‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 82 sur 137 · VUE X 2i · texte numérisé non relu

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poste, sans raison apparciili'. (|in»i(|irrllr n'cùl pas d'adversaires par son travers. Après ipiehpies lienres d"un l'en 1res vif. ravaid-<:arde anj.daise', (jiii rondjattait, connue on l'a \ ii plus liant, nolir picnùèrc escadre, se replia vers le centre de son armée : dans ces conditions, tout rel'lorl des Anglais pouvait se porter sur larrièregarde. L'amiral de Court, lorsqu'il n'eut plus d'ennemis par son travers. \iia (h; bord et il se dirigea, suivi de tonte l'escadre, vers le point où l'on condjattail; mais la brise (''tait faible et il n'avançait ([ue liMdemenl. L'amiral anglais ne nous attendit pas: il vira de bord, échangea, avec l'arrière-garde, une canonnade vigoureuse et s'éloigna, emmenant un vaisseau espagnol, mais celui-ci, resté en arrière de la flotte anglaise, fut chassé et repris avec l'équipage que l'ennemi avait mis à son bord. Le lendemain, au point du jour, un vaisseau espagnol (|ui, pendant la nuit, avait commis la faute de gouverner sur les feux des Anglais, se trouvait loin de notre armée. Aussitôt qu'il eut été reconnu, des navires ennemis se mirent à sa poursuite, mais quelques bâtiments français s'étant portés à son secours, les chasseurs se retirèrent. Les Anglais restèrent en vue, toute la journée du 23, sans nous attaquer, quoiqu'ils fussent au vent, puis ils allèrent se réparer à Mahon. L'escadre espagnole, qui avait reçu de graves avaries, n'étant plus en état de remplir sa mission, fit route pour Cartliagène, escortée par les Français. La mer se trouvant libre, les troupes espagnoles qui opéraient en Italie purent recevoir des secours. En résumé, dans la journée du 22 février, connue sous le nom de bataille de Toulon ou de la Giotat, nous avions obtenu un avantage incontestable. L'amiral Mathews s'était retiré devant nous et il ne nous avait pas attaqués, le lendemain, quoiqu'il put le faire, puisque son armée était au

vent de la nôtre. En allant à Mahon, il laissait l'Espagne libre de rétablir ses communications avec rilalie, ce que l'envoi de la flotte anglaise, dans la jMédilerranée, avait pour l)ut d'empêcher.

Lorsque les événements que nous venons de rapporter furent connus en Angleterre, l'opinion publique manifesta un très vif mécontentement. Le commerce, dans l'intérêt duquel cette guerre était faite, n'entendait pas être frustré dans ses espérances; il exigea qu'on lui sacrifiât le vice-amiral Matliews. Celui-ci, traduit devant un Conseil de guerre, fut condamné, malgré les services qu'il avait rendus à son pays, à perdre son grade. Plusieurs capitaines subirent la même peine. Le viceamiral Lestocq eut une meilleure fortune; accusé par l'amiral Matliews de ne pas avoir pris part au combat, il comparut devant un Conseil de guerre qui prononça son acquittement. Le Conseil déclara que, la ligue de bataille ayant été signalée, le vice-amiral Lestocq ne pouvait (]uitler son poste rpie sur un ordre formel du commandant en chef. Cet arrêt, sil eût été pris à la lettre, aurait enlevé aux chefs de la marine anglaise tout esprit d'initiative ; on doit croire que les juges, loin de songer à fixer un point de jurisprudence maritime, ne s'étaient préoccupés, en rendant ce verdict, que de la situation des deux armées dans la journée du 22 février. Le vice-amiral Lestocq pouvait, en effet, croire que le commandaid en chef le tenait en réserve pour condjattre l'avant-garde française, si celle-ci se portait au secours de l'escadre espagnole, d'où il résultait, pour lui. la nécessité de rester au poste (jui lui avait été assigné. îSi, dans le service militaire, l'obéissance pure et simple constitue la règle généiale, il est des circonstances, au contraire, dans lesquelles le devoir de ceux (pii exercent le comnijuidenieid consiste h s'écarter des ordres reçus :

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c'est, il faut le reconnaître, la partie difficile de leur rôle, l'opinion exigeant, le plus souvent. f[ue le succès ré[)onde à la décision prise.

Le lieutenant-général de GourI avait fait à son avantgarde le signal de virer de bord, mais cet ordi'c, ainsi que nous l'avons dit, n'avait pas été exécuté au moment où il avait été donné, c'est-à-dire alors qu'il eût été le plus utile ; d'autre part, les f]spagnols faisaient entendre des plaintes très vives, disant hautement qu'on les avait abandonnés. Don Navarro ne pouvait cependant ignorer que les Anglais ne s'étaient éloignés du champ de bataille qu'à l'approche de l'escadre française venant, sous la conduite de son chef, au secours de l'arrièregarde. Le gouvernement de Louis XV, sans se livrer à un examen approfondi des divers incidents de la journée du 22 février, enleva au lieutenant-général de Court son commandement a^ec défense de venir à Paris, L'opinion publique n'approuva pas un acte de sévérité par lequel on semblait sacrifier le légitime amour-propre de notre marine pour donner à rEsjDagne une satisfaction qui n'était pas méritée. Notre escadre n'avait pas remporté un succès éclatant, mais elle était restée maîtresse du champ de bataille. On aurait pu ne pas employer le lieutenant-général de Court, à cause de son âge, il avait alors quatre-vingts ans, mais le gouvernement devait, s'il voulait lui donner un successeur, agir, à son égard, avec plus de ménagement. Disons immédiatement que l'on eut, à Paris, conscience de l'injustice dont il était victime. En 1750, le lieutenant-général de Court fut fait vice-amiral et grand-croix de Saint-Louis. Comme, depuis un temps asez long, on ne faisait pas de promotion dans la marine, il était difficile, en 1744, de trouver, pour commander nos escadres, des chefs ne comptant pas un grand nombre d'années ; il en résultait également que les préten-

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dants aux grades élevés étaient loin d'être jeunes. Les capitaines de vaisseau Deslierbiers de l'Elenduère et de Lajonquière, dont nous aurons à parler plus loin, nommés chefs d'escadre, le premier, en 1745, et le second, en 1746, avaient, au moment de leur promotion, iNI. de l'Etanduère soixante-trois ans, et M. de Lajonquière soixante-cinq.

L'escadre espagnole, au début de l'action, était loin de son poste et irrégulièrement formée. Quelques vaisseaux, en tète desquels il faut placer le Real Felipe, combattirent vaillamment ; d'autres prirent peu de part au combat. Don José de Navarro, blessé légèrement, abandonna la direction de son escadre. Le Real Felipe fut, un moment, en grand péril. Un brûlot, très bien manœuvré, était arrivé à petite distance de l'arrière du A^aisseau, sans que les bâtiments qui tiraient sur lui eussent réussi à le couler, lorsque plusieurs coups de canon, partis du Real Felipe, l'atteignirent. A ce moment, il fit explosion. L'Espagne, moins sévère que la France et l'Angleterre, ne voulut voir, dans le combat du 22, que le résultat. De nombreuses récompenses furent accordées à l'escadre de don Navarro ; celui-ci. malgré le rôle modeste qu'il avait joué, reçut le titre de mar(|uis et fut nommé lieutenant-général. L'Espagne put croire que sa marine avait rem])orté une victoire signalée. Le 15 mars 1744, la France déchirait la guerre à l'Angleterre.

Nous avions, dans la Manche, sous le commandement du lieutenant-général de Roquefeuil. une escadre qui devait escorter des navires porlaid des tronpes de débarquement. Celles-ci élaienl appelées à se joindre aux partisans des Stuartscpii allendaienl im]>aliemmenl lenr arrivée pour prendre les armes. Nous avions déclaré la guerre sans être prêts; les Anglais, instruits de nos

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