embarf[uera, tant sur les vaisseaux de guerre que sur les bastiments qui seront à sa suite.
toute riut'auterie Sa Majesté veut absolument qu'il
parte de Brest ledit jour 25 avril, quand mesme il aurait avis ([ue les ennemis seraient dehors avec un nombre de vaisseaux supérieur à ceux qui seront en estât de le suivre. Il observera cependant, dans ce cas, de ne point détacher les vaisseaux fins de voile, comme il luy est ordonné cy-dessus. En cas qu'il les rencontre en allant à la Hougue, Sa Majesté- veut f|u"il les combatte en quel- (|ue nombre qu'ils soient, quïl les poursuive jusque dans leurs ports, s'il les bal, après avoir envoyé au Havre un détachement de l'armée pour prendre les bastiments de charge, et les mener ensuite au lieu où se devra faire la descente : et s'il a du désavantage, Sa Majesté se remet à luy de sauver 1 armée le mieux qu'il pourra. Mais, en cas ({n'en entrant dans la Manche, il apprenne, soit par les avis qu'il recevra du Havre, soit par les vaisseaux qu'il trouvera à la mer. que les ennemis sont à la rade de Sainte-Hélène i ile de Wighti, Sa Majesté veut qu'il fasse en sorte de les y surprendre avant que d'aller à la Hougue, qu'il les y attaque, et qu'il trouve le moyen de les y faire périr. Il lui l'ecommande d'éviter en cette occasion les accidents qui luy firent perdre le moyen de les y attaquer en 1690... »
« J'ajoute ce mot de ma main à cette instruction, écrivit le roi, à la fin de cette dépèche, pour vous dire que ce qu'elle contient est ma volonté et que je veux qu'on l'observe ponctuellement. »
ïourville dut, en lisant ces instructions, se sentir profondément atteint dans son honneur. Il est impos-
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sible, en effet, de ne pas être frappé du ton général (|ui règne dans cette dépèche ; aucune lijjerté d'action n'est accordée au chef de la flotte ; tout est réglé, fixé à l'avance. Le roi semble craindre que Tourville recule devant les décisions énergiques, car Tordre de combattre figure avec une insistance que rien n'explique. Enfin, ces instructions contenaient relativement à divers incidents des cani])agnes de 1690 et de 1691, des allusions tlautant plus blessantes qu'elles étaient profondément injustes. Jusque-là, Pontchartrain avait fait œuvre facil(> : le moment était A^enu de passer des paroles aux actes. La rapidité des armements était la condition essentielle du succès : il appartenait aux bureaux du ministère et aux intendants dans les ports de déployer l'habileté et la diligence nécessaires pour réunir le personnel, le matériel et les approvisionnements, sans lesquels il était impossible de faire face aux armements. Le projet de descente en Angleterre, eflectué en avril, comportait, et ceci ne doit pas être perdu de vue, la présence, au même moment, dans la Manche, d'une force considérable, fixée à soixante vaisseaux. Nous allons maintenant suivre la marche des évc'nements. Sa Majesté veut, était-il dit dans les instructions du 26 mars, que le sieur de Tourville parte le 25 avril, « en quelque état que soit le Soleil-Roijal, qu'il doit monter, avec le nombre de vaisseaux de guerre, les brûlots et les bâtiments de charge qui seront en état de le suivre... » Cependant, quelques jours aA ant la date fixée, l'ordre fut donné à Tourville de retarder son dépari . L'administration n'avait pas encore réuni le nondjre des bâtiments de transport nécessaires pour l'embarquement des troupes ; quant à la flotte de guerre, on était fort loin du chiffre ])rimitivenient arrêté. Le 12 mai, date à laquelle, si les préparîdifs avaient suivi le cours indiqué par les auteurs