LIVRE XI
projet (|iril avait l'ormé, en 17 U. alors ([iic Ton croyail la guerre sur le point (Véclater : il s'agissait d'attaquer ^Madras. Go projet, Lahourdouuais l'examina avec Dupleix. dont le concours était indispensable, et tous deux reconnurent (pi'on ne pouvait rien tenter aussi longleni|)S (pie les forces du commodore Peyton resteraient intactes. Nous devions donc cherclier lescadre anglaise, la battre, ou, si ce résultat ne pouvait être obtenu, lui faire des avaries assez graves pour l'obliger à quitter la côte de Goroniandel. Par suite de lïnfériorité de notre marche, nos bâtiments avaient peu de chance d'approcher l'ennemi d'assez près pour l'aborder; c'était donc sur le canon seul qu'il fallait compter pour vaincre les Anglais. Or, le combat du 6 juillet, quoiqu'il nous eût été favorable, avait montré l'insuffisance de notre artillerie. Enfin, un de nos navires, qui faisait beaucoup deau, était parti pour un de nos comptoirs du Bengale, où il devait être réparé. Quarante-quatre pièces de dix-huit et quatorze de douze, empruntées à l'arsenal de Pondichéry, furent réparties sur les divers bâtiments de l'escadre. Cette opération était à peine terminée qu'on apprit la présence, sur la côte, de plusieurs bâtiments de guerre anglais. Labourdonnais appareilla immédiatement; quelques jours après, apercevant l'ennemi près de Negapatam, il se couvrit de voiles pour le joindre, mais il ne put y parvenir. Le lendemain, les Anglais furent signalés, au vent, à grande distance; le jour suivant, on ne les vit plus. La supériorité de leur marche les mettait à l'abri de toute poursuite. Il était, d'ailleurs, difficile ([ue Labourdonnais s'éloignât de la côte de Goroniandel: ses équipages avaient été renforcés par des troupes appartenant à la garnison de Pondichéry, et il avait, sur ses navires, une partie des
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canons nécessaires à la défense de la Aille. Labourdonnais fit roule sur Pondichérv où il mouilla le 25 août.
Nous nous étions proposé de délruire les forces navales de l'Angleterre, puis, ce résultat obtenu, de mettre à profit la supériorité momentanée qui en eut été la conséciuence pour attaquer Madras. Le but di? la sortie n'étant pas atteint, nous nous retrouvions dans la môme situation que le jour où l'escadre avait (juilté Pondichérv pour se mettre à la recherche des Anjxlais ; or, à ce moment, on reconnaissait que Fattaque de Madras n'était pas possible. Fallait-il alors retourner à l'île de France, c'est-à-dire exécuter la troisième partie des instructions, ou devait-on, pour donner un but à l'armement, faire le siège de Madras, avec tous les risques que comportait cette opération. Labourdonnais hésitait sur le parti à prendre. Sachant que l'ennemi attendait, chaque jour, des renforls, il craignait que son escadre, surprise par des forces supérieures, ne fût détruite, alors que, descendu à terre avec une partie de ses équipages, il dirigerait le siège de Madras. Dans cette hypothèse, quelle grave responsabilité il encourrait envers l'Etat et la Compagnie; enfin, les navires, dont il avait le conunandement, pouvaient seuls assurer son retour dans son gouvernenuMit avec les troupes qu'il avait empruntées aux garnisons des iles de France et de lioui'bon. Lal)ourdonnais crut sage de prendre lavis du Conseil supérieur; la responsabilité