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deux l»Mlim(Mils. montait la liailleuse, de vin<.4-huit pièces, et loclicvaiier deForbin, Xa^Jeiuc, de viiigt-([uatrc. Le 22 mai, par le travers des Gasquets, les navires français se trouvèrent en présence de deux bâtiments anglais, Tun de (juarante-huit canons et l'autre de quarante-deux. Bien décidé à défendre son convoi, Jean Bart ne se prépare pas seulement à combattre, il prend des dispositions pour sortir vaincjueur de la lutte qui va s'engager. Deux bâtiments marchands, ayant des canons, reçurent des hommes empruntés aux navires du convoi. Les capitaines de ces bâtiments devaient, sans trop s'engager, attaquer le vaisseau de quarante-deux pièces et prolonger le combat jus(|u'au moment où nos deux bâtiments auraient enlevé le plus gros navire ennemi. La Railleuse et les Jeux voulaient aborder le Sans Pareil, c'était le nom du navire anglais de quarantehuit pièces, mais la fortune trahit les deux capitaines français. Le calme survenant, l'fdjordage ne put avoir lieu et un furieux combat d'artillerie et de mousqueterie s'engagea. Peu après, le feu de l'ennemi faiblit et la reddition du Sans-Pareil semblait proche. Malheureusement, les capitaines des deux navires marchands, reculant devant le rôle honorable qui leur avait été confié, firent route pour rejoindre le convoi. Le second navire, venant joindre son feu à celui du Sans-Pareil, la Bâilleuse et les Jeux furent accablés et contraints, après une défense opiniâtre, d'amener leur pavillon. Les frégates françaises, rasées de l'avant à l'arrière, avaient perdu les trois quarts de leur effectif: Jean Bart était atteint à la tète, et le chevalier de Forbin avait reçu six blessures. A leur arrivée à Plymouth, le gouverneur, oid)liant ce qu'il devait à des officiers pris après un combat, les fit emprisonner. Jean Bart et le chevalier de Forbin ne restèrent pas longtemps entre les mains des
Anglais. Le 12 juin, s'cchappant do leur prison, ils s'ombarquèrcnl. emmenant, aver enx. un chirurgien flamand et doux mousses, dans une petite chaloupe n'ayant pas de voiles et munie seulement de deux avirons. L'embarcation aborda la côte de France à quelques lieues de Saint-Malo. Jean Bart et le chevalier de Forl)iii furent récompens('''S de leur helle conduite par le grade de capitaine de vaisseau. Le premier ne tarda pas à reprendre la mer, et il fit, dans le courant de l'année 1689, de nombreuses prises sur les Anglais et les Hollandais.
Le rôle de Jean Bart s'élève ; ce n'est plus un bâtiment, mais une division f[u'il commande, et les résultats obtenus sont en rapport avec les forces qui lui sont confiées. Le 26 juillet 1691. Jean Bartsortde Duuiccrque, trompant la croisière, forte de trente-sept bâtiments, qui blocpie le port. Il s'empare, le lendemain, de quatre navires anglais et des deux bâtiments de guerre, l'un de quarante canons et l'autre de cinquante, qui les escortent. Après la journée de la Hougue, les alliés bloquent nos ports et. on particulier, le port doDunkerque. sur lequel ils ont constamment les yeux fixés. Jean Bart passe à travers les escadres de blocus et fait des prises. L'année 1693 est marquée par un hardi couj) do main exécuté sur la ville de Newcastle, en représailles do la conduite do l'ennemi sur nos côtes. En 1694, Jean Bart, montant un vaisseau de cinquante-quatre canons et ayant sous ses ordres six bâtiments, sort do Duidcerquo pour convoyer uno flotte marchande, venant du nord, ([ui a[tpoi'to du l>l('' on France. Pour comprendre l'importance i\o la mission conliée à Jean Bai't. nous devons dire (juo l'élévation, cluuiue jour croissante, du prix du blé on France, était devenue pour le gouvernement un sujet des plus graves préoccupations. Le 2î) juin, une grande l'iolto
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luarrhandc. navijxuaiil sous l'escorlc de liiiil hàlimonls de giieiTc liollaiidais. lui aperçue. Jean liarl apprit ([uo les bâtiments en vue étaient ceux qu'ii était chargé de convoyer. Cette flotte. ])artio sans l'attendre, avait été capturée par les Hollandais qui se dirigeaient sur le Texel dont, à ce moment, ils n'étaient pas éloignés. L'attaque de l'escorte l'ut décidée. « J'assemblai tous les capitaines des vaisseaux de mon escadre, écrivit Jean Bart, et après avoir tenu Conseil de guerre, où le combat futrésolu, j'abordai lecontre-amiral, monté de cinquantehuit pièces de canon, lequel j'enlevai à l'abordage après demi-heure de condjat. Je lui ai tué ou blessé cent cinquante hommes : Je n'ai perdu en celte occasion que trois hommes et vingt-sept blessés. Le Mtcpion a pris un de ces huit vaisseaux, de cinquante pièces de canon. Le Fortuné en a pris un autre de trente pièces ; les cinq autres restant des huit, dont un est de cinquante-huit pièces, un autre de cinquante-quatre, deux de cinquante et un de quarante, ont pris la fuite après m'avoir vu enlever leur contre-amiral. J'ai amené ici trente naA'ires de la flotte, lesquels sont en rade. » Jean Bart, en reprenant cette flotte, touillée entre les mains de l'ennemi, avait rendu à la France, menacée de la disette, un service signalé. Chevalier de Saint-Louis du 19 avril, il reçut, pour sa belle conduite au combat du 29 juin, des lettres de noblesse.
Lorsque les Anglais A'inrent, en 1695, bombarder Dunkerque, Jean Rart prit le commandement d'un des forts qui étaient le plus exposés au feu de l'ennemi. Le 17 mai 1696, il sortit de Dunkerque, qui était étroitement bloqué, avec une division, composée de sept bâtiments et de deux brûlots. Le 17 juin, il chassa une flotte marchande de plus de cent voiles, et capturâtes cinq frégates qui l'escortaient. Ce combat avait été livré à la vue de
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douze navires de guerre hollandais : eeux-ci s'approchant, JeanBarLreconnuirinipossibilité de conserver ses prises. Il fit brûler les navires de commerce et quatre bâtiments de guerre; surle cin(|uième, dont les canons furent encloués, il mit ses prisonniers. Ces diverses opérations, rapidement conduites, étaient à peine terminées, que l'ennemi arrivait à portée de canon. Les Hollandais, qui nous étaient très supérieurs par le nombre et le rang des bâtiments, chassèrent, mais sans succès, la division française. Pendant que Jean Bart enlevait les cinq frégates d'escorte, des corsaires de Dunkeniue, qui nous accompagnaient, donnant dans la flotte marchande, avaient fait de nombreuses prises. Le dommage subi par l'ennemi était donc considérable. Celte même année 1696, Jean Bart, i)assant à travers l'escadre de blocus, conduisit à Dantzick le prince de Conti, compétiteur de l'électeur de Saxe au trône de Pologne. Il resta, avec son escadre, à la disposition du prince. Celui-ci, ayant renoncé à sa candidature, revint en France, et fit cette seconde traversée non moins heureusement que la première. Jean Barl mourut, à Dunkerque. en 1702, à un âge où on pouvait croire qu'il rendrait encoi'c de gi-ands services à son pays. Il n'avait que cinquante-deux ans. Nous résumerons rapidement sa brillante et trop courte carrière. Jean Barl se montre, aussitôt qu'il exerce son premier commandement, un corsaire incomparable, déployant autant de bravoure que d'intelligence et d'activité. Il ne capture pas que des navires marchands, il allaipie et j)I'(mi(1 des liAliments de guerre. Son nom, li'ès populaire dans son i)ays, oi^i il jouit dune grande réputation, est connu à Paris; telle est sa situation lorscpie la paix, conclue en IG78, vient arrèbM' le cours de ses exploits. La guerre éclate en 1689. Deux ans après, Jean Bart a, sous ses ordres, trois navires, six en 169i, et