‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 74 sur 137 · I.IVKF. VIII · texte numérisé non relu

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sept Tannée suivante : il enlève des flottes marchandes après avoir pris ou mis en l'uile les divisions ennemies chargées de les escorter. Successivemelit lieidenant de vaisseau, capitaine de frégate, ca])ilain(' d»* vaisseau, il devient chef d'escadre. Jean Bart a une place marqn(''e parmi les hommes qui illustrèrent le règne de Louis XIX. L'historien Faulconnier, un des contemj)orains de Jean Bart, trace de ce grand marin, le portrait suivant. « Il avait la taille au-dessus de la médiocre : le corps hien fait, robuste et capable de résister à toutes les fatigues de la mer. Il avait les traits du visage bien formés, les yeux bleus, le teint beau, les cheveux blonds, la physionomie heureuse et tout à fait revenante. Il avait beaucoup de bon sens, l'esprit net et solide, une valeur ferme et toujours égale. Il était sobre, vigilant et intrépide : aussi prompt à prendre son parti que de sang-froid à donner ses ordres dans le combat, où on l'a toujours vu avec cette présence d'esprit si rare et si nécessaire en de semblables occasions. Il savait parfaitement bien son métier, et il l'a fait avec tant de désintéressement, d'approbation et de gloire, qu'il n'a dû sa fortune et son élévation qu'à sa capacité et à sa valeur. »

Le chef descadre de Pointis fit, à la fin de l'année 1G06, un armement en course qui atteignit des proportions considérables. Pointis. qui avait son pavillon sur un vaisseau de quatre-vingt-quatre canons, partit de Brest, le 7 juin 1697. Les forces placées sous son commandement s'élevaient à plus de vingt bâtiments, parmi lesquels on comptait sept vaisseaux. Dans le courant du mois de mai, l'escadre jeta l'ancre devant la ville de Carthagène sur la côte d'Amérique. Elle fut ralliée, à ce mouillage, par plusieurs navires montés par des fliljustiers. Le corps expéditionnaire embarqué sur l'escadre, auquel vinrent se joindre des troupes amenées par Ducasse, gouver-

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neur de Saint-Domingue, s'empara do la ville à laquelle on imposa une conli-ilnilion de neuf millions. Il fut malheureusement impossil)l(' (remi)èclier les flibustiers de piller la Aille. La descente, dans ce pays malsain, ayant amené la perte d'un ginnd nombre d'hommes et encombré les navires do mahules, Pointis se hâta do reprendre la mer. Plusieurs bâtiments, dont les capitaines et la plupart dos officiers étaient morts ou malades, perdirent rescadre de vue. Le 24 août, une division anglaise, forte de cinq vaisseaux, fut npo^'çue sous le vent. Quoi([ue, par suite du grand nombre de malades existant sur nos bâtiments, le service des Ijatteries ne fût pas assuré, Pointis laissa arriver sur lonnemi, et laction sengagea. Toutefois, reconnaissant la nécessité d'arriver le plus promptement possible à sa (lestinntion, il reprit, vers le soir, la route do Brest, où il mouilla le 29 août. On doit citer, comme sétant particulièrement distingués dans cette guerre de course, le cai)itaine de vaisseau de Forbin. le chef d'escadre de Coetlogon et le lieutcnant^général tto Nesmond.

D'Ibei'ville (|ui. (It'|)uis 16(S6, servait au Canada avec la plus grande distinction, reçut, en 1697, l'ordre de s'emparer du fort Houi-l)on. dans la baie d'Hudson, enlevé par nous aux Anglais et que ceux-ci avaient repris. Quatre bâtiments, (|uoiqu'il n'eût que le grade de capitaine de fn'^gàle. fureut |>la('(''s sous son conunaudement. IjO 5 septembre, d"ll»erville mouilla à deux lieues environ du fort IJourbon, avec un seul bâtiment, celui qu'il montait; les autres navires de sa division, arrêtés par les glaces, n'avaient pu le suivre. Le G, il aperçut trois bâtiments anglais qui manœuvraient pour entrer dans la baie. D'ibervillc mil sous voiles, se porta sur les navires ennemis et les (•()nd)atlit avec tant de vigueur et d'iiabilcb' (|u"il coula un de ces bàlinu'nts, en [)rit un autre.

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cl mil le Iroisième on riiilc Un couj) <le vciil ayaiil jcUî à la rôle le bâtiment ([u'il commandait et la prise anglaise, sa situation devenait très eritiquc lorsque, fort heureusement, il fut rejoint par les trois navires restés en arrière. Quelques jours après, d'Iberville débarquait ses ('([uipajres. mettail le sièp:e devant le fort Bourbon et l'obligeait à capituler le l.") se[)tembre. Pendant le cours de cette guerre, ou s'était bal lu non seulement sur mer, mais eu Italie, en Espagne, en Hollande, dans les Pays- Bas et sur le Rhin. La France avait soutenu glorieusement cette lutte contre toute l'Europe. Le maréchal de Luxembourg avait remporté, sur les alliés, les victoires de Fleurus, de Steinkeniue et de Nerwinde. En Italie, Catiuat avait gagné, sur le duc de Savoie, les batailles de Staffarde et de Marsaille. Mais, pour obtenir de pareils r('sultats, nous avions dû faire, sur terre et sur mer, un immense effort qui avait épuisé la France. La paix ('lait devenue nécessaire: elle fut signée, à Turin, avec la Savoie, en 1696, à Hyswick, le 20 septembre 1697. avec l'Angleterre, l'Espagne, la Hollande, et, le 30 octobre de la même année, avec lempereur et l'empire.

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