‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 96 sur 137 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Le mauvais temps rend inutiles les préparatifs faits par les Anglais pour attaquer Louisbourg. — Insuccès d'une expédition dirigée contre le port de Rochefort. — Une escadre anglaise capture trois vaisseaux français dans la Méditerranée. — Nouvelle expédition dirigée contre Louisbourg. — Attaque de Ticonderaga. — Pertes éprouvées par l'ennemi. — Expéditions anglaises sur nos cotes. — Cancale. — Cherbourg. — Saint-Cast. — Échec des Anglais à la Martinique. — Prise de la Guadeloupe, des Saintes, de Marie-Galante et de la Désirade. — Succès des Anglais dans l'Amérique septentrionale. — Prise de Québec. — Mort des généraux Jlontcalm et Wolf. — Projet de descente en Angleterre. — Le chef d'escadro de Laclue part d(> Toulon. — Dispersion de son escadre. — (lombat du 17 août. — Alïairc de Lagos.

Le cabinet dont Pitt faisait partie avait à peine duré quelques mois; formé en décembre 1756, il n'existait plus en avril 1757. Pitt, très populaire, avait contre lui le roi et l'aristocratie; pendant près de trois mois, l'Angleterre n'eut pas de ministère. Le roi dut s'incliner devant le mouvement irrésistible de l'opinion qui portait Pitt au pouvoir ; celui-ci entra dans le cabinet formé le 29 juin 1757 par le duc de Newcastle. Dans la nouvelle administration, Pitt eut la direction suprême de la guerre et des affaires étrangères. Chose surprenante, les Anglais au début de cette guerre, qu'ils avaient cherchée, voulue et préparée de longue main, furent frappés de

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terreur. L'horizon politique, de l'autre côté du détroit, semblait chargé des plus sombres nuages ; l'avenir apparaissait comme ne devant amener que des catastrophes; la nation anglaise se voyait déjà humiliée, vaincue, soumise. On rapporte que Pitt, parlant à un personnage politique, disait à cette époque : « Je suis sur que je puis sauver ce pays et que nul autre ne le peut. » L'histoire offre peu d'exemples d'un peuple atteint, sans cause légitime, d'un découragement aussi profond. L'arrivée de Pitt, au pouvoir ayant ramené un peu de calme dans les esprits, les Anglais songèrent à mettre à exécution les projets qui avaient été la cause déterminante de la guerre. Convoitant la possession de nos colonies d'Amérique septentrionale, ils résolurent de s'emparer du cap Breton ou ile Royale qui commande Lembouchure du golfe Saint-Laurent, le succès de cette opération devant les conduire à Québec. Des navires, portant des troupes et des approvisionnements, furent expédiés à Halifax, en vue de l'attaque de Louisbourg, capitale et port principal de File Royale.

Le gouvernement français qui n'avait pas pris, en temps opportun, les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des colonies de l'Amérique septentrionale, se préoccupait, depuis l'ouverture des hostilités, d'envoyer des secours à Louisbourg. Le lieutenant-général Dubois de Lamotte, heureusement arrivé, le 19 juin 1737, devant cette place avec neuf vaisseaux, fut rallié, peu après, ])ar les divisions du chef d'escadre de Beaufrcmont et du cn[)ilaine de vaisseau Durevest, la première venant de Saint-Domingue et la seconde de Toulon. Le lieutenant-général de Lamotte, qui avait alors seize vaisseaux sous ses ordres, établit des batteries à terre et fit prendre à une partie de ses vaisseaux une position leur ])ermellant (h,' défendre rentrée de la passe.

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