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marine française, oUe allait, chaque jour, disparaissant. L'Aii^lelerre mni'chail rapidcMnenl h la con(|ii(Me de la 8U[)rénialie marilinie et commerciale.
Lors delà conclusion du dernier traité do paix enlre l'Angleterre et l'Esjiagne, Georjres P' avait laissé entendre que Gibraltar reviendrait à ses anciens maîtres, s'il réussissait à se mettre d'accord, sur ce point, avec son parlement. Le roi était peut-être de bonne i'oi,mais il connaissait mal le peuple aux destinées duquel il présidait. Jamais la nation anglaise n'eut permis que la célèbre forteresse fût remise à l'Espagne. Les démarches tentées, dans ce but, par la Cour de Madrid n'aboutirent à aucun résultat, et Philippe Y put se convaincre qu'il ne devait conserver, à cet égard, aucun espoir. Il apprit, en outre, que les Anglais se livraient, dans la mer des Antilles, et sur les côtes de l'Amérique du Sud, dans les deux Océans, à de continuelles violences contre la marine marchande de l'Espagne. Notre faiblesse bien connue n'était pas étrangère à la conduite de l'Angleterre, à l'égard d'une puissance qu'il eût été de notre intérêt de soutenir. Quoique la situation parût très menaçante, les difficultés pendantes furent encore une fois aplanies. Les troupes espagnoles, qui avaient déjà mis le siège devant Giljraltar, se retirèrent et l'Angleterre rappela les escadres qu'elle avait envoyées sur les côtes de l'Amérique du Sud. La Cour de Londres désirait la paix, mais le commerce anglais, dont l'avidité ne connaissait pas de bornes, voulait la guerre. Le cardinal Dubois qui, sans avoir le titre de premier ministre, dirigeait toutes les affaires de l'Etat, mourut en 1723; quelques mois après, le duc d'Orléans le suivait dans la tombe. Pendant la minorité de Louis X\\ la marine avait été dirigée par un Conseil, composé de trois officiers généraux et de trois intendants, sous la présidence
du maréchal d'Esln'cs. Le comte de Toulouse, en sa qualité de grand amiral de France, avait le droit d'assister aux séances du Conseil. Ce système cessa d'être en vigueur, à partir de 1723. Le 17 mars de cette même année, Fleurian. comte de Morville, fut nommé secrétaire au dépai'temeni delà marine; quelques mois après, le 10 aoùl. il (-lait remplacé par Phélypeaux, comte de ]Maurepas. Sous la régence, la marine avait été abandonnée: le cardinal Fleury n'améliora pas cette situation, et, pendant son long ministère, l'histoire a peu de faits maritimes à enregistrer.
En 1725, la Compagnie des Indes envoya, sur la côte de jNIalabar, une division comprenant six bâtiments; le capitaine de Pardaillan, sous le commandement duquel cette division était |)lacée, s'empara de INIaiié. Le nom de Labourdonnais, qui ne devait pas tarder à devenir célèbre, figure, avec distinction, dans le récit de cette expédition. Né à Saiid-iMalo, en 1699, Labourdonnais s'était embarqué, à làgc de dix ans, à bord d'un navire qui partait pour les mers du Sud; quelques années après, il faisait un Aoyage aux Philippines. Entré, en 1719, au service de la Compagnie des Indes, il était embarqué, en qualité de second capilaine, sur un des navires de la division ipii avait opéré sur les côtes du Malabar. Pendant un de ses voyages, un savant jésuite lui avait enseigné les mathématiques, et un ingénieur du roi, qui se rendait à l'Ile-de-France, lui avait donné des leçons sur les fortifications et la tactique militaire ; Labourdonnais se trouvait pourvu de l'instruction nécessaire pour rcuidre des services sur terre et sur mer. En 1728, une escadre se rendit devant Tripoli dont le bey nous donnait de continuels sujets de plainte. Après lui bondjardement, ([ui n'amena pas les Tripolitains à nous accorder les satisfactions que