LIVRE X
projets, ayant réuni, d.iiis la mer du Xord, des forces consid('i'a])I('s. il lallul n'iion("er à celle expiMlilion. Le prélendanl iiepuu\ail plus eoni|)lei' sui'le (|(''l)ai-(]uenient d'une armée française: son fils aiii»'. le jtrince Charles- Edouard, résolut de faire une tentative avec les faibles moyens que le gouvernement mit à sa disposition. Parti des côtes de Bretagne, au mois de juillet 1745, sur un navire particulier, il débarqua en Ecosse. Le prince était accompagné d'un agent du gouvernement français, le président du parlement d"Aix, et de quehjues officiers: il emportait de l'argent, des armes et des munitions. Les débuts de la campagne furent heureux; promptement rallié par ses partisans, le prince marcha contre les troupes royales quil battit dans plusieurs rencontres. Pendant un moment, on put croire que la cause des Stuarts allait triompher. Avec six mille hommes de troupes réglées et les Ecossais, le prince Edouard serait probablement entré à Londres avant le débarquement du duc de Gumberland, impatiemment attendu par le gouvernement anglais. A larrivée du duc, venu de Hollande en toute hâte, les choses changèrent de face. Les bandes écossaises, incapables, malgré leur courage indomptable, de lutter contre les vieilles troupes du duc de Gumberland, furent détruites à la bataille de Gulloden. Le prince s'enfuit, et ce fut à travers mille périls (|uil parvint à regagner la France. Avec une bonne marine et de l'acti- "vité, cette expédition, tentée au moment de la déclaration de guerre, aurait eu les plus grandes chances de succès. Mais, à Paris, les affaires étaient conduites avec autant de négligence que d'indécision : le gouvernement ne savait jamais très bien ce qu'il voulait, et, quand un projet était formé, nous n'étions jamais prêts, en temps opportun, pour l'exécuter.
Les habitants de la Aouvelle-Angleterre avaient les
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yeux sans rosse fixés sur nos possessions de l'Amérique septentrionale. En 171o, ils formèrent un corps de volontaires qui, avec laide de la division du commodore Waren, débarqua sur les côtes de File lloyale et s'empara de Louishourp;. C(;tte ville, par suite de l'imprévoyance du «gouvernement français, n'avait i)as été mise en état de faire une longue résistance. L'ile lloyale, formant la partie sud du golfe; de Saint-Laurent, constituait la défense avancée du Canada que convoitaient les Anglo-Américains. L'avantage remporté par nos adversaires avait donc une grande importance. Dans le courant de l'année 1746, une expédition, destinée à reprendre Louisbourg, fut réunie à Brest ; elle comprenait dix vaisseaux, plusieurs frégates et quatre-vingts navires portant trois mille cinq cents hommes el du matériel. Cette escadre fut placée sous le commandement du duc d'Emilie, lieutenant-général des galères. On ne s'explique pas facilement un pareil choix. L'expédition, partie de Brest, le 22 juin, fut dispersée, à l'atterrage, par un violent coup de vent; trois vaisseaux et plus de la moitié des transports manquèrent au rendezvous assigné en cas de séparation. Une épidémie, (jui se déclara à l'arrivée de lescadre sur les côtes d'Acadie, sévit avec une telle violence qu'elle réduisit les équipages et les troupes à l'impuissance. Le commandant en chef était au nombre des morts. Le projet il "attaque sur Louisbourg fut abandonné; on songea un moment à prendre Annapolis, mais il fallut également renoncer à cette entreprise. L'expédition revint à Brest, encombrée de malades et ayant épuisé ses vivres.
Les Anglais, sachant qu'ils n'avaient rien à craindre de nous sur mer, cherchaient à enq (loyer de la manière la plus profitable les forces considérables dont ils dis[)osaient. Ils résolurent de tenter un coup de main sur la