LIVRE IX 21i
division, le rlicvalici' {U^ Sdint-Pol gagna le large avec le SdUshuri/, (lonl il a\ail pris le coninuindenienl, et trois frégates. Le 22 juin, la division française chassa un convoi escorté par quatre bâtiments de guerre. Doux de ces bâtiments furent enlevés à l'abordage et un troisième, qui venait d'être accroché par un des nôtres, fit explosion. I^e hàliment abordeur, Y Adroit, capitaine d(; Seine, éprouva de telles avaries que, peu après, il coula, entraînant, avec lui. son brave cajjitaine et la plus grande; partie de l'étjuipage. Le chef d'escadre de Coëtlogon, se rendant de Toulon à Brest aA^ec cinq vaisseaux, aperçut, devant l'entrée du Tage, une flotte marchande, comprenant plus de cent voiles, qui faisait route sous la protection de cinq bâtiments de guerre anglais et hollandais. L'un des navires de l'escorte fut coulé et les autres amenèrent leur pavillon: le convoi ne put être atteinl. En 1704, uousretrouvons le chevalier de Saint-Pol en croisière dans la mer du Nord. Le 19 mai, il s'empare d'un bâtiment de guerre et de six bâtiments de commerce, et. le 22 octobre, sa division prit trois bâtiments de guerre et onze navires marchands. ^lalheureusement, ce Aaillant et habile officier trouva la mort dans celte dernière affaire.
Les Anglo-Hollandais, faisant de très grands préparatifs pour soutenir les prétentions de rarchiduc Charles à la couronne d'Espagne, Loms XIV résolut de réunir une flotte assez puissante pour s'opposer aux desseins des alliés. Les ports de Brest et de Toulon reçurent l'ordre de faire des armements, et d'apporter, dans ces opérations, la plus grande activité. Le comte de Toulouse, amiral de France, nommé au conunandement de l'armée navale en formation, sortit de Brest, le G mai. avec vingt-trois vaisseaux, pour se rendre à Toulon. Lorsque les Anglais, qui se proposaient d'intercepter l'escadre
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(le Brest, arrivèreiil sur les côtes de Bretajrne, nos vaisseaux entraient à Cadix. Après un court séjour dans ce port, le comte de Toulouse reprit la mer, et il mouilla, dans le courant du mois de juin, sur la rade de Toulon. L'escadre que Ton préparait dans ce port n'(Mait pjis prête ; ce iacJieux résultai élait-il dû à la néglij^Muice des aulorités du port, ou fallait-il, ainsi que cela a été dil, laltribuer au mauvais vouloir du ministre. Si le comte de Toulouse joignait à sa qualité d'amiral de France Féclat des services, il acquérait une autorité dont le ministre de la marine aurait été probablement le premier à ressentir les effets. C'est ce que ne Aoulait pas Jérôme de Pontcharlrain, qui fut alors accusé d'avoir, dans un but d'ini(4'èt personnel, dirigé, avec une lenteur calculée, les armements du port de Toulon. Quoi (ju'il en soit, le retard apporté dans la disponibilité de la flotte eut pour conséquence de permettre aux forces alliées, que nous aurions pu combattre séparément, d'opérer leur jonction. L'armée française appareilla le 22 juillet; elle comprenait cimjuante vaisseaux, des frégates et des brûlots. Le comte de Toulouse avait auprès de lui, comme conseiller, Victor-JMarie d'Est rées, marc-chal de Gœuvres. Le personnel supérieur de la flotte conq)renait, en outre, les lieutenants-généraux de Villette Mursay, de Langeron, de Goëtlogon et de Relingue, les chefs d'escadre d'Infreville, de Belle-Isle, Bailli de Loi-raine, de Poinlis, de Sepville et de la llarteloire. Tous ces officiers généraux étaient des liommes éprouvés: on pouvait en diiv autant de la ])hi|)i»rt des ca|)it;nnes qui, servant depuis longues aimées, avaient assisté à de nombreux combats. Le 22 août, l'armée anglohollandaise, que commandait en clief l'amiral Booke, fnt aperçue: elle était forte de cinquanle-se])! vaisseaux, dix-luiil ri'(''gatcs, des galiotes à l>(»inl)i's cl des bridols.
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Le Siaoùl, l'ciincmi. (|iii (Mait au \ciil. laissa porter sur la flotte l'rauraisc rauiiée eu liiriic (h^ balaille. L'actiou s'engagea vers dix heures du maliu et dura jus(|uà la nuit; les alliés tinrent alors le vent et s'éloignèreut. Ou s'était battu, départ et d'autre, avec une grande vigueur; deux vaisseaux hollandais, faisant partie de lavant-garde, avaieut été coulés. Dans ces conditious, étant donné (|ue nous luttions avec cinquante vaisseaux contre cinquante-sept, rennemi. lui même, devait reconnaître i{ue le succès de la journée nous appartenait. Nous avions fait des pertes très sensibles. Les chefs d "escadre Bailli de Lorraine, de Belle-Isle, et les capitaines de vaisseau Phélypeaux et Ghàteaurenault étaient au nombre des morts ; le lieutenant-général de lielingue. qui avait eu la jambe emportée par un boulet, succomba le lendemain. Le comte de Toulouse et le capitaine de vaisseau Ducasse avaient été blessés, le premier très légèrement. Dans les Conseils de la flotte française, on se demanda si nous ne devions pas poursuiA're l'ennemi et Fattaquer aussitôt qu'une occasion favorable se présenterait, mais ce projet fut abandonné. Le comte de Toulouse dut le regretter, car on apprit, plus tard, qu'un certain nombre de vaisseaux anglais avaient épuisé leurs munitions. Les deux armées, après être restées (luarante-huit heures en présence l'une de l'autre, se séparèrent. Les Français louchèrent à Malaga, puis rentrèrent à Toulon ; l'armée anglo-hollandaise franchit le détroit, après avoir jeté des troupes et des approvisionnements dans la forteresse de Gibraltar, dont l'amiral Rooke s'était emparé sans coup férir, le 4 août 1704. pour le compte de l'archiduc Charles. Il y avait à peine cent hommes pour défendre cette importante position.
La journée du 24 août, honorable pour nos armes, ne produisit qu'un très faible résultat. « Otte action.
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dit le maréchal de Bc^^A'ick, dans ses mémoires, ne servit (|u'à conlonir, cette année, les Catalans dans lenr devoir, et à donner de la réputation au comte de Toulouse. » Il ne fut même pas question d'enlever Gibraltar aux Anglais ; la seule mesure prise à l'égard de cette place montre combien était irréfléchie la direction donnée à nos forces navales. Le chef d'escadre Pointis reçut l'ordre de bloquer Gibraltar avec treize vaisseaux ; or, les Anglais avant, sur les côtes (rEspairne et dans le Tage, une flotte considérable, on devait regarder comme certain que notre escadre serait attaquée par des forces auxquelles il lui serait difficile de résister. Non seulement ces observations, présentées jiar le chef d'escadre Pointis, ne furent pas accueillies, mais celui ci n'obtint même pas l'autorisation de croiser en dehors du (h'froil. position dans latpielle il eût ('té plus en sûreté. Au mois de mars 1705, huit vaisseaux de l'escadre de blocus, chassés par le mauvais temps, avaient pris le large, et il ne restait, au mouillage, que cinq A^aisseaux, au nombre desquels se trouvait le Magnifique, que montait Pointis. lorsque le vice-amiral Lake fid aperçu se dirigeant vers la l)aie aAec vingt-trois vaisseaux. Aussitôt que nos Aigies eurent signalé l'ennemi, les cables furent coupés et les cinq vaisseaux prirent chasse sous toutes voiles, mais les Anglais parvinrent à les atteindre. IjArrogaul, V Ardent et le Marquis, après une défense A'igoureuse. amenèrent leur pavillon; \g Magnifique (A le Lgs furent jetés à la côte et incendiés par leurs é(juipages.
Après la bataille de Malaga, nous n'aA^ons plus à enregistre!' de rencontres eidre nos flottes (A celles des alliés. En t7UD, on fait de grands aj'inements, mais, en présence des forces considérables doid dispose rennenii dans l'Océan et la Méditerranée, nos escadres ne |)i'ennenl pas la mer. l/.innée suivante, le comte de Toulouse