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l'icii faire ([iii |tiil (Idiiiicr îiltciiilc à Ja paix générale. » Au moiiieiit où le iiiiiiislèrc l)iilaimi(|uc faisait Icnir au roi ce langage, le général Braddock, (Jui venait d'être appelé au commandement en chef des troupes britanniques dans l'Amérique septentrionale, réunissait toutes les forces dont il disposait, et, peu après, se mettait en marche pour attacjuer le fort Duquesue. Dans une rencontre (jui eut lieu, le 9 juillet, à petite distance du fort, les Anglais furent complètement battus. Sur le général, qui avait perdu la vie dans ce combat, ou trou\a des lettres montrant que la conduite des autorités anglaises était le résultat dinstructions très précises, venues de Londres. Les Anglais, auxquels de continuels renforts étaient envoyés, devinrent maîtres de la Nouvelle- Ecosse.
Pendant que ces événements se passaient de l'autre côté de l'Océan, le gouvernement anglais continuait de donner au cabinet de Versailles l'assurance de son très vif désir d'arriver à une entente avec la France ; mais il rendait, par ses exigences, tout accommodement impossible. A peine les ministres anglais avaient-ils fait aux nôtres une proposition, qu'ils en formulaient une nouvelle, modifiant la première, ajournant ainsi, de parti pris, le règlement des questions en litige. En 1748, il s'agissait, en vertu des tUspositions du traité d'Aix-la- Chapelle, de charger des commissaires de déterminer les limites de l'Acadie et du Canada. En 1735, l'Angleterre exigeait, préalablement à toute négociation, l'abandon de vastes territoires qu'elle désignait et la démolition de plusieurs forts qui assuraient la sécurité de nos posses-*sions dans l'Amérique septentrionale. Lorsque cette condition serait remplie, et seulement à ce moment-là. Sa Majesté britannique consentirait, était-il dit dans une note remise au gouvernement français, à confier à des
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commissaires le règlement des autres questions sur lesquelles les deux nations se trouvaient en désaccord.
Au commencement de tannée 1755, une escadre, placée sous les ordres de l'amiral Boscawen, était prête à prendre la mer. Notre ambassadeur ayant exprimé sa surprise que le gouvernement tint secrète la destination de cette flotte, il lui fut répondu que la France n'avait pas à s'inquiéter de cet armement : le cabinet de Versailles, ajoutaient les ministres, pouvait regarder comme certain que, « si des actes d'iiostilité étaient commis, ce ne seraient pas les Anglais qui commenceraient » . Or, au moment oii le roi d'Angleterre tenait ce langage, l'amiral Boscawen était à la mer, se rendant sur les côtes d'Amérique avec l'ordre d'intercepter un convoi qui devait partir de Brest pour aller au Canada. Arrivé à sa destination, l'amiral anglais, qui avait sous ses ordres vingtdeux bâtiments de guerre, parmi lescpiels figuraient onze vaisseaux, établit sa croisière à la pointe méridionale de l'île de Terre-Neuve.
Le lieutenant-général de Macnemara sortit de Brest le 3 mai 1755, avec six vaisseaux et trois frégates, accompagnant la division du chef d'escadre Dubois de Lamotte, qui comprenait trois vaisseaux, VEutraprouDif, de soixante-(juatorze, sur lequel était arboré le pavillon amiral, le Bizarre et VAlcide, de soixante-quatre, onze vîiisseaux armés en flûte, portant, les uns vingt-deux, les autres vingt-quatre canons, et quatre frégates. Lorsqu'il fut en dehors du golfe de Gascogne, le lieutenantgénéral Macnemara revint à Brest, et le chef d'esca Irc Dubois de Lamotte fit route sur Québec. Les bâtiments (le sa division, séparés ])ar la ])runie sur le banc de Terre- Neuve, se rendirent isolément à Iciii' destination. Le 22 juin, tous se trouvaient réunis, à l'exception de YAlcide et du Lijs. Ces deux vaisseaux avaient été
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chass(''S, le 10 juin, par l'escadre de l'nmiral Boscawen. WAlcide, capitaine Hocquart, fut alta([ué par deux vaisseaux, le Dunkirk, de soixante, elle Torhaij, de soixanle- (juatorze, ce dernier portant le pavillon de rjunii-id Boscawen ; le Lijs, capitaine de Lorgeril, eut, pour adversaires, deux vaisseaux de soixante, le Défiance et le Fougneud-. Le Iajs, qui était armé en flûte, ne portait que vingt-deux canons. Les deux navires français, combattant à la vue d'une escadre, contre des forces supérieures, n'avaient ni l'espoir de vaincre ni la possibilité de s'échapper ; c'était l'honneur du pavillon que les caj)!taines Hoc({uart et de Lorgeril défendaient. L'un et l'autre opposèrent à rennemi une n'sistancc opiniâtre ; VAlcide et le Lys, totalement dégréés, étaient hors d'état de continuer la lutte lorsque les couleurs furent amenées. Le chef d'escadre Dubois de Lamotte prit la mer, le 15 août, se dirigeant sur Brest où il arriva le 22 septembre. Un des navires de sa division, le vaisseau de soixante-dix, \ Espérance, armé en flûte et ne portant que vingt-([uatre canons, était resté devant Québec. Le 11 novembre, ce bâtiment, qui faisait route pour rentrer en France, fut chassé par quatre vaisseaux. Après avoir combattu VQjford, de soixante-quatorze, le Revenge et le Cormwal, c^lui-ci portant le pavillon du contreamiral West, le vaisseau français totalement dégréé, ne gouvernant plus, amena son pavillon. Sa défense avait été héroïque. Les capteurs, reconnaissant l'impossibilité de conduire V Espérance en Angleterre, livrèrent ce vaisseau aux flammes, h' Opiniâtre, de soixante, armé en flûte, s'était séparé de la division du chef d'escadre de Lamotte, dont il faisait partie ; il fut canonné par une frégate anglaise que suivaient, à peu de distance, huit vaisseaux. Le bâtiment français continua sa route, tout en répondant au feu de la frégate, et il réussit à se
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soustraire à la poursuite des a aisseaux qui le chassaient. Le contre-amiral West, (|ui avait pris V Espérance, tenta, mais sans succès, d'intercepter une division française placée sous les ordres du capitaine de vaisseau Duguay. Celui-ci, après avoir porté des approvisionnements dans notre colonie, effectua son retour à Brest sans être aperçu par l'escadre qui le cherchait.
C'était le 10 juin que l'amiral Boscawen, se conformant à des instructions données au mois d'avril, avait pris les vaisseaux YAlcidç et le Lys. Or, le 8 juin, alors que la Cour de Londres devait croire que ses ordres étaient exécutés, le cabinet de Saint-James, répondant à une note du gouvernement français, remettait au duc de Mirepoix un mémoire dans lequel il était question des « concessions qui pourraient être faites, de part et d'autre, pour la conservation de la bonne harmonie, si désirée entre les deux Cours ». L'histoire offre peu d'exemples d'une pareille duplicité. Lorsque parvint, à Londres, la nouvelle de la prise de VAIc'uk' et du Lys, notre ambassadeur demanda des explications au ministre des affaires étrangères. Celui-ci ne voulut voir, dans cet événement, que le résultat d'un malentendu ; manifestant l'espoir que la bonne intelligence, existant entre les deux nations, ne subirait aucune atteinte, il demanda que les négociations entamées suivissent leur cours. Au moment où le chef du foreign office tenait ce langage, on apprenait que près de deux cents natures, richement chargés, et une centaine de pêcheurs de Terre-Neuve et de caboteurs, soit trois cents bâtiments de commerce, venaient d'être enlevés par les navires de guerre et les corsaires delà Crande-Brelagne. Il n'y a pas d'expression pour stigmatiser la coiiduilc du gouvernement anglais. ])écid(' à nous faire la guerre, il ne cesse de protester de son désir de conserver la ptux ; il négocie dans le seul
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]jul (lairivcr au moment où, ayant terminé ses préparatifs, il sera prêt à agir, sur tous les points, avec des forces supérieures. Ap[)renant (|ue nous envoyons des approvisionnements dans nos colonies de l'Amérique septentrionale, le cabinet de Saint-James prescrit à l'amiral Boscawen d'intercepter la division du chef d'escadre Dubois de Lamotte. Pour affailjlir notre marine, il donne l'ordre de courir sur nos bâtiments de commerce. Quinze cents soldats et six mille matelots d'élite sont faits prisonniers. Enfin ces hommes, soldats et matelots, sont Iraités avec une durelé calculée, afin que l'excès de leur misère les décide à prendre du service sur les bâtiments anglais.
Ces actes de piraterie qui eussent, non seulement déshonoré un particulier mais appelé, sur la tète du coupable, un châtiment exemplaire, sont dénoncés à TEurope sans que l'Angleterre paraisse s'en émouvoir. A la Chambre des Comnmnes, quelques voix s'élèvent pour demander que les navires de commerce, capturés en pleine paix, en violation des règles les plus élémentaires du droit international, soient restitués à leurs propriétaires. Des écrivains protestent contre la conduite des ministres. « Vous louez, disait l'un d'eux, répondant aux défenseurs du gouvernement, nos ministres d'avoir fait prendre, avant la déclaration de guerre, tous les vaisseaux français que nos armateurs ont rencontrés ; vous louez, dis-je, cette action, qui vous couvre d'opprobre et qui vous fait passer pour des barbares qui ont renoncé aux sentiments d'humanité. Quelles raisons peuvent-ils alléguer pour se justifier d'avoir fait périr de faim et de misère les matelots français qu'ils ont fait prendre et enfermer dans les prisons et les cachots. » Ce cri de quelques consciences honnêtes demeura sans effet. La prise de nos bâtiments de commerce était un
profit illicite, mais c'était un profit, et les ministres, convaincus que la majorité de la nation était avec eux, le gardèrent. Le gouvernement français rappela son ambassadeur, le duc de Mirepoix, homme plein d'honneur, animé du désir sincère de bien servir son pays, mais ne possédant pas les lumières que les circonstances exigeaient. Confiant, jusqu'à l'aveuglement, dans les paroles des ministres, il n'avait jamais pénétré leurs véritables intentions, et l'importance des nombreux armements qui se faisaient dans les ports anglais lui avait toujours échappé. Peut-être, pour cela même, convenait-il à son gouvernement qui ne craignait rien tant que de voir sa traii(|iiillil(3 troublée.
Le cabinet de Versailles ne voulait pas la guerre ; il l'eut peut-être évitée en menant, avec promptitude et énergie, au lendemain de la conclusion du traité d'Aixla-Chapelle, la question de la délimitation de l'Acadie et du Canada. A ce moment, en faisant quelques concessions, on serait probablement arrivé à un arrangement définitif, mais, deiîuis 1748, nous n'avions jamais su ni céder ni résister à propos. Au commencement de Tannée 1755, le cabinet de Versailles en était encore à croire que, le jour où de sérieuses difficultés s'élèveraient entre les deux Cours, il suffirait, i)our tout terminer, d'accorder à l'Angleterre quelques-unes des parties des territoires qu'elle réclamait. A Paris, on n'avait pas vu, ou, pour parler plus exactement, on n'avait pas voulu voir le mouvement d'opinion qui poussait le gouvernement de la Grande-Bretagne à nous faire la guerre. L 'amour-propre national ne nous pardonnait pas les triomphes de Fontenoy et de Lawfeld, et les intérêts, déçus en 1748, exigeaient les satisfactions que le traité d'Aix-la-Chapelle ne leur avait pas données. Le gouvernement de Louis XV avait fermé les yeux à
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révidcnco, et, eu voiilaul éviter la guerre, il u'avait fait que la reudre plus certaine. Après avojr, pendant de longs mois, fait à rAiigleterre diinililos réclamations, il donna, le 23 janvier 1756, l'ordre de mettre lendjargo sur les bâtiments anglais qui se trouvaient dans nos ports.
L'Angleterre avait deux objectifs, l'anéantissement de notre marine et la destruction de notre commerce. Dirigée par des hommes dEtat peu scrupuleux mais capables, elle aA'ait pris des dispositions en rapport avec le double but qu'elle poursuivait. Au moment où les événements que le cabinet de Saint-James avait préparés allaient se dérouler, la flotte anglaise était, relativement à la nôtre, sur un pied formidable. Elle comptait près de trois cents navires, comprenant quatre-vingtneuf vaisseaux, auxquels il fallait ajouter trente-deux vaisseaux de cinquante, soit cent vingt et un vaisseaux de tous rangs. Des approvisionnements considérables remplissaient les arsenaux dans lesquels se trouvait réuni un nombreux personnel d'ouvriers. Au mois de janvier 1756, six escadres, comprenant soixante-seize vaisseaux, étaient à la mer. Le gouvernement français, faible, irrésolu, ne prévoyant rien, n'ayant aucun plan, croyant, un jour, à la guerre, s'imaginant, le lendemain, qu'elle pourrait être évitée, n'était pas préparé à une lutte contre l'Angleterre. Le marécbal de Noailles disait : a J'ignore si l'on a un projet fixe et bien médité. On ne pense à rien ; on désapprouA'e même ceux qui se donnent la peine de penser à quelque chose. » Rien ne peint mieux l'état d'esprit des hommes qui gouvernaient la France à cette époque.
Le comte de Maurepas, ministre de la marine depuis 1723, avait été remplacé, en 1749, par Rouillé, comte de Jouy. Le nouveau ministre, qui n'avait aucune notion
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des affaires de son département, ne se rendit pas compte du rôle que devaient jouer les officiers de marine; il accrut le nombre, déjà très grand, des administrateurs, et leur donna une prépondérance préjudiciable au bien du service. M. Rouillé favorisa le commerce et les sciences ; de nombreux travaux hydrographiques furent exécutés pendant son ministère, et on lui doit la fondation d'une académie de marine dont le siège fut fixé à Brest. Le ministre avait raison de croire qu'une bonne marine comporte un personnel à la fois expérimenté et instruit ; mais, pour faire la guerre, il faut que ce personnel ait, à sa disposition, un matériel suffisant comme (quantité, et égal, au point de vue de la qualité, à celui que possèdent ses adversaires. Il fut, un moment question, pendant le ministère du comte de Jouy, de construire, en dix ans, une flotte comprenant plus de cent vaisseaux de ligne, mais on ne donna aucune suite à ce projet. jMachault d'Arnouville devint ministre de la marine, le 29 juillet 1754, à la place de Rouillé qui prit le portefeuille des affaires étrangères. Le nouveau ministre était, comme son prédécesseur, étranger au sei'vice de la marine ; il obtint un peu d'argent, poussa les constructions et fit qucl(|ues armements. Néanmoins, au commencement de Tannée 1756, après la prise de VAlcide, du Lf/s et de V Espérance, nous ne disposions, déduction faite des vaisseaux qui avaient besoin d'une refonte générale, que de tpiarante-cinq vaisseaux, parmi ]es([uels il y en avait un tieis peul-èiiv (|ui ne |)ouvaient aller immédiatement à la mer: enfin, nous n'avions pas, dans nos arsenaux, des approvisionnements suffisants pour armer ces vaisseaux. Ainsi, au moment où la guerre va éclater, on voit, d'un côté, quarante-cinq vaisseaux, et, de l'autre, cent vingt et un; chez les Anglais, les arsenaux regorgent (rapprovisionnrmenls.
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et, clans nos ports, on ne trouve même pas le nc^cessaire. La France, ayant à lutter ronln> l'Angleterre, devait éviter toute guerre sur terre. An liru de suivre cette politique si simple, soutenue, d'ailleurs, par plusieurs membres du Conseil, Louis XV fit avec l'Autriche une alliance que rien ne justifiait, et il s'engagea dans une guerre continentale, tombant ainsi dans le piège tendu à la France par les hommes habiles qui gouvernaient l'Anirleterre.
Vers la fin de l'année 1755, le gouvernement, après avoir longtemps hésité, prit le parti de faire des armements. L'exécution de cet ordre rencontra de sérieuses difficultés, A'oiles, cordages, voire même l'artillerie, manquaient ou étaient en quantité insuffisante. 11 n'était pas permis de compter sur les fournisseurs qui, n'étant pas payés depuis longtemps, ne voulaient rien livrer avant d'avoir reçu de largent. Malheureusement les caisses étaient vides: ce n'était pas seulement les négociants qui réclamaient ce que l'État leur devait, le personnel ouvrier aAait un arriéré de solde considérable dont il attendait vainement le paiement. Les autorités, dans les ports, étaient obligées de recourir à toutes sortes d'expédients pour se conformer aux instructions venues de Paris. Le port de Toulon avait reçu l'ordre d'armer douze vaisseaux; tout l'hiver fut nécessaire pour atteindre ce résultat. Ces douze vaisseaux formèrent une escadre, placée sous le commandement du lieute-
uant-gonéral de la Galissonnière. Des troupes, réunies à Marseille et à Toulon, s'emljarquèrent sur des bâtiments de commerce et quelques transports de l'État. Le corps expéditionnaire, fort d'environ quinze mille hommes, était commandé par le duc de Richelieu. Le 10 avril, l'escadre et le convoi jetèrent l'ancre sur la rade des îles d'Hyères. Après quarante huit heures passées au mouillage, le lieutenant-général de la Galissonnière fit route pour sa destination, restée jusque-là inconnue. La conquête de Minorque était le but assigné à l'expédition. Le 18, l'escadre et le convoi mouillèrent devant la ville de Giutadella, située sur la côte méridionale de File. Les troupes, le matériel et les approvisionnements furent immédiatement mis à terre. Cette opération terminée, l'amiral do la Galissonnière vint croiser devant le port de Mahon, afin d'empêcher les secours de pénétrer dans le fort Saint-Philippe, placé à l'entrée de la passe. Deux vaisseaux et trois frégates, qui se trouvaient dans le port, avaient pris le large en apprenant le débarquement des troupes françaises. Le 28 avril, le duc de Richelieu était maître de toute l'île à l'exception du fort Saint-Philippe, d»uis lequel se trouvaient trois mille Anglais.
Vers la fin du mois de février, le gouvernement avait fait marcher des troupes sur les côtes de Picardie, de Normandie et de Bretagne. Cette démonstration, qui ne pouvait avoir d'importance, n'étant pas appuyée par des moyens maritimes suffisants, causa, dans toute l'Angleterre, une émotion inexplicable. Il semblait qu'une armée française fût à la veille de débarquer sur le sol de la Grande-Bretagne. L'arrivée de troupes liessoises et hanovriennes, appelées en toute hâte, ne suffit pas à calmer les esprits. Le gouvernement, perdant le sens exact de la situation, n'osait pas se servir des forces