‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 98 sur 137 · LIVRE xm · texte numérisé non relu

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sans se préoccuper des l)ruils du dehors, les acquittèreul.

Depuis le coniniencemeut de la ji:uerre, l'Anglderre n'avait subi (pie des échecs; elle avait perdu l'île de Minon^ue et plusieurs positions hnportantes dans l'Amérique septentrionale. Le mauvais temps avait rendu inutiles les préparatifs faits pour attaquer Louisbourg; enfin, l'expédition, ayant pour but la destruction du port de Rochefort, avait complètement échoué. C'était donc de notre cùt(' (|ue se trouvait l'aAantage. ^Malheureusement, la supériorité numéri(|ue de l'ennemi, l'énergie et la vigueur de son gouvernement, la vive impulsion donnée, par le cabinet de Saint-James, aux affaires de guerre, devaient promptement et forcément changer cet état de choses. Au commencement de 1758, l'amiral Osborne, ayant, sous ses ordres, dix-huit vaisseaux, faisait surveiller nos mouvements par des navires échelonnés de Gibraltar à Toulon. Prévenu, à l'aA'ance, de la sortie de nos bâtiments, l'amiral anglais pouvait appareiller et les attendre dans le détroit. Dans ces conditions, il était, sinon impossible, du moins très difficile qu'une escadre, venant de Toidou, put passer dans l'Océan sans être aperçue par l'ennemi. Le chef d'escadre deLaclue. parti de Toulon, avec six vaisseaux, pour se rendre dans la mer des Antilles, apprenant, à la mer, que l'amiral Osborne croisait, dans le détroit, avec toute son armée, entra dans le port de Carthagène. Deux vaisseaux, expédiés de Toulon, le rallièrent, le 6 février, lui annonçant l'arrivée prochaine des vaisseaux VOrphèe, Y Oriflamme et le Foudroyant. Ces bâtiments parurent le 25 février: le chef d'escadre de Laclue, qui se proposait d'appareiller le lendemain, eut l'imprudence de les laisser en dehors du port de Carthagène. [Ces trois vaisseaux comptaient rester sous la terre, mais un vent

(le iio)'(l-()uest très violent, qui s'éleva peiidaiil la luiil, les rejeta au large. Au jour, l'armée anglaise fut aperçue. L'amiral Osborne avait quitlé Gibraltar et s'était avancé le long de la côte d'Espagne, pour reconnaître la division française, dont il connaissait la présence a Cartliagène, et intercepter les vaisseaux cxjx'diés de Toulon pour la rejoindre.

Le vaisseau Vdri/hniimc, capitaine Duguay, (jui avait pris la bordée de terre, put gagner le port de las Aguilas, où il se trouva en sûreté. XJOrphèe, capitaine d'Herville, attaqué par deux vaisseaux, le Revenije et le Berwick, amena sou pavillon après avoir prolongé sa résistance jusqu'à sept heures du soir. Le F'oudroi/anl , capitaine Duqucsne, combattit le Monmoulli, le Siviftsure et le Hamptoncourt; il se rendit vers deux heures du matin. Le chef d'escadre de Laclue, lorsque le jour se fit, aperçut les Anglais poursuivant nos trois vaisseaux; ' les vents ne lui i)ermettant pas de sortir de Carthagène, il n"eut pas à examiner s"il d(»vait ou non se porter au secours des vaisseaux engagés. Ainsi, cette campagne, absolument inutile, nous avait coûté deux vaisseaux. Sans doute, le chef d'escadre de Laclue avait commis une faute grave en ne donnant pas à VOrpIice, VOri/ïdimne et le Foudroi/iuit l'ordre d'entrer à Carthagène, mais que penser de la direction imprimée aux o[)érations de notre marine. On sait, à Paris, (pi'il y a, non daus la Méditerranée, uiais à (Jil)rallar, dix-huit vaisseaux anglais spécialemeul chargés de surveiller le délroit. et ou lai( |)arlir le cliel" d'escadre de Laclue avec six vaisseaux, j^ufiu. lorscjue celui-ci est à Carthagène, où il a cru j)rudent de sarrètcr, on lui expédie deux vaisseaux, puis trois, et parmi les personnages (lui dirigeul la marine, il ne s'en trouve pas ini capable de su|)|>oser ipie lamiral ()sl)orni'. infor-

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