LIVRE XIII
Le vice-amiral Ilolbuiiic [lariil an mois de septembre, avec dix-neuf vaisseaux, mais un coup de vent de sud-est, d'une extrême violence, le réduisit à Timpuissance. Ses vaisseaux se dispersèrent; les uns furent rasés comme des pontons, les aulnes perdirent une partie de leur mâture, et un d'entre eux se jeta à la côte. Se trouvant, par suite de cet événement de mer, dans impossibilité de rien entreprendre, le vice-amiral Holburne fit route pour l'Angleterre. 11 restait peu de vivres à notre escadre ; de plus une maladie épidémi([ue sévissait avec une gravité exceptionnelle sur les équipages. Enfin, il y avait lieu de croire que la place de Louisbourg ne serait pas alta(juée dans le cours de Tannée. En présence de cette situation, le lieutenant-général Dubois de Lamotte prit le parti de l'entrer en France. A peine deliors, nos bâtiments furent assaillis par un coup de sud-est, ainsi que l'avait été l'escadre anglaise. Quelques vaisseaux rentrèrent à Louisbourg. les autres poursuivirent leur route et arrivèrent à Brest.
La Cour de Londres était vivement sollicitée par ses alliés de tenter quelque entreprise sur nos côtes. La France, ayant à se défendre contre les attaques des Anglais, se trouverait dans l'obligation de garder une partie de ses troupes, ce qui aurait pour conséquence de diminuer la force des armées qui opéraient en Allemagne. L'Angleterre résolut de diriger ses efforts contre un de nos ports. Le 21 septembre 1737, l'amiral Hawke mouilla, sur la rade des Basques, avec dix-sept vaisseaux, escortant cinquante-cinq transports, sur lesquels étaient embarquées des troupes d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie. L'importance de cet armement annonçait de grands projets ; d'après les ordres du gouvernement anglais, le corps expéditionnaire, mis à terre, à l'arrivée de l'escadre, devait marcher rapidement
sur llochefort et détruire l'arsenal. Le secret ayaiil ('1(3 gardé sur le but poursuivi, on estimait, à Londres, ([ug cette opération, en la supposant vigoureusement conduite, serait terminée avant l'arrivée de forces suffisantes pour en empêcher l'exécution. Les choses furent loin tle se passer comme elles avaient été réglées dans le cabinet du ministre de la guerre. Après avoir perdu quek]ues jours à chercher le point de débarquement le plus favorable, les généraux anglais décidèrent quil fallait, avant de marcher sur llochefort, s'emparer de l'ile d'Aix. L'ile, qui était dépourvue de moyens de défense, fut prise et livrée au pillage. Les Anglais, revenani alors au iJi/ojcl [irimilif. se pr(V)Ccupaient de nouveau de la question dix débarquement, lorsqu'ils apprirent que des renforts, dont ils s'exagéraient peutêtre l'importance, étaient arrivésà Rochefort. La possil)ilité d'un coup de main devenant très problématique, un Conseil de guerre, réuni pour examiner cette situation, déclara que le départ tle l'escadre s'imposait. Les Anglais éj)rouvèrent un profond méconlenleinenl en apprenant à quel résultat avaient abouti les immenses jiréparatifs faits en vue de la destruction dun port français. Il semblait qu'on fût revenu à l'année 1756, au moment oii la nouvelle de la prise de Minorque était arrivée à Londres. Déjà quelques voix réclamaient la mort des coupables. Le gouvernement ne cachait pas qu'il partageait les senlinieids de la foule; les ministres manifestaiejd leur opinion avec une vivacité d'autant plus grande que, le monde militaire critiquant séxèrement le plan de cette campagne, ils pouvaient, eux aussi, (jtre recherchés. Les chefs de l'expédition, blâmés par un Conseil d'entiuète, chargé d'examiner leur conduite, furent traduits devant un Conseil de guerre; ils cureid la bonne fortune de trouver des juges (pii.