‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 8 sur 137 · I.IVUK l'REMIEIi · texte numérisé non relu

I.IVUK l'REMIEIi

il prit, à sa solde, des navires espagnols et quarante galères italiennes que conimaiidaienl Aïtone Doria et le corsaire ligurien Barbavera. Ces bâtiments, ainsi que les navires normands, bretons et picards que l'on put réunir, furent placés sous les ordres de Quiéret, amiral de France, et de Bélmchet, trésorier du roi. Édi)uard III attendait une occasion favorable pour soutenir, par les armes, les droits qu'il prétendait avoir à la couronne de France. Après avoir conclu un traité d'alliance avec les communes de Flandre et obtenu de TAllemagne une promesse d'assistance, il déclara la guerre à Philippe de Valois. Aussitôt que cette nouvelle fut connue, Quiéret, Béhuchet et Barbavera qui étaient, suivant l'expression de Froissart, « chargés de garder les détroits et passages entre France et Angleterre », se mirent en mouvement. Arrivant inopinément devant Southampton, ils s'emparèrent de la ville et revinrent à Dieppe, emportant un butin considérable. Les Français continuèrent à inquiéter le littoral anglais, sur lequel ils effectuèrent plusieurs descentes. Un grand nombre de navires, parmi lesquels se trouvaient les deux plus grands bâtiments de la marine anglaise, le Saint-Christophe et le Saint- Edouard, furent capturés.

Le 22 juin 1340, le roi d'Angleterre quitta la Tamise, se rendant en Flandre, avec trois cents navires, pour se porter au secours de son allié, le comte de Hainaut. Le 24, au point du jour, les Anglais eurent connaissance de la flotte française ; celle-ci, forte, dit-on, de quatre cents bâtiments, était mouillée dans une anse étroite, entre le fort de l'Ecluse et Blankenberg. Edouard III prit immédiatement ses dispositions pour nous attaquer : il rangea son armée sur deux lignes, la première comprenant les plus forts navires; dans chaque ligne, sur deux navires, il y en avait un monté par des archers et

l'autre par des gens d'armes ; les arbalétriers étaient placés sur les ailes. Les Anglais eonraient à l'est lorsqu'ils avaient aperçu, au point du jour, la flotte irançaise dcA^ant eux ; en conservant cette route, ils devaient avoir, au moment de nous joindre, le soleil dans les yeux, condition défavorable pour livrer bataille. Les navires ennemis manœuvrèrent pour s'élever au vent, (pii était de la partie du sud, et ils attendirent, pour se diriger sur notre flotte, que celle-ci restât dans le norti ; les Anglais firent alors routi; sur notre mouillage, ayant le soleil à leur droite. La flotte française n'avait fait aucun mouvement : elle restait à l'ancre dans une baie profonde et étroite, position qui ne lui permettait pas de se développer. L'ennemi se trouvait, par conséquent, libre d'attaquer partout où il le jugerait convenable avec des forces supérieures. Barbavera, marin habile et expérimenté, avait inutilement demandé que la flotte mit sous voiles et se portât à la rencontre des Anglais. Quiéret et Béhuchet avaient repoussé ce sage avis donné par un homme du métier. Le corsaire ligurien, prévoyant l'issue funeste d'un combat livré dans de telles conditions, gagna le large avec une partie des galères d'Italie. L'action s'engagea à six heures du malin, disent les uns; à huit heures, disent les autres. Le Christophe, un des deux grands navires enlevés aux Anglais, était en tète de nos bâtiments, ayant à son bord une troupe nombreuse d'archers génois : il fut entouré et pris. Les Anglais, savançant dans la baie, allaquaienl successivement nos l)àlimcnts, en coiiserviuit, dans ces engagements particuliers, l'a^^antage du noml)re. On se bal tait av(ic acharnement lorsqu'un renfort de navires flamands, rejoignant les Anglais, décida de la victoire en faveur de ces derniers. Le conihal se tcrjiiiiia vers trois luîures de l'après-midi.

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