LIVRE XI
Labourdonnais gouvernour gi-néral des îles de France et de Bourbon.
— 11 a le conimandenient d'une escadre. — Son apparition devant Pondichéry et ]Mahé. — Rappel des bâtiments placés sous ses ordres.
— Labourdonnais l'orme avec quelques bâtiments, venus de France, une nouvelle escadre. — Il touche à Madagascar. — Un ouragan désempare ses bâtiments. — Engagement avec une division anglaise.
— Labourdonnais i)rend Jladras. — Siège mis devant Pondichéry. — Labourdonnais prisonnier en Angleterre. — 11 revient en France. — Le gouvernement le fait mettre à la Bastille. — Il est rendu à la ]ibcrl(\ — Sa mort.
Labourdonnais, dont nous avons déjà cité le nom, en parlant de l'expédition dirigée contre Mahé, sur la côte de Coromandel, pendant le cours de l'année 1725, avait été nommé, en 1734, gouverneur général des îles de France et de Bourbon. Les rares habitants de ces îles, vivant dans le désordre et la paresse, ne tiraient aucun parti des ressources que présentaient ces magnifiques possessions. Plusieurs fois déjà la Compagnie avait agité la question d'abandonner File de France, occupée seulement depuis 1720, et qui ne produisait rien. Sous la direction du nouveau gouverneur général, les choses changèrent de face. Labourdonnais fit régner, dans les deux colonies, Tordre et la justice ; le commerce et l'agriculture furent encouragés. La culture du café rendit File de IV 17
Bourbon prospère, et File de France devint un point de relâche où on trouA^ait des vivres, des rafraîchissements et des hôpilaux. En 1738, File de France était en mesure, non seulement de réparer, mais de caréner les navires de la Compagnie ; des petits bâtiments avaient déjà été construits, et un navire de cinq cents tonneaux était, à cette époque, sur les chantiers. La partie militaire n'avait pas été négligée ; des forts et des batteries de côte assuraient la défense des deux ilcs. Appelé en Europe par des affaires particulières; Labourdonnais se trouvait à Paris en 1741. Persuadé qu'une rupture avec l'Angleterre et la Hollande était inévitable, il forma le projet de réunir, à l'ile de France, six vaisseaux, deux frégates et quelques bâtiments légers, avec lesquels il se proposait, aussitôt que la nouvelle de la déclaration de guerre lui parviendrait, de faire la course dans les mers de l'Inde. Il estimait qu'il serait en mesure de ruiner le commerce de la Grande-Bretagne, et même d'attaquer ses possessions, avant l'arrivée de forces suffisantes pour le coml)attrc. Il s'agissait d'une entreprise particulière dont les frais devaient être suj)portés par Labourdonnais et quelques-uns de ses amis. Labourdonnais, abandonnant le poste de gouverneur des lies de France et de Bourbon, prendrait le conmiandement de cette escadre. Pour comprendre ce qui précède, il ne faut pas pjerdre de vue que la tradition des Jean Bart et dos Duguay-Trouin était dans toute sa force; d'ailleurs, comment des particuliers auraient-ils engagé des sommes considérables dans une entreprise qui présentait tant de chances défavorables, s'ils n'avaient pas eu l'espérance, non seulement de recouvrer leurs frais, mais encore de toucher un certain bénéfice.
Ne pouvant, sans le consentement du gouvernement, exécuter le projet que lui et ses amis avaient formé.
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Ldbourdoiiiiais rciiiil au luiiiii^lrc de la marine un mémoire qui fut adressé par ce dernier au cardinal Fleury. Le cardinal fit venir Lalïourdoimais, le Iraita avec beaucoup de bienveillance et lui dit de se rendre chez le contrôleur général auquel il avait donné ses instructions. Le contrôleur général tint à Labourdonnais ce langage : « Sa Majesté veut armer une escadre pour l'Inde ; Elle fournira deux de ses vaisseaux, le Mors et le Griffon, et la Compagnie en fournira quatre et deux découvertes. Sa Majesté vous choisit pour commander cette escadre. 11 faut que vous exécutiez dans llndc, pour la Compagnie, le projet que vous aviez formé pour votre compte particulier. Qu'il ne soit point ici question de vos mécontentements. Obéissez et continuez à bien servir. Le roi aura soin de vous et de votre fortune. » Labourdonnais n'envisagea pas sans regrets le succès de ses propositions auprès du cardinal et du ministre ; le résultat allait fort au delà de ce qu'il souhaitait. Maintenu, par ordre, dans son poste de gouverneur des lies de France et de Bourbon, il lui était prescrit de garder, à regard de la Compagnie des Indes, le secret le plus absolu sur le plan de campagne qui venait d'être arrêté ; or, ce plan de campagne, il était chargé de l'exécuter avec une escadre dans la(juelle devaient se trouver, en majorité, les bâtiments de cette même Compagnie. Celle-ci, recevant du gouvernement l'invitation d'envoyer des bâtiments à File de France, sans même qu'on voulût l'instruire du service auquel ils étaient destinés, l'accuserait d'avoir agi auprès des ministres pour provoquer une décision entraînant un surcroit de dépense qu'elle n'admettrait même pas pour le temps de guerre. En effet, les directeurs de la Compagnie, ne tenant aucun compte des précédents, regardaientcomnie certain qu'une rupture entre la France et l'Angleterre ne serait suiA'ie,
au delà du cap de Bonne-Espérance, d'aucun acte d'hostilité. La croix de Saint-Louis était la seule distinclion par laquelle le gouvernement avait reconnu les importants services du gouverneur des îles de France et de Bourbon: le cardinal, autant ])our récompenser Labourdonnais (jue i)Our lui faciliter raccomplissement de la mission éventuelle dont il était chargé, Aoulut qu'il eut un grade dans la marine royale, et il le fit nommer capitaine de frégate. Non seulement l'Etat avait accepté le plan qui lui était proposé, mais le contrôleur général avait, lui-même, iléterminé les moyens d'action. Il y avait lieu de croire (juc les choses se passeraient comme elles aviiieut été réglées ; nous allons voir ce (ju'il en advint.
Labourdonnais se rendit à Lorienl pour surveiller l'armement des bâtiments de la Compagnie, faisant partie de son escadre, et prendre le commandement du Mars, de soixante canons. Le 3 avril 1741. Labourdonnais prit la mer avec cinq navires de la Compagnie, l'un de cin(|uaulc-six, deux de ciu(juaute, un de vingthuit et un auli'c de seize. Déjà une jtrcniière atteinte, et une atteinte grave, était portée «au |ilan arrèl(^ à Paris ; pendant son séjour à l^orient, L.ibourdonnais avait été avisé qu'il n'aurait pas les deux vaisseaux de la marine de l'Etat, le Mars et le Griffon, ([ui lui avaient été promis. La Compagnie, mécontente de la décision prise par le gouvernement, décision dont elle ne connaissait pas le but, ne sétait pas pi'éocciqK'e de incllrc un personnel capable sur les bâtiments armés à Lorient. Piuini les hommes end)ai'qués comme matelots, on en coinplail un grand nombre n'ayant jamais été à la mer ; (juant à ceux qui figuraient sur les rôles en qualité de soldats ou d'artilleurs, la plupart n'avaicnl. à aucun degré, l'instruction (|ue réclamait leur tMnpîdi. Aussitôt à la
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mer, Labourdoniiais s'occupa sans relâche de l'instructioii dos ('([iiipages: après «Hre resté vinjzl jours à Hio- Graiide du Sud, sur la côte du Br(''sil. il avi\a, le 14 aoùl, à rile de France. ApprenanI ([ue les gnriiisons des des de France et de Bourbon avaient él(' envoyées à Pondichéry, menacé par les Marattes, il appareilla, le 22 août, et parut, devant cette ville, le 30 septembre. Toutes les difficultés étaient aplanies et Pondichéry ne courait plus aucun danger: il n'en était pas de même du comptoir de Mahé, bloqué, depuis dix-huit mois, par les indigènes. Labourdonnais prit la mer le 22 octobre ; arrivé devant Mahé, il se mit à la tète d'une partie de ses équipages et battit l'ennemi. L'affaire n'était pas sans importance, puisqu'il y eut, de notre côté, cinquante-six tués et cent vingt blessés, et chez nos adversaires, plus de cinq cents hommes hors de combat. Étant parvenu, en février 17 i2, à conclure un traité de paix avec les gens du pays, il ramena ses bâtiments à File de France. Ceux-ci, répar(^s avec le plus grand soin et pourvus de tout ce qui leur était nécessaire, se tenaient prêts à appareiller. Labourdonnais attendant, chaque jour, la nouvelle dune rupture entre la France et l'Angleterre, voulait être en mesure d'exécuter, sans perdre un moment, le plan de campagne dont il était l'auteur. Telle était la situation, lorsqu'un bâtiment, (pii avait quitté la France au mois de novembre de l'année 17 il, apporta des lettres de la Compagnie ordonnant de renvoyer en Europe les bâtiments de l'escadre ; il était dit. tant on semblait craindre, à Paris, qu'on imaginât, à l'ile de France, quelque prétexte pour les conserver, que ces bâtiments seraient expédiés sur lest, si la colonie n'avait pas de chargement à leur donner. Labourdonnais vit partir, avec une profonde douleur, cette escadre, l'objet de tous ses soins, avec laquelle il se croyait assuré de
porter aux Anglais un coup décisif en les atteignant dans ce qui les touche le plus, leur commerce.
Les instructions relatives au renvoi de l'escadre étaient parties de France en novembre 1741. Le 22 mars 171-2. c'est-à-dire quelcpies mois après, le contrôleur général, dans une nouvelle lettre, manifestait l'espoir que ses ordres n'avaient pas été exécutés. Ainsi, à la fin de l'année 1741 , la ligne de conduite qui sera suivie au delà du cap de Bonne-Espérance, en cas de guerre avec r^Ynglcterre, est arrêtée. Quelques mois s'écoulent et déjà les conditions adoptées subissent une importante modification ; le gouvernement garde les deux vaisseaux qu'il avait pris rengagement de joindre à l'escadre armée à Lorient. Cette escadre part au mois d'avril et, en novembre, l'ordre formel de la renvoyer en Europe est expédié à l'île de France par le contrôleur général que la Comi)agnie est parvenue à circonvenir. Par une sorte d'aveuglement, difficile à expliquer, celle-ci ne veut pas admettre que, la guerre survenant, il soit commis, dans les mers de l'Inde, aucun acte d'hostilité. Enfin, dans une dépèche, écrite peu après la lettre qui prescrivait de renvoyer en Europe les bâtiments réunis à l'Ile de Franco, le contrôleur généi-al ex[)rime Tespoir que Labourdonnais n'a pas exécuté ses ordres. Gomment, avec des affaires ainsi conduites, est-il possible de faire h\ guerre avec succès t
Après le départ de son escadre, Labourdonnais, voyant que le jour où la guerre éclaterait, il serait dans l'inqiossibilité d'agir, n'eut plus qu'une pensée, retourner en Europe. Vai consé(iuence, il écrivit à Paris pour demander à être reuq)lacé dans ses fonctions de gouNcrueur des îles de France et de Bourbon. A la date du 7 mars 1744, c'est-à-dire huit jours av;uil (|ue la France décl;u'àt la guerre à l'Angleterre, le contrôleur général lui répondit quïl ne pouvait être question, dans les circonstances
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présentes, de son retour en France. Je vous considère, disait le contrôleur général en terminant cette dépèclie, « comme un lionnne non seulement utiie, mais même nécessaire ». Le il septcmJjre, une frégate apporta des dépêches annonranl que la guerre avait éclaté entre la France et l'Angleterre. Labourdonnais recevait, en même temps, l'ordre de se conduire, à l'égard des Anglais, connue si la paix continuait à subsister ; il ne lui était permis de les attaquer que dans le cas où ceux-ci commettraient, les premiers, quelque acte d'hostilité.
Il est difficile d'imaginer sur quels raisonnements la Compagnie basait les instructions qu'elle envoyait dans rinde. Pendant son séjour en France, Labourdonnais s'élait efforcé de montrer qu'une convention de neutralité, conclue entre les deux Compagnies, ne pouvait avoir d'autre résultat que de sauvegarder le commerce anglais ; il n'avait été tenu aucun compte de ses observations. Le gouverneur général de nos possessions dans l'Inde, Dupleix, agissant en conformité des instructions venues de Paris, entama, avec le gouverneur de Madras, des négociations qui aboutirent à la signature d'un traité de neutralité sur terre et sur mer. Les Anglais s'étaient empressés d'accepter nos propositions, mais ds avaient décliné tout engagement en ce qui concernait les bâtiments de guerre de S. M. Britannique, se trouvant dans l'Inde ou pouvant y être envoyés. Là était la difficulté que Labourdonnais avait signalée au ministre et aux directeurs de la Compagnie. Il était évident qu'un traité particulier, conclu entre les deux Compagnies, sans la participation des gouvernements de France et d'Angleterre, était, à l'avance, frappé de nullité ; la preuve ne se fit pas attendre. Quelques mois après la ruptm'e entre les Cours de Londres et de Paris, plusieurs navires de guerre partirent d'Angleterre pour se rendre dans l'Inde.
Aussitôt arrivés, ils se mirent à la poursuite des navires de la Compagnie française. Les Anglais ne perdirent pas un bâtiment marchand et presque tous les nôtres furent pris ; c'était le contraire qui aurait eu lieu si le plan, proposé par Labourdonnais et accepté par le gou- A'ernement, avait été exécuté. Labourdonnais appareillant à l'arrivée d'un bâtiment, lin voilier, expédié de France, le 15 mars, date de la déclaration de guerre, était assuré de faire de nombreuses captures. Les navires de guerre partis d'Angleterre, plusieurs mois après la rupture, étaient au nombre de quatre ; non seulement ces navires seraient arrivés trop tard pour empêcher notre escadre d'exécuter ce qui avait été décidé à Paris, mais, inférieurs en force à cette même escadre, ils auraient couru, eux aussi, le risque d'être pris. Les administrateurs de la Compagnie ne tardèrent pas à comprendre, par les nouvelles tenues de l'Inde, qu'ils avaient commis une faute grave en rappelant l'escadre partie de Lorient au commencement de 1741. Par une lettre du 29 janvier 1745, ils informèi'ent Labourdonnais que cinq bâtiments partaient pour file de France. Labourdonnais était, en vertu d'une décision royale, appelé au commandement de ces bâtiments ; il devait d'abord, et ceci lui était particulièrement recommandé, porter de l'argent à Pondichéry, puis faire la course dans l'Inde. Je donne à M. Dupleix, disait le ministre. « les ordres les plus précis de vous seconder en tout ce qui pourra dépendre de lui » . Après avoir exécuté la partie de ses instructions indiquée ci-dessus, Labourdonnais devait ramener ses bâtiments à l'ile de France, les charger de marchandises appartenant à la Compagnie et les renvoyer en Europe.
Dupleix, gouverneur généi'al des possessions françaises dans riiidouslan, était convaincu (jue le gouvernement
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anizlais ne rospectemil pas la coiiveiition de iiciitmlité roiicluo avec les aulorih's de Madras. Oui)i(]uil eût reçu de la Compagnie l'ordre formel de ne la ire aucune dépense pour fortifier Pondichéry, il fit exécuter, à ses frais, les travaux reconnus nécessaires pour que la capitale de nos possessions dans la Péninsule fut en état de soutenir un siège. Ses prévisions ne l'avaient pas trompé. Aussitôt que les navires de guerre anglais furent arrivés, les hostilités commencèrent et le siège fut mis devant Pondichéry. Par son habileté, la connaissance du pays, le prestige attaché à sa personne, Dupleix gagna le nabab du Carnatic à notre cause ; celui-ci déclara qu'il marcherait sur Madras si les Anglais ne se retiraient pas. Nos adversaires, dont la situation se trouvait complètement modifiée par l'intervention du nabab, reprirent la route de Madras. Dupleix écrivit à Labourdonnais en manifestant l'espoir que celui-ci « serait en état d'armer quekpies vaisseaux de force, pour venir soutenir le commerce de la nation dans ces mers, qui y court, en Aérité, de grands risques, faute de secours ». Labourdonnais ne désirait rien tant que de se porter au secours de Pondichéry et du commerce français, mais comment y parvenir. Il armait en guerre quelques navires de la Compagnie pris parmi ceux qui se prêtaient le mieux à ce service, mais cela n'était pas suffisant. On lui avait écrit, il est vrai, que cinq bâtiments arriveraient à la fin du mois d'août, mais l'année s'était écoulée et pas un d'eux n'avait paru.
Ce fut seulement au mois de février 1746, que ces cinq bâtiments se trouvèrent réunis à File de France. Depuis deux ans que la guerre était déclarée, ces navires étaient les premiers que la Compagnie envoyait dans rinde pour la protection de ses possessions et de son commerce, et encore ces bâtiments, partis de Lo-
rient avec un cliargonient, devaionl-ils ùlrc armés en guerre à l'ile de France. Labourdonnais déploya la plus grande activité pour effectuer cette transformation; lors([ue l'un de ces navires était prêt à prendre la mer, on l'envoyait à Madagascar, ovi son équipage était nourri avec des vivres achetés dans le pays, ce qui permettait de ménager les approvisionnements de la colonie.
Labourdonnais partit, le 24 mars, de l'île de France, se rendant à Bourbon qu'il quitta le 29 ; de là, il fit route pour Foulepointe, où. il arriva le 24 avril. Quelques jours après, chassé par le mauvais temps, il prenait le large avec plusieurs bâtiments qui se trouvaient à ce mouillage. Pendant quarante-huit heures, le vent souffla en tempête. Deux navires furent jetés à la côte ; les autres, désemparés, en partie démâtés, regagnèrent péniblement la terre. Labourdonnais, dont le bâtiment avait été sur le point de sombrer, atteignit l'ile de Mayotte, où il appela tous les navires qui étaient sur la cote. Le chef de l'escadre se trouvait dans une position extrêmement difficile. Une partie des bâtiments qu'il avait mis, au prix des plus grands efforts, en état do quitter l'ile de France, ne pouvaient plus continuer la campagne. Tout manquait, et cependant il fallait trouver des mâts, des vergues, des voiles et des cordages; enfin, pour exécuter des travaux qui eussent exigé le personnel d'un arsenal, on n'aA^ait que des équipages faibles, fatigués, à la fois insuffisants au point de vue du nombre et de la qualité. Il a^'ait été nécessaire, pour compléter les effectifs, d'embarquer, sur chaque bâtiment, un certain nombre de Noirs. Par des prodiges d'habileté et d'énergie, Labourdonnais pourvut à tout. Il établit des ateliers de voilerie et de cordage ; les charpentiers de l'escadre coupèrent, dans les forêts, sur la grande terre, des pièces de bois qui furent amenées à la côte par des