‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 86 sur 137 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

chemins tracés à travers des marécages, avec du bois, des branrliagcs et des roseaux. Le climat, cliaud et mnlsaiii, vciiail enrore coni[)liqucr les (lifficullés (l('j;i si grandes de ce nouvel armement. Le 1 " juin, l'escadre mit à la voile ; elle était composée des l)àtiments désignés ci-ai)rès : ÏAchil/ej de soixante-dix, que montait Labourdonnais, le Phénix,, de trente-huit, le Bourbon, de trente-six, le Xepliine, le Saint-Louis, V Insulaire, le Lys, le Duc d'Orléans et la Renommée, de trente. Ces bâtiments, construits pour porter des marchandises et non pour fa ire la guerre, ayant un personnel médiocre et une artillerie très faible, ne rci)résentaient pas une force militaire importante. A rexceptionderJcA/Z/c^ aucun de ces ]iavires ne marchait ; enfin, par suite du temps qui s'était écoulé depuis le départ de l'île de France, l'escadre prenait la mer avec peu de vivres. Le G juillet, à la vue de la côte de Goromandel, la division anglaise, placée sous les ordres du commodore Peyton, fut aperçue ; elle comprenait six l)àtiments : le Medtvuy, de soixantequatre, sur lequel le commodore avait son guidon ; le Preston, de cinquante-quatre, le Huwich et le Winchester, de cinquante, le Favori, de quarante, eile Liveli/, de vingt-quatre. Tous ces navires, à l'exception du Favori, étaient des bâtiments de la marine royale ; le Favori, armé en guerre par les Anglais, était un bâtiment de la Compagnie des Indes, qui avait été pris à Achem. Enfin, sur les six bâtiments du commodore Peyton, quatre avaient une artillerie d'un calibre n'existant, dans l'escadre de Labourdonnais, que sur un seul navire, V Achille. Vers quatre heures de l'après-midi, le commodore, qui était au vent, ayant laissé porter sur nos bâtiments, formés en ligne de bataille, l'action s'engagea; à sept heures, les Anglais tinrent le vent. Le lendemain, au jour, les deux adversaires se trouvaient dans la même

HISTOIliE DR I.A MARINK FRANÇAISE

position (jiie In veille. Le commodore Pcyton, libre d'attaquer, se maintint, toute la journée, hors de portée de canon. Depuis que les Anglais étaient en vue, nous nous étions facilement rendu compte que leurs bâtiments avaient, sur les nôtres, une grande supériorité de marche ; il était donc difficile de les joindre s"ils ne le voulaient pas. Ouoi(]ue désirant très vivement avoir, avec Tennemi, un nouvel engagement. Lalioiirdonnais ne pouvait perdre de vue ses instructions ; or, daprès celles-ci, la remise, à Pondichéry, des fonds embarqués sur son escadre, constituait la partie la plus importante de sa mission. Enfin, il craignait de tomber sous le vent de Pondichéry, ce qui l'eût mis dans une position d'autant plus fâcheuse que la plupart de ses bâtiments étaient à la fin de leurs vivres. Ces diverses considérations le déterminèrent à continuer sa route et, le 9 juillet, il arriva à sa destination.

Les instructions adressées à Labourdonnais, comportaient trois points principaux, savoir : débarquer à Pondichéry les fonds de la Compagnie, courir sur le commerce ennemi, rentrer à l'île de France, puis expédier en Europe les navires de son escadre chargés de marchandises. De ces trois obligations, la première se trouvait remplie, mais la seconde ne pouvait plus l'être, la saison favorable, pour courir sur le commerce ennemi, était passée; c'était la conséquence du retard apporté par la Compagnie dans l'envoi des bâtiments destinés à former l'eseadre de l'Inde. Il restait donc à remplir la troisième partie de la mission; fallait-il l'exécuter immédiatement, c'est-à-dire reprendre la route de l'île de France. Il était difficile d'admettre (ju'un armement aussi considérable retournât en Europe, n'ayaul rien fait, si ce n'est de porter de l'argent à Poiulichéiy. Labourdonnais revint à uu

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