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promiei' ordre, jouissait, dans les mers de l'Inde, de la plus haute réputation. Convaincu (pie Madras ne nous resterait pas, il avait traité du raeliat de la ville, <>stimant ({u'il n'existait pas d'autre moyen de tirer parti de sa conquête. Il semble qu'il eût été sage, de la part do Dupleix, d'accepter la capitulation, sans en prendre la responsabilité, s'il ne l'approuvait pas, et de s'entendre avec Labourdonnais pour l'exécuter dans les conditions servant le mieux les intérêts de l'Etat et de la Compagnie. Si, à l'arrivée de l'escadre, au mois de juillet, Dupleix et La])ourdonnais s'étaient mis d'accord sur les opérations fiue l'armée et la marine, agissant ensemble, pouvaient entrei)rendre, nos affaires auraient pris une medleure tournure. Le siège de Madras, si l'on se décidait à l'entreprendre, avait lieu plutôt ; nous évitions ainsi la perte de douze cents hommes et de quatre bâtiments. En rendant la ville aux Anglais, nous enlevions au nabab tout prétexte pour intervenir. Dupleix avait l'appui de la flotte pour prendre le fort Saint-David et Gondelour. Enfin, Labourdonnais, alors maître de la mer, pouvait se rendre dans rilooyly, où la situation des Anglais se trouvait, à ce moment, très compromise.
Labourdonnais a[)prit, en arrivant à l'Ile de France, qu'il était remplacé comme gouverneur général ; toutefois, il conservait le commandement des bâtiments de la Compagnie. Il prit la mer, en cette qualité, et se rendit à la Martinique avec plusieurs navires portant des marchandises. Les instructions venues de Paris disaient que les navires de la Compagnie devaient attendre, dans cette colonie, l'arrivée de bâtiments de guerre, sous l'escorte desquels il leur était prescrit d'effectuer leur retour en Europe. Labourdonnais, dont la présence n'avait plus le même caractère de nécessité, obtint du gouverneur l'autorisation de revenir en France,
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en profilant de la première occasion favorable ; il passa dans File de Saint-Euslaclie où il s*(!nd)ar(jua sur un navire hollandais. Ce navire ayant fait, h la mer, de graves avaries, relâcha dans un port anglais. Reconnu, Labourdonnais fut arrêté et considéré comme prisonnier de guerre. Apprenant que sa conduite, dans llnde, était très vivement attaquée, il sollicita du gouvernement anglais l'autorisation, ([ui lui fui nccordée, de venir en France. Il se mit, aussitôt arrivé à Paris, à la disposition du contrôleur général des finances et de la Compagnie.
Pendant le cours de cette guerre, la France, malheureuse sur mer, remportait, avec ses armées, d'éclatants succès. En 1744, nous chassions les Autrichiens de l'Alsace et prenions Fribourg. Le maréchal de Saxe, après s'être emparé de jMenin, Ypres et Furne, battait, le 11 mai 1745, à Fontenoy, l'armée des alliés, composée d'Autrichiens, de Hollandais et d'Anglais; nous gagnions, en 174G, la bataille de Rocoux et, l'année suivante, nous remj)orti()ns, à Lawfeld, une brillante victoire, suivie de la prise, non moins mémorable, de Rerg op Zoom, par le comte de Low cndahl. Le 7 mai 1748, Maestricht tomlîait entre nos mains. Unis aux Espagnols, nous avions fnit, penchuit les années 1745 et 1746, de rapides conquêtes en Italie. Philippe YI ayant rappelé ses troupes, les nôtres furent obligées de revenir en Provence, mais, peu après, nous reprenions Nice, Yillefranche, Yinlimille, et les Autrichiens étaient chassés de Gènes. Les fiuances, au début de la guerre, étaient dans le plus grand désordre: le mal u'aNait fait ([iie s'accroître et nos ressources, en 1747, étaient pi'es(|ueconq»lèlement épuisées. Le cojiliùlciir général, qui faisait entendre des plaintes incessantes sur les difficultés de sa situation, ne savait plus où trouver de l'argent. La guerre nous
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enlevail un tn's jirainl nombre criiommes, et les intendants si^aialaient l'inipossibililé dans la(|uell(' ils étaient de lever des .soldats; l'induslrie, ragrieullure iiian- (juaient de bras. Dans une grande partie de la France, et surtout dans le midi, on était menacé de la disette. Les Anglais blo<|uaient nos porls; notre marine détruite ne jjouvait ni proléger notre commerce, ni secourir nos colonies, exposées désormais à IouiIxt entre les mains de remiemi. La paix devenait nc'cessaire: elle était également désirée par les nations engagées dans la guerre, àrexception de l'Angleterre. Cette puissance, qui ne courait d'autre risque que de perdre son argent, savait très bien que la ruine de notre commerce compenserait, pour elle, et au delà, les dépenses que la continuation de la guerre pourrait exiger. Néanmoins, voyant les dispositions de ses alliés et redoutant, d'autre part, les dangers que la guerre, eu se prolongeant, ferait courir à la république des Provinces-Unies, elle prit le parti de traiter. Les plénipotentiaires signèrent, le 30 aATil 1748, les préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre. Le traité de paix définitif entre la France, l'Angleterre, l'empereur et l'impératrice-reine, TEspagne, la Sardaigne, les Provinces-Unies, le duc de Modène et la république de Gênes fut conclu le 18 octobre 1748, à Aixla-Chapelle.
Le 30 août 1748, une escadre, commandée par l'amiral Boscawen, parut devant Pondichéry : elle débarqua des troupes qui mirent le siège devant la ville. Quarante jours s'écoulèrent, sans que les Anglais fissent aucun progrès; d'autre part, la mauAaise saison approchait. L'amiral Boscawen rembarqua les troupes et s'éloigna. Au moment où se passaient ces derniers événements, les hostihtés, ainsi qu'il a-* été dit plus haut, avaient cessé entre la France et l'Angleterre, Dupleix put voir que
HISTOIRE DE I.A MAIilNE FRANÇAISE
Labourdonnais ne s'élait pas trompé; une des clauses du traité d'Aix-la-Gliapellc nous obligeait à remettre la ville de Madras aux Anglais. La France avait fait la guerre pour morceler l'héritage de Marie-Thérèse, et une des clauses du traité la mettait dans l'obligation de garantir la inagmatique de Charles YI. (Jn se rendait, de part et d'autre, les conquêtes faites, tant en Europe que dans les Indes orientales et occidentales et en Amérique. La clause humiliante du traité d'Utrecht, prescrivant la démolition du port de Dunkerque, était maintenue; toutefois, il nous était permis de conserver les fortifications construites du côté de la terre. Le traité d'Aixla-Chapelle renouvelait la garantie de la succession britannique en faveur de la maison d'Hanovre. Nous abandonnions le prince Edouard, fils du prétendant, que nous avions jeté dans les aventures ; le roi prenait l'engagement de l'expulser de ses Etats. La paix était nécessaire, mais le cabinet de Versailles mit trop de hâte h la conclure. La prise de Maestr'icht, arrivée le 7 mai 1748, pouvait amener la perte de la Hollande, et l'Angleterre eut fait, poursauA^er son alliée, d'importantes concessions. Le maréchal de Saxe terminait, en ces termes, une lettre dans laquelle il appréciait le traité d'Aix-la-Chapelle. « La France, disait le maréchal, en rendant ses conquêtes, s'est fait la guerre à elle-même. Ses ennemis ont conservé leur même degré de i)uissance, elle seule s'est affaiblie. Elle a un million de sujets de moins, et n'a presque plus de finances. »
La marine des vaisseaux, comme on disait à cette époque, avait pris sur la marine des galères un tel ascendant que cette dernière n'existait plus guère que de nom. La marine des galères n'était pas seulement inutile, ce (|ui était reconnu depuis longtemps, elle coulait fort cher, question inqtortanle à un moment où