LIVRE XIII
mi.' de la présence de six vaisseaux français à CarlliafrÎMic. poiil A'cnir, le lon^^ de la côte (rEspa^Mie. jusqu'à la liauleur de ce pori, el cpic dans ces' coudili(jus. les vaisseaux envoyés isolénicnl poui' rallier h- rlicf d'escadre de Laclue sont compromis. Si le FuiidroijanLYOrphn; et y Oriflamme étaient arrivés, le 26, c'est-<'i-dire le lendemain, ils se seraient trouvés, au point du jour, au milieu de l'armée anglaise. Le chef d'escadre de Laclue reçut l'ordre de revenir à Toulon où il ari'iva vers la fin d'avril.
Non seulenienl les Anglais ne perdaient pas de vue leurs projets sur nos colonies de l'Amérique septentrionale, mais, à mesure que le temps marchait, ils redoublaient d'ardeur et de sacrifices pour atteindre le but qu'ils poursuivaient. L'attaque deLouisbourg n'aA^ait pu avoir lieu en 1757, l'escadre de l'amiral Holburne ayant été dispersée parle mauvais temps. On doit dire, d'ailleurs, que la présence de l'escadre du lieutenantgénéral de Lamotte. forte de seize vaisseaux, enlevait à cette entreprise toute chance de succès. Dans les premiers mois de l'année 1758, on fit les préparatifs d'une nouvelle expédition. L'amiral BoscaAven parut, le 1" juin, devant Louisbourg, avec cent cinquante et un bâtiments de guerre, comprenant vingt-trois vaisseaux et dix-huit frégates. Cette flotte portait quatorze mille hommes^ commandés par le major général Amhesl, une nombreuse artillerie et des mortiers. Le gouverneur de Louisbourg, le chevalier de Drucourt, avait, sous ses ordres, un peu moins de trois mille hommes de troupes régulières et cinq à six cents miliciens et Indiens. La place était en très mauvais état ; elle avait peu de vivres, et cependant le gouverneur devait nourrir, outre la garnison, les habitants et les gens de la campagne qui étaient venus chercher un refuge dans la ville. Aux
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vingt-trois vaisseaux do l'amiral Boscawcn, nous n'avions à opposer c[u"une division, comprenant cinq vaisseaux, dont trois élaicnt armés en flûte, et deux frégates. A l'apparilion de la Hotte anglaise, le commandant de la division, le capitaine de vaisseau Desgouttes, demanda au gouverneur rautorisalion d"aj)pareiller ; cette autorisation ne lui fut pas accordée. Le chevalier de Drucourt espérait cpie des secours lui seraient envoyés du Canada ; ignorant l'époque à laquelle des renforts pourraient lui parvenir, il avait le devoir impérieux de gagnei' du temps, c'est-à-dire de prolonger sa résistance en employant tous les moyens dont il disposait. Or les bâtiments, appelés à défendre les approches de la place, jouaient un rôle important.
Pendant plusieurs jours, l'état de la mer ne permit pas aux Anglais de communiquer avec la terre. Le 8, le ressac étant devenu moins fort, le débarquement commença. Les Français qui, sur tous les points oii pouA'ait s'effectuer cette opération, avaient élevé des batteries et construit des retranchements, infligèrent à l'ennemi des pertes sérieuses, mais ils ne purent l'empôclier de gagner la terre. Nos troupes, reculant lentement devant des forces supérieures, rentrèrent dans la place. Le 11 juin, les opérations de siège connuencèrent. Les Anglais établirent des batteries de mortiers pour déh'uire nos bâtiments ([ui leur faisaicid beancdup de mal. Le 21 juillet, 17:'///y'6y>'yt'y/r////, de soixante-quatorze, un des deux vaisseaux armés en guen-e, fut incendié par une bombe et sauta; l'explosion communi([ua le feu à deux autres vaisseaux, le Capricieux et le Célèbre^ armés en flûte, qui furent dévorés par les flammes. La disparition de ces trois navires étail, [)our la défense, une perte irr('']»aialile. Nous n'avions j)his (juc deux vaisseaux, le Priidciil, tle soixanle-(|ualor/e, armc' en