‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 72 sur 137 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

(les nniK'cs pcrmîmciilcs. cl l;i prcscnco, an coniro do cliacuMc (les [)iiissaiic('s maiiliincs do rKiiropc, d'un pouvoir exerçanl son action sur toutes -les ijartics du territoire, avaient romplèleincnt modifie'' la situation de la défense. L'attaciue. d('*soi'mais. iiavait do clianccs de succès qu'à la condition d'employer de grands moyens, et encore pou\ ail-cllc difficilement compter sur un l)on résultat.

Depuis la bataille delà Houguo, nous no nous prooccupons que d'atteindre le commerce de ronnemi : l'affaire de Lagos, elle-même, n'a pas d'autre but. En 1694. Tourville, envoyé sur les côtes d'Espagne pour appuyer les opérations du duc de Noailles, reçoit l'ordre de revenir à Toulon dès que l'on apprend , à Paris, l'arrivée, dans la Méditerranée, d'une flotte anglo-hollandaise. C'est à peine si quelques bâtiments do guerre prennent la mer. Nos officiers luttent, avec une remarquable énergie, contre des forces supérieures. En 1694. la frégate la Bouffonne se fait abandonner par six bûtiments hollandais dont le plus faible est de sa force. L'année suivante, le Trident, doqùarante-doux, etlo Tù/z/é?;/^, de cinquantequatre, attaqués par une division de six vaisseaux, ne se rendent qu'à la dernière extrémité. Ces combats sont rares; les bâtiments de guerre ne sortent de nos ports que pour remplir des missions indispensables, et l'ordre leur est donn*' d'éviter tout combat inégal. Nous avons adopté une méthode de guerre à laquelle le ministre de la marine consacre toutes les ressources dont il dispose. Ce ne sont pas seulement les particuliers qui font la course, mais l'Etat lui-même prend part à ce système de guerre. Le roi prête au commerce, sous certaines conditions, des bc\timentsde guerre sur lesquels les officiers de la marine militaire reçoivent l'autorisation de s'embar- <{uer. Des grades militaires viennent récompenser les

2(A) lllSTOlIiE Itli LA MARINK FRANi'.AlSE

l)clles actions des corsaires. Jean Barl est la personnification la plus illustre de ces marins braves, habiles, connaissant à fond leur métier, qui furent, sous le règne de Louis XIV, la terreur du commerce ennemi. Jean Bart, d'une ancienne famille de Dunkerque, était fils et petit-fils de marins ayant commandé des corsaires. Entré de bonne heure dans la marine, il naviguait sur des bâtiments hollandais, lorsque le 7 aviil 1(372, la France et l'Angleterre déclarèrent la guerre à la Hollande, Jean Bart revint immédiatement à Dunkerque ; deux ans après, à l'âge de vingt-quatre ans, il commandait un corsaire. Sa réputation grandit rapidement. En 1676, commandant la Palme, navire ayant vingt-quatre canons et cent cinquante hommes d'é([uipage, Jean Bart prend à l'abordage, le Nepfime, bâtiment hollandais de trentedeux pièces. En rentrant à Dunkerque avec ce navire, il est acclamé par la population ; le bruit de cet exploit vient jusqu'à Paris. Appréciant, comme il le devait, les services que rendaient les corsaires, et voulant, d'autre part, encourager les [marins qui les commandaient, Louis XIV fit remettre une chaîne d'or, à laquelle était appendueune médaille à son effigie, au vaillant capilaine de la l^dhiK'. Jusqu'à la paix de Nimègue, signée en 1678, Jean Bart tieid la mer, faisant de nombreuses prises, et ne rexenant au port (|ue pour réparer ou ravitailler le bâtiment qu'il montait.

Le 5 janvier 1679, Jean Bart, nommé lieutenant de vaisseau, reçut l'ordre de faire, avec deux bâtiments, l;i chasse aux corsaires marocains, mission qu'il remplit avec succès. En 1689, lorsque surviut la guei're de la ligue d"Augsbourg, Jean Bart, capitaine de frc'gale depuis (|uek|ues années, sortit du Havre avec le chevalier de Forbin, escortant un convoi de (|ualorze navires niincliauds. Jeau Barl, (|ui axait le counnîiiidcnicMl des

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