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ville de Loricnt, siège de la (Compagnie des Indes. Ils pouvaienl, si celle entreprise rénssissail, lui faire le plus grand mal en détruisant sa lloltc, son arsenal et les marchandises enfermées dans les magasins. Le 1" octobre 1740, une escadre forte de seize vaisseaux, sous le commandement de Famind Lestock, mouilla au Tallu, dans la haie du Pouldu: elle mit à terre sept mille hommes. Le lieutenant-général Synclair. (jui était à leur tète, après avoir chassé devant lui un rassemblement de garde-côtes, sorte de milice formée de paysans nud armés, marcha sur Lorient. Convaincu que cette ville était hors d'état de se défendre, il la somma de se rendre, menaçant, si la garnison tentait de résister, de passer les habitants au fil de l'épée. M. de Villeneuve, major de Port-Louis, qui exerçait le commandement à titre provisoire, ayant répondu qu'il se défendrait jusqu'à la dernière extrémité, les Anglais canonnèrent la ville. Le 7, les assiégeants, auxquels l'artillerie de la place avait déjà fait beaucoup de mal, eurent à repousser une sortie : d'autre part, ils avaient un grand nombre de malades. Surpris de la résistance qu'il rencontrait, et à laquelle il ne s'attendait pas, craignant, d'autre part, d'être coupé de sa base d'opération si le siège se prolongeait, Synclair prit le parti de se retirer. Les habitants de Lorient n'avaient, dans les moyens de défense de la ville, qu'une très faible confiance. Très préoccupés, dautre part, du sort qui les attendait si la place était prise d'assaut, ils songeaient à capituler lorsqu'on apprit que l'ennemi avait disparu. Le général Synclair gagna, sans cire inquiété, la baie du Pouldu et se rembarqua. La flotte britannique fut un moment compromise, mais, le temps s'étant amélioré, elle put appareiller. Les Anglais avaient malheureusement ravagé le pays et brûlé un grand nombre de villages.
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Le 10 mai 17i-7, leclici' (rcscadrc de Lai()ii(|uièi'e el ](^ capitaine de vaisseau de Saint-Georges appareillèrent de la rade de l'île d'Aix : le premier se renflait au Canada, avec deux vaisseaux et une frégate, escortant quarante navires de commerce, le second allait dans l'Inde avec deux vaisseaux, une frégate et ciiK] navires de la Compagnie des Indes. Peu de jours après, une escadre anglaise, croisant dans le golfe, fut aperçue: celle-ci. placée sous le commandement de l'amiral Anson, était forte de quatorze vaisseaux. Le chef d'escadre de Lajonquière fit aux frégates YEmeraudc et la Chimère le signal d'escorter le convoi qui reçut l'ordre de continuer sa route. Les vents soufflaient du nord bon frais. A rapproche de l'ennemi, les deux divisions françaises i)rirent le plus près les amures à tribord, formant une ligne de bataille ainsi composée ; le Diamant, de cinquante, ÏLnuncible, de soixante-quatorze, le Sérieux, de soixante, le Jaso)i, de cinquante, et la frégate la Gloire. Deux bâtiments de la Compagnie des Indes avaient suivi le convoi : les trois autres furent placés à la queue de la ligne. C'était avec des forces aussi faibles que le chef d'escadre de Lajonquière allait lutter contre f[uatorze vaisseaux, don! un de quatre-vingt-dix, un de soixante-douze, neuf portant de soixante à soixante-six canons, un de cinquante et un de quarante. L'ennemi, c[ui avait été aperçu à sept heures du matin, arriva Acrs quatre heures de l'aprèsmidi à portée de canon. Les vaisseaux anglais prirent poste, les uns à tribord, les autres à bâbord, plaçant ainsi nos bàlimenls cnlrc deux f(Hix. Les navires delà Compagnie des Indes, faillies d'échanlillon el mal arnu-s, se rendirent peu après le commencement du combat: il en fut de même du Jason qui se trouva, dès le début de l'action, entouré ])ar des forces supérieures. Le Jiubis, capitaine Macary, armé en flûte, combattit avec intré-
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piditr. mais ne portant que viii^l-six caiioiis. il ne put faire une longue l'('^;istan(•e. I.a (iloirc, de (|iiaraiile, se défendit avee la plus grande vigueur: il était sept heures iorscpie cette frégate amena ses couleurs. Son capitaine, le chevalier de Saliessc, morteHemenI atteint, avait eu, dans le lieutenant de vaisseau de la .Marinière, un digne successeur. Le Si'rieuj.-, capitaine Dauhigiiy, portant le pavillon du chef d'escadre de Lajonquièrc le Diamant, capitaine Hocquart, et Ylnvincible, que coniniandail le capitaine de Saint-Georges, chef de la division (pii allait dans rinde, firent une défense désespérée. Ces trois vaisseaux étaient sur le point de couler lorsiju'ils amenèrent leurs couleurs. Le chef d"escadre de Laiourpùère était grièvement blessé.
La réunion, sur une de nos rades, d'un grand nombre de navires marchands, venant de différents ports, demandait beaucoup de temps. Les Anglais, ayant des frégates en observation sur nos côtes, suivaient la marche de ces opérations, se tenant prêts à intercepter le convoi en formation. Enfin nous devons ajouter qu'un convoi ainsi composé n'était pas en position de profiter d'un coup de vent pour gagner le large. La tâche des croisières anglaises était donc facile: nous allons en avoir une nouvelle preuve. Dans les premiers jours du mois d'octobre de cette même annc-e 1747, deux cent cinquante navires marchands, réunis sur la rade de File d'Aix, étaient prêts à partir pour la mer des Antilles. Une division, placée sous les ordres du chef d'escadre Desherbiers de FKtenduère, devait les escorter jusqu'à leur destination ; cette division comprenait huit vaisseaux et le vaisseau de soixante-quatre, de la Compagnie des Indes, le Content. Le 6, l'escadre et le convoi mirent à la voile. Le 1 i. on aperçut, dans le sud, plusieurs grands bâtiments: c'était une escadre anglaise, forte de qua-
2o4 niSTUlRE DE LA MAItl.NI-: FHAM'.AISE
lorze vaisseaux, qui se dirigeait sur nous. Les A'cnls soufflaient de l'est ])oii frais. L'ordre fut donné au convoi tle courir au nord ouest et au vaisseau, le Content, de l'accompagner. Le chef d'escadre de l'Étenduère ayant, autant qu'il était en son pouvoir, assuré la sécurité de sou convoi, mit en travers et attendit l'ennemi sous petites voiles. Le combat s'engagea vers onze heures et- demie, entre nos huit vaisseaux et les quatorze vaisseaux anglais: une partie de ces derniers passa sous le vent de la ligue française ; à quatre heures, le Neptune, de soixante-dix, rasé comme un ponton, amena ses couleurs ; il était alors commande' par le lieutenant de vaisseau de Kcrlcrec. Le ca[)itaine de vaisseau de Fromentière, qui commandait le Neptune, avait eu la cuisse emportée par un boulet, et, au moment où il était frappé, son second, le lieutenant de vaisseau Longueval d'Harancourt, tombait mortellement atteint. Vers cinq heures, après une héroïque résistance, le Foti- (jnenx, capitaine duVignau. le Jr/f/cy;/, capitaine d'Amblemont, le Seveini, capitaine du Uouret, le Monarque, capitaine de Labédoyère, étaient contraints d'amener leur pavillon. 11 y avait huit heures qu'on se ballait. lorsque le Terrible, capitaine Dugay, se rendit. Le Foii- (jueii.r, le Trident et le Terrible étaient entièremeul démâtés. Deux vaisseaux français, le Tonnaitt, capitaine du Chaffanlt, ])orl;Hil le pavillon du chef d'escadre de lEleiiduère, et V Intrépide, ca|Hlaine de Vaiidreuil. combattaient encore. Le Toinnmt. di'scnqtiiré, élail au milii'u des Anglais. Le brave capitaine de Vaudreui! se dirigea sur ce vaisseau, pour lui donner une renior«pie. Après avoir exécuté brillamment cette manœuvre, sous le feu de l'ennemi, il s'éloigna du champ de bataille eu combattant. Les vaisseaux anglais, en état de faire de la voile, suivirent le Tonnant et \ Intrépide, mais le feu
Ijicn (Jirifié do nus deux l)à(inicnls les iiuiinliiil à dislance. Le eapilaine Samiiare/, du Nollliujliam, pcrdil la vie dans celle dernièi-e allaquc. La nuit,'(iui êlail venue, favorisa la retraite des deux vaisseaux français: ceux-ci firent une fausse route, et, à quelques jours de là, ils entrèrent à Brest. Le chef d'escadre de rLtcnduèrc voulut (juc le Tonnant arrivât, sur la rade, à la rem(jr<|ue de Yfntrrpide, afin de bien montrer ce que son vaisseau devait au capitaine de Vaudreuil. Le chef d'escadre de l'Etenduère avait été atteint deux fois par le feu de l'ennemi, et le capitaine du Ghaffault, son capitaine de pavillon, était blessé.
L'heure tardive à laquelle s'était terminé le combat du 14 octobre n'avait pas permis aux Anglais de chasser le convoi. Celui-ci, le lendemain, nayantplus d'ennemis en vue, reprit la route qui le conduisait à sa destination. Le chef d'escadre de l'Etenduère et ses capitaines, quoique ne pouvant se bercer de l'espoir de vaincre quatorze vaisseaux avec huit, avaient énergiquement soutenu l'honneur du pavillon. Les combats des 10 mai et 14 octobre 1747 montraient que la marine militaire n'hésitait pas à se sacrifier pour le salut des navires confiés à sa garde. Si les officiers et les équipages avaient fait leur devoir, il est facile de voir que le ministre n'avait pas fait le sien. Celui-ci voulait protéger le commerce ; rien n'était ])lus légitime, mais avant de prendre une décision à cet égard, il fallait savoir si nous en avions la possibilité. La marine anglaise, et le ministre ne pouvait l'ignorer, croisait en force sur nos côtes pour enlever ces mêmes convois que nous vouhons sauvegarder. On l'avait bien vu quelques mois auparavant, alors que le chef d'escadre de la Jonquière avait dû combattre, dans le golfe de Gascogne, quatorze vaisseaux avec quatre. Le 14 octobre de la même année, nous avions huit vaisseaux, mais
'HoQ IIISKJlItK HE I.A MAIUNE I-HANÇAISE
c'était encore insuffisant pour lutter contre quatorze. En résumé, dans l'ospace de quel({ucs mois, les combinaisons minisléiiolies avaient eu pour résultat délivrer à l'ennemi . sans avoir tenté aucune opération militaire, dix vaisseaux et plusieurs fréfratcs: nous avions j)erdu, en outre, sept mille hommes, tués, blessés ou prisonniers. Gela ne pouvait pas s'appeler faire la guerre.
Depuis le 17 avril de cette même année 1747, la France comptait un ennemi de plus, la Hollande.