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qui posait sur lui devait, dans son esprit, èli'O partagée par ceux que l"atta([ue de Madras intéressait particulièrement. Il écrivit dans ce sens au gouvin-neur général. Le Conseil supérieur, dans sa réponse, déclina toute responsabilité en ce qui concernait les opérations do l'escadre. Vingt-quatre heures après, ce même Conseil chargeait deux de ses membres de sommer Labourdonnais d'attaquer cette place. Le Conseil supérieur de Pondichéry attachait la plus grande importance à la prise de Madras, mais il se refusait à le déclarer officiellement. Labourdonnais , ne trouvant pas l'aide morale qui aurait facilité sa tâche, prit le parti d'atla(|uer Madras, assumant seul la responsabilité de celte décision. Les pourparlers et les échanges de lettres entre Labourdonnais et les autorités de Pondichéry, amenèrent une perte de temps qui eut, ainsi que nous le verrous plus loin, les plus graves conséquences.
L'escadre, après avoir embarqué un renfort de troupes, appartenant à la garnison de Pondichéry, vint mouiller devant Math*as. Le 15 septemljre, Labourdonnais débarqua avec onze cents Européens, quatre cents cipayes et quatre cents Africains : redoutant la venue d'une escadre anglaise, il poussa le siège avec une grande vigueur. Le 21 septembre. Madras se rendait. La ville prise, il fallait immédiatement fixer son sort. Trois partis se présentaient : faire de ^ladras une colonie française, raser cette place, ou la rendre aux habitants, en leur imposant une rançon. Labourdonnais. convaincu que la remise de INIadras aux Anglais, serait un des articles du traité lorsque viendrait le moment de conclure la paix, adoptait la dernière solution. Garder Madras, écrivait-il à Dupleix, « est une chimère à laquelle on ne doit pas penser ». Quelques lettres furent échangées à ce sujet entre Dupleix et Labourdonnais, ce dernier
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nmiiitcnant son opinion, tandis que le premier demandait que jNIadras devint une possession françjiise. Le nabab du Carnatic, ainsi que nous l'avons vu plus haut, aA^ait fait, au début de la guerre, lever le siège de Pondicliéry; il venait, en outre, de résister aux sollicitations des autorités de Madras qui lui demandaient de s'opposer à la marche de nos troupes sur cette ville. Le nabab s'était donc montré, dans ces deux circonstances, le fidèle ami de la France, ou plutôt du gouverneur général de nos possessions dans l'Inde. P^^éanmoins, il comprenait fort bien que deux nations comme la France et la Grande- Bretagne, se dispidant la ])répondérance sur la côte de Coromandel, il était impolitique de favoriser l'une d'elles aux dépens de l'autre ; leur rivalité constituant, pour ses intérêts, la meilleure sauvegarde, il ne cachait pas qu'il A'errait avec déplaisir Madras devenir une possession française. Si l'Angleterre était affaiblie, il désirait (jue ce fut à son profit. Invoquant les services qu'il nous avait rendus, il demandait que la ville de Madras, dans le cas où elle tomberait entre nos mains, lui lut remise. Or, Dupleix avait l'intention très arrêtée de la garder. Croyait-il amener Labourdonnais à la lui livrer, ou pensait-il que, dans le cas contraire, il saurait diriger les événements au gré de ses désirs ; quoi qu'il en soit, aussitôt a[»rès avoir reçu la nouvelle de la prise de Madras, il informa le nabab (jne cette Aille lui serait remise. En agissant ainsi, il gagnait du temps; si, après avoir négocié avec le nabab, il était impossible de se soustraire à l'obligation de lui livrer la place, il conq)tait ne la lui donner que démantelée. Telle était la situalion. lorsque Dupleix apprit (jue Labourdonnais avait signé, le 27 septembre, une coin ention eu vertu de laquelle les Anglais, en ])ayant une l'ançon dont la (piolité était fixée, resteraient en possession de ^ladras.
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Le gouverneur général de nos possessions dans l'Inde se trouvait en présence de difficultés que, d'ailleurs, il avait dû prévoir; rendre Madras aux Anglais, c'était manquer à la promesse qu'il venait de faire au nabab. Appuyé par le Conseil supérieur de Pondichéry, il ne voulut pas admettre ({ue Labourdonnais pût. sans sa participation, disposer de sa conquête. En conséquence, il l'informa officiellement qu'il considérait la convention passée avec les habitants de Madras, pour le rachat de la ville, comme nulle et non avenue. Le conflit s'aggrava; Labourdonnais, menacé d'être,' arrêté par ordre de Dupleix, fit mettre en prison les agents du Conseil supérieur envoyés en mission auprès de lui. Nous perdions un temps précieux. Le mois d'octobre, époque à laquelle commencent les tempêtes sur la côte de Goromandel, était arrivé. Dans la nuit du 13 au 14, après une journée très belle, un ouragan se déclara. Huit navires prirent le large; quatre disparurent. Sur les quatre autres, deux étaient hors d'état de naviguer; douze cents hommes avaient péri. Fort heureusement, trois navires de la Compagnie, le Cen/(u/re,de soixante-quatorze, le Mars, de cinquante-six, et le Brillant, de cinquante, venant de France, arrivaient à ce moment à Pondichéry.
Après avoir fait d'inutiles efforts pour amener Dupleix à ses vues, Labourdonnais. obligé de s'éloigner, adressa la capitulation, telle qu'il lavait acceptée, au gouverneur général. Le 23 octobre, Labourdonnais, en présence des troupes sous les armes, faisait reconnaître, comme commandant de la place de Madras, un des envoyés du Conseil supérieur de Pondichéry, lorsque le vent se leva, augmentant très rapidement de force. Les nawes mouillés sur la rade, craignant une nouvelle tempête, mirent sous Aoiles. Labourdonnais laissa s'accomphr toutes les formalités qui devaient accompagner la remise
du commandement, puis, se jetant dans une chaloupe, il ])arvint, au péril de sa vie, à rejoindre ses bâtiments. Après être resté deux jours à Pondichéry, il prit la mer, emmenant tous les navires qui se trouvaient sur la rade ; ceux qui étaient en bon état allèrent à Achem, pour restera la disposition de Dupleix. Labourdonnais, prenant aA^ec lui les navires avariés, fit route pour l'ile de France, qu'il atteignit avec beaucoup de difficulté. La ville de Madras, tombée entre nos mains le 21 septembre, avait été remise, le 23 octobre, à Dupleix (jui avait l'intention d'en faire une possession française. Le nabal), attendant avec impatience que l'engagement pris envers lui fut tenu, accusait les autorités de Pondichéry de mauvaise foi. Dans un moment d'irritation, il donna l'ordre à ses troupes de nous attaquer. L'armée du nabab fut battue ; cet événement modifia la situation. Le nabab, auquel il ne pouvait plus être question de rendre Madras, se rangea du côte des Anglais. Dupleix, qui se proposait de prendre le fort Saint-David, situé à douze milles environ dans le sud de Pondicliéry, dut renoncer à ce projet.
Dupleix, génie audacieux, politique profond, rêvait, pour la Fiance, l'empire de l'Inde. Tout entier à son œuvre, il n'avait d'autre pensée que l'extension de la puissance française et la ruine de nos adversaires. Il oubliait que le gouvernement de Louis XV ne le suivrait pas dans cette voie. L'expansion coloniale n'a de chances de succès qu'à la condition de marcher parallèlement au développement des forces navales ; or, nous n'avions pas de marine, et nous ne faisions rien pour en posséder une nous permettant, sinon de lutter avec les Anglais, au moins de jouer, sur mer, un rôle honorable. Labourdonnais, marin fameux, instruit d;ms l'art militaire, capable de diriger des troupes, administrateur de