CHAPITRE XV
Combat du 7,juiu. — Relations contradictoires de M< le comte d*Estrécs, de M. le duc d'York et de Ruyter. — Lettre de M. le marquis de Graii> cey au sujet de ce combat. — Réflexions sur (a conduite du vice-amifal comte d*Estrces. — Lettres de Colbert de Croissy, ambassadeur à Londres, au sujet de l'aflaire du 7 juin et de la division cfui règne entre le» officiers français lie l'escadre à propos de MM. le comte d'Estrées et Du Qiiesnc. —Justification de ce dernier.
Avant que d'entrer dans la moindre réflexion sur le combat du 7 juin, nous allons laisser parler les faits, et donner d'abord la relation du vice-amiral d'Ëstrées, puis celle de iM. le duc d'York, puis enfin celle de Ruytcr. Les faits posés, on en tirera les conséquences naturelles.
RELATION DU COMBAT DONNÉ LE 7 JUIN ENTRE L' ARMÉE D'ANtl^ETERRE ET CELLE DE HOLLANDE.
« 7 juin 1672.
» L'armée de Hollande, après s'être fortifiée de quelques vaisseaux équipés à Amsterdam, dont on ne sait pas le nombre, parut, le 7 du mois, à la pointe du jour, à la vue d'une frégate détachée des vaisseaux du roi , qui était en garde à la tête de l'armée. Gogolin, qui la commandait, vigilant et entendu capitaine, ne manqua pas de faire les signaux; et, sans l'avis qu'il en donna, les ennemis auraient pu surprendre l'armée à l'ancre, les frégates anglaises n'ayant rien découvert du bord qu'elles avaient couru.
» Je ne doute pas que cette espérance ne leur ait fait prendre la résolution de nous venir combattre, fortifiés encore de la pensée que , lorsqu'une armée est près des côtes pour y faire de Tcau , il manque toujours des chaloupes et beaucoup de monde aux vaisseaux , et que Tordre no peut jamais être si grand que lorsque Ton est sous les voiles.
IM HISTOIRE DE tA MARINE. — 1672^
>» Le yent qui les portait est c«lui qui traverse la côte de Solebay, tellement qu*outre que l'escadre rouge était mouillée fort près de terre , ils jugeaJeut bien qu'il était difficile à l'armée d'Angleterre de s'élever, et de courir d'assez longues bordées pour 'dispdter le vent.
» Pour l'escadre des vaisseaux de Sa Majesté, elle était mouillée un peu plus au large ; et, nonobstant la nécessité où elle était de faire beaucoup plus d'eau que les Anglais, on tisa de cette précaution, la plupart des capitaines souhaitant le contraire.
» Les «nnemis s'étant' donc avancés avec cet avantage , au nombre de quatre-vingt-six vaisseaux de guerre et de trente brûlots , et force galiotes , commencèrent à arriver sur nous à sept heures du matin , que l'on était déjà sous les voiles. L'aile qui était opposée à l'escadre fraîiçaise tint le vent davantage , et courut un bord différent du reste de son armée; et dans le même temps, le major des vaisseaux, que le vice-amiral avait envoyé pour recevoir les ordres de M. le duc d'York, lui rapporta qu'il eût à tenir le vent autant qu'il serait possible , et que pour lui il aurait beaucoup de peine à s'élever, tellement que , jugeant qu'il ne pouvait tenir le vent avantageusement que du bord que V escadre de Zélande courait^ différent de celui de son année, le vice-amiral prit le parti de la combattre , et la percer avec son escadre pour aller joindre M, le duc d'Yoï^k et le dégager-. Ce mouvement attira sur eux quarante-trois vaisseaux de guerre ou environ, et cinq ou six brûlots, dont il y avait quatre pavillons: un d'amiral, un de vice-amiral et deux de contre-amiraux.
» Le combat commença de cette sorte presque en même temps de tous les côtés. Le milord Sandwich fit ce qu'il put pour percer l'escadre opposée, n'ayant plus de mer à courir, et ne pouvant s'étendre h cause des bancs, ni prendre un autre parti. Dans ce dessein, un vaisseau de l'ennemi, de soixante pièces, l'ayant approché pour l'arrêter, il l'aborda et le prit; mais il fut ensuite repris par les Hollandais. On lui détacha ensuite deux brûlots, dont il se dégagea, quoiqu'il y eût plus de trois cents hommes morts ou hors de combat; mais enfin un vice-amiral hollandais lui en ayant mené un autre , il ne put s'en sauver, et l'on croit qu'il a péri dans le feu, le capitaine qui servait sous lui ayant eu moyen de s'échapper avec une partie de l'équipage.
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Pour IVL le duc d'York, pressé par les mêmes raisons qu'avait eues le milord Sandwich de changer de bord , il se résolut de revirer dans la ligpe de Tennemi; ce qu'il fit aussitôt qu'il eut monté sur le vaisseau de M. Holmes, ayant été obligé de quitter le sien, qui, dès le commencement du combat, avait été incommodé et perdu le capitaine Cox, qui fat tué à ses côtés. Il perça cette ligne avec beaucoup detortune, et gagna le vent des ennemis, suivi de peu de vaisseaux. La confusion et le combat furent grands en cet endroit et dans cette mêlée. Les Hollandais abordèrent la Ccaliertne, conunaudée par le chevalier de Chichely, et l'emportèrent; mais iliut repris aussitôt par les Anglais, comme le vaisseau de M. Digby, qui fut aussi abordé.
» Quoique M. le duc d'York écrive à Sa Majesté, il m'a toutefois ordonné de faire cette relation sur les choses qu'il m'a dites...
» Il ne peut pas mieux faire ni témoigner plus de sens et de courage qu'il a fait en cette occasion. Il a monté trois vaisseaux différents, ayant été obligé de passer de celui du chevalier Hobnes sur celui de Spragge, vice-amiral de l'escadre rouge. Il m'a dit aussi qu'on ne saurait croire combien le vaisseau de m^ lord Sandwich a bien fait son devoir, et à quel point a été la constance et la fenueté des équipages.
» L'année d'Angleterre a perdu quatre capitaines, savoir : Gox, M. Digby, Hollis, et un autre dont j'ai oublié le nom; mais on peut bien dire qu'elle a eu l'avantage dans ce combat, puisque les ennemis ne se sont pas servis de celui qu'ils avaient sur nous, qu'ils se sont retirés les premiers, et que les Anglais leur ont pris deux grands vaisseaux.
Chichely a été mené prisonnier en HoUande. Il y a plusieiars autres particularités qu'il était impossible de savoir lorsque j'ai vu M. Je duc d'York, que l'on mandera à la première occasion..
» Tour les Français, dans le même temps que les ennemis commencèrent le combat du côté de l'escadre rouge et Meue, les Zélandais, q«i leur étaient opposés, commencèrent aussi à les canonner; mais, soit qu'ils n'eussent pas résolu de les enfoncer, ou qu'ils eussent ordre d'en user afinsi,, ils tinrent le vent le plus qu'il leur fut possible à uiie distance, caisoanable
m HISTOIRE DE LA MARIÎSE. — 1«72^
pour canotiner. II y eut un grand feu pendant tout le jour, que douze ou quinze vaisseaux de Sa Majesté soutinrent avec beaucoup d*ordre et de vigueur; mais il ne fut pas possible d'exécuter le dessein qu*on avait pris de percer cette escadre et de lui gagner le vent; car, outre que l'ennemi n'en donnait pas le moyen, les vaisseaux de l'avant-garde ne tenaient pas assez le vent pour y réussir, quoique le vice-amiral le tînt le pins qu'il fût possible, et qu*on le vît tout le jour entre ses vaisseaux et la ligne de l'ennemi.
» L'amiral zélandais tenta deux fois d'arriver sur le vice-ami rai avec trois brûlots et trois ou quatre des plus grands vaisseaux de son escadre ; mais, soit qu'il ne voulût faire qu'une tentative, ou bien qu'il crût qu'on n'en était pas étonné, la dernière fois il changea de bord, et se retira vers son amiral. On fit de notre part ce qu'il fut possible pour regagner au vent et rejoindre M. le duc d'York, ce que l'on ne put faire qu'hier au matin, que tout le monde se rallia à lui, vingt vaisseaux augbis «'étant joints à nous pour le rejoindre.
1» On ne sait pas bien encore l'état auquel sont tous les vaisaeaux. Ceux qui ont combattu plus que les autres soRt tous assiz incommodés. Le brûlot L'ÈmeriUon^ de l'escadre du sieur de Rabesnières, se tenant témérairement entre la ligne des ennemis et la nôtre, a été coulé bas ; mais tput l'équipage s'est sauvé.
» Le Superbe y qui ne pouvait plus tenir sur l'eau a cause des coups de canon qu'il avait reçus, s'est retiré dans la Tamise ce matin. Je ne doute pas aussi qu'il n'ait perdu beaucoup de monde. Le capitaine est blessé à la jambe d'un coup de canon ; mais on ne tient pas sa blessure mortelle. Desardens a eu ta jambe emportée d'un coup de canon. Du Magnou est aussi blessé d'un éclat à k jambe. Pour le Saint-Philippe ^ quoiqu'il y ait eu quarante-deux hommes morts ou blessés mortellement et vingt-cinq de blessures légères, le sort n'est point tombé sur les officiers, et il n'y a eu personne de quelque considération que ie chevalier de Bezy, qui a été autrefois garde de la marine : il a reçu plusieurs coups à l'eau et vin|^ dans ses mâts, qui les ont un peu iacomnaodés.
» Hier, 8 du mois, après que M. le duc d'York eut rassemblé sei vaisseaux et vu les ennemis sous le vent, on arriva ^r
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eux pour conserver la réputation et Thonneur du œmbat, ayant plié et s'étant retirés les pruniers, quoique les avantages soient fort partagés. Ils me parurent moins forts de vingt vaisseaux ; il y en a eu de démâtés par les Aoglais, et deux par les nôtres.
» Quelques coups de canon du Saint-P/iïlippe coulèrent bas une galiote, dont il ne se sauva personne ; un brûlot de l'ennemi brûla de lui-même devant nous avec les hommes; et il est impossible que les ennemis ne soient furieusement incommodés, puisqu'ils ont pris le parti dfe se retirer si vite. On les poussa hier jusqu'à nous trouver engagés dans Içs bancs d'Os* tende. On n'en vint pas aux coups de canon, parce qu'ils plièrent et mirent des voiles, qu'il survint une brume, et que les vaisseaux de notre avant-garde tinrent le vent plus qu'il ne faUait
» Sa âlajesté aura la bonté d'excuser si cette relation est confuse , et si toutes les choses ne sont pas dans leur ordre, étant extrêmement pressé de lui envoyer la nouvelle de ce combat
» Quoique l'on ne puisse rien reprocher an gros de l'escadre de Sa Majesté, cependant on peut l'assurer que si tous les vaisseaux s'étaient tenus dans leur rang, et avaient observé exactement la manœuvre du vice-amiral, on aurait pu faire une action très-glerieufie et digne de ses armes ; il est certain que les ennemis ne nous en ont pas toutefois donné le moyen. Gomme il n'y a plus de remèdes sur le choix des capitaines de cette escadre, j'attendrai à rendre compte à Sa Majesté de ceux qui auront bien ou mal fait lorsque j'aurai-l'honneur de la voir; cependant elle le pourra juger par la revue des morts et blesséfs que l'on enverra à la première occasion.
» J'ai beaucoup de sujet de me louer des capitaines embarqués sur le Saint-Philippe^ et particulièrement du sieur deGabaret, en qui je ne connaissais pas les talents et les bonnes qualités qu'il a fait paraître. Le capitaine Heemskerk, que j'ai fait passer sur mon bord, sur le point de l'occasion, est un homme très-utile dans cette guerre, et qui a très-bien servi dans cette action. S'il plaisait à Sa Majesté, de reconnaître par quelque p^te gratification le zèle et les services que ces trois capitaines ont rendus, cela ne pourrait être que très-avanta-
geut à son service. Le sieur de Cou a été blsssé d*un éclat dans le côté, dont il est encore un peu incommodé.
>» Le 9 juin 1672, entre Arwich et Ostende.
» Le comte d'Estrées. »
Archives de la Marine, {Vei^sailics,)
Suit la relation de M. le duc d'York, extraite de ses mémoires.
«... Aussitôt qu'il fut jî)ur, nous, aperçûmes la flotte ennemie au vent, marchant droit sur nous. Ceux de nos vaisseaux de ligne et de nos brûlots qui se trotfvaient plus près de la côte que les vaisseaux de pavillon, et quelques autres de nos grands vaisseaux, mirent sous voile à la première alarme pour venir se placer au poste qui leur était assigné dans l'ordre de i)ataiHc ; mais la marée qui portait au vent et le vent d'est empêchèrent la plupart d'arriver au commencement du combat; en sorte qu'il n'y avait pas en tout plus de vingt vaisseaux, tant de l'escadre rouge que de la bleue, pour soutenir le premier choc de celles de Ruytcr et de Van Cent. L'escadre de Zélande, commandée par Bankert, eut affaire à l'escadre française, commandée par le comte d'Estrées : Tous deux gouvernaient vers le sud^ et étaient amures à bâbord dès le commencement du combat; tandis que le duc et le comte de Sandwich se tenaient orientés au plus près du vent, les amures à tribord. Le comte, à la tête de l'escadre bleue, en vint aux mains avec Van Cent à l'escadre d'Amsterdam, et Ruyler avec l'escadre de la Meuse eurent à faire au duc et à l'escadre rouge.
» Pour mieux éviter toute confusion et toute eiTCur panique, le duc commença par défendre très-prudemment qu'aucun de ceux qui l'environnaient lie se permît d'importuner les ofiBciers des équipages de questions inutiles; il interdit de prononcer seulement tout haut le mot de brûlot, et ordonna que, si on en apercevait un s'approcher de son vaisseau sans que lui ou ses officiers s'en aperçussent, on vînt le lui dire tout basa lui-même, ou à l'officier qui se trouverait le plus près de ceux cpii l'-auraient aperçu.
» Entre sept et huit heures du matin, le combat commença avec beaucoup de fureur. Les Hollandais avaient l'avantage du
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vent, et Rayter ayait bien compté eu profiter; car, aussitôt que le duc et lui se furent lâché chacun leur bordée, espérant d'en unir promptement de Son Altesse Royale, il lui envoya deux brûlots. Sir Edouard Scott, qui avait précédemment ^servi sur terre sous les ordres de Sou Altesse Royale, et qui maintenant raccompagnait en qualité de volontaire» fut le premier qui les aperçut; mais se rappelant les ordres de Son Altesse, il en avertit à Foreille sir John Coï, qui se trouvait alors près de lui. Kn ce moment, comme sir John appelait un officier pour lui donner ses ordres en conséquence, un boulet le renversa mort, et emporta en même temps la tête de M. Bell, autre volontaire. Sir Edouard s'adressa alors au duc lui-même, qui donna sur-lechamp ses ordres, de manière que le premier de ces brûlots fut bien vite expédié, et celui qui venait ensuite mis hors de service pour le moment.
» Pendant ce temps, le duc et le peu de vaisseaux qui se trouvaient près de lui étaient tellement travaillés par Ruyter et ses seconds, qu'avant onze heures, son vaisseau, le Prince, avait son grand mât de hune brisé, sa voile d'avant, ses haubans de tribord, et le reste de ses agrès et de ses voiles de combat absolument en pièces, et plus de deux cents hommes tués ou blessés; tellement que Son Altesse Royale, le voyant hors d'état de tenir plus long-temps, lut forcée de le quitter, après avoir ordonné en secret à son capitaine de le remorquer hors de la ligne, et de tâcher de le réparer ou du moins de le sauver des brûlots ennemis. Pour éviter le bruit ou la surprise qu'aurait occasionné son départ, le duc descendit dans les entreponts, comme pour donner quelques ordres, et de là se glissa dans sa chaloupe, n'emmenant avec lui que lord Feversham, M. Henri Savil, M. Ashton, Dupuy et son maître pilote. Sa chaloupe le conduisit au Saint-Michel, vaisseau de second rang, commandé par sir Robert Holmes, qui, se trouvant à l'avant de son escadre un peu sous le vent, n'avait pas beaucoup souffert.
0 Aussitôt qu'il fut à bord du Saint-Michel, il fit hisser son pavillon qu'il avait apporté avec lui ; mais, comme il ne faisait pas assez de vent pour le déployer, il fut obligé d'envoyer sa chaloupe avertir le vaisseau le plus voisin du lieu où il se trouvait alors.
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» Tâiidis que les choses se passai^t ainsi sur le point où le duc était en personne, les Français gouvernaient vers le sud, oiientés aussi près du vent qu'ils le pouvaient. Mais Bankert et l'escadre zélandaise ne les pressèrent pas aussi vivement qu'ils auraient pu le faire ; car à peine les approchèrent-ils à plus de demi-portée de canon, ce qui ne diminua pas peu la réputation qu'avaient acquise les Zélandais, dans les deux dernières guerres, d'être les plus braves d'entre les marins hollandais ; aussi ces deux escadres souffrirent-elles fort peu. U n'en était pas ainsi de la rouge et de la bleue. Ruyter et Van Gent les pressaient rudeniment, d'autant plus hardis à les attaquer qu'elles n'avaient pas en ligne> lors de la première attaque, plus de vingt vaisseaux, le reste n'ayant pu rejoindre la ligne que dans l'aprèsmidi.
» Aussitôt que le duc fut à bord du Saim-Michet, il fut obligé de virer de bord, à cause d'un banc de sable situé par le travers de Laistoff, et gouverna vers le sud, serrant le vent d'aussi près c[u'il lui était possible: par ce moyen, il gagna le vent sur Ruyter et la plus grande partie de son es^cadre; mais il avait toujours au vent l'escadre d'Amsterdam, qui avait été obligée de virer de bord pour la même raisons en sorte que le duc avait les ennemis des deux côtés, et fut forcé de mardier quelque temps à la tête de sa division, afin que le petit nombre de vaisseaux qui le suivaient pussent tirer dans ses eaux et virer de bord après lui. Le reste courut sous le vent de Ruyter, en sorte que l'ennemi et nous étions fort entremêlés.
» Peu de temps après que le duc eut comudiencé de gouverner vers le sud, une brise légère s'éleva à l'est. La fumée se dissipa, et il put un peu regarder autour de lui: La première chose qu'il vit fut le pavillon bleu du comte de Sandvi^ich, qui s'élevait, un peu en avant de lui, au-dessus de la fumée, si épaisse autour de lui^ qu'on ne pouvait apercevoir la coque d'aucun de ses vaisseaux. Taudis que la rouge était aux mains avec Ruyter et son escadre , la division de Sandwich n'était pas moins chaudement engagée avec l'escadre de Van Gent Le vaisseau de celui-ci était en panne sur le flanc de celui du comte; tandis qu'en même temps un capitaine Brakel, marin très-audacieux et à tête chaude, avait placé son bâtiment de soixante-dix canons par le travers
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du vaisseau du comte; en sorte qu'entre deux, renfilant de Tavaut et de Tarrière, ils lui tuaient une multitude de ses gen^ ce qui obligea le comte, pour se débarrasser d'un si incommode voisin, d'ordonner à ses gens de monter à l'abordage sur le vaisseau de Brakel. Ils y entrèrent l'épée, la piqué et le pistolet à la main, et, après quelque résistance, s'en rendirent les maîtres, ce qui donna au comte le moyen de respirer un peu. Cependant Yau Gent et ses seconds avait tellement tiré sur son vaisseau, le Royal-James, et lui avaient tué ou mis hors de service un si grand nombre de ses gens, qu'il fut obligé de faire revenir à son bord ceux qui s'étaient rendus maîtres du vaisseau de Brakel ; et, ayant envoyé prendre l'avis du capitaine Haddoc, officier expérimenté, qui en ce moment se faisait panser à fond de cale d'une blessure qu'il avait reçue dans le pied d'une balle de mousquet, d'après son conseil, il jeta une ancre, attiTchée pour un cas pareil hors de la samte-barbe. Cette manœuvre eut l'effet qu'il désirait, qui fut de se débari asser du vaisseau de Brakel ; mais il fut cause, en partie, de la perte du Royal-James; car, comme au commencement du combat son vaisseau se trouvait un peu au vent de sa division , en mettant à l'ancre , il la laissa s*éloi^ gn«r de lui, en sorte que l'ennemi put l'approcher de plus près.
» Ce fut environ à ce monu^t-ià que Van Gent fut tué d'un oonff de sa propre artillerie ; mais cela n'empêcha pas l'ennemi de poursuivf e vivement le Roy al- James, et de lui envoyer un brûlot , que le comte coula avant qu'il pût l'atteindre. Il n^était pW à l'ancre ; car, aussitôt qu'il avait été débarrassé du vais* seau de Brakel, il avait coupé le câble qui sortait de la sainte^ b|rbe; mais il s'était déjà presque tiré du milieu des Hollandais, lorsqu'un sntte brûlot visa sur lui. Il s'efforça de l'éviter ; mais son vaisseau était tellement désemparé , qu'il n'en put venir k bout, et que le brûlot l'aborda du côté du vent, s'attacha à son bâbord et le brûla.
» Le duc le vit avec douleur, mais sans pouvoir l'empêcher, étant sous le vent; il passa pourtant tout près, et vit La mer couverte des gens de son équipage, dont les uns allaient à fond, d'autres nageaient, et d'autre^ s'accrochaient à tout ce qu'ils pouvaient sairir. 11 ordoiuia au Doi^mouth, qui venait id'arriver
m HISTOIRE DE LA ^ARINE. —1672--
près de lui, de se mettre en panne et d'en sauver Je plus qu'tt pourrait Ce vaisseau et quelques-unes des chaloupes de ligne qui se trouvaient à la suite du duc parvinrent à en sauver trois à quatre cents, du nombre desquels étaient le cajùtaine Haddoc, le lieutenant Majo, le maître charpentier, et un nommé Lowd, domestique du comte de Sandwich, qui, à son arrivée à Londres, fut fait page à la chambre du roi; le comte, son maîti*e , n'eut pas le même bonheur: il se noya, et son corps, ayant ensuite été retrouvé, fut enterré faoncnrablement dans la chapelle d'Henri VII '.
» Quelque temps après, le Phénix , petit vaisseau de quatrième rang, capitaine Lenève, et ensuite la Résolution^ vaisseau de troisième rang , capitaine Berry, et le Cambridge^ aussi de troisième rang , capitaine sir Freetchville-Hollis , vinrent très à propos se ranger en avant du Saint-Michel, qui se trouvait alors entre les deux lignes hollandaises, et avait reçu tant de coups à fleur d'eau que l'eau qu'il faisait l'empêchait de marcher. Le duc s'en étant aperçu, fit descendre un lieutenant , qui lui rapporta qu'il y avait cinq pieds d'eau dans la cale. Cependant , par les soins et le travail des pompiers , on parvint bientôt à boucher les voies d'eau et à vider la cale autant qu'il était nécessaire , sans être obligé de mettre en panne et de cesser le feu.
» L'escadre d'Amsterdam gouverna en ce moment vers le duc, comme si elle eût été dans l'intention de l'attaquer de plus p|ès ; mais tout à coup elle se remit de nouveau en panne, et se contenta de le foudroyer de son canon. Le duc apprit ensuite la cause de cette diversité de mouvements. Le capitaine qui c«[nmandait alors le vaisseau de Yan Gent avait été tué au moment où il s'avançait vers le duc, et celui qui prit après lui le cohi^ mandement du vaisseau et de l'escadre n'eut pas le courage d'accomplir ce que l'autre avait eu le projet de faire. Quelque
* Le duc de Buckingham , dans un fragment de mémoires sur sa propre vie, nous apprend que la veille du combat personne n'ayant Vidée qu'on dût se battre le lendemain, le comte de Sandwich, qui dînait sur le vaisseau de M. Digby, parut singulièrement sombre et de mauvaise humeur, ce qui était tout à fait contraire à son humeur habituelle. « Nous en fûmes tous frappés, dit le duc, mais nous le remarquâmes bien davantage après révéuement. » ' ,;
(Meœoirs of bis grâce John Buckingham, tom. 2de ses oeuvres, p. 10.)
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temps après, Van Nés Taîné, qui portait un pavillon à son grand mât, se trouvant sous ]e vent du duc, vira de bord, coupa entre l'escadre de Ruyter et celle d'Amsterdam , et vint se mettre en avant de la flotte hollandaise avec quelques vaisseaux de l'escadre de Ruyter; après quoi , virant une seconde fois de bord , il gouverna droit sur le duc pour gagner le vent sur lui , et lui envoyer quelques brûlots qui racck)mpagnaient ; mais , lorsque le Stavern, un de ses seconds qui marchait à Ta vaut de son vaisseau , se trouva à portée des batteries du duc, le cœur manqua à Van Nés ; et , au lieu de suivre le Stavern, vaisseau de cinquante et quelques canons , commandé par le capitaine Elzevier, il vira de bord et s'enfuit avec ses brûlots, laissant derrière lui le Staverrij, qui fut tellement désemparé par les bordées que lui lâchèrent le Satnt-Mîchel et les vaisseaux de la suite du duc , qu'il se rendit au Greenwich , bâtiment de quatrième rang , capitaine Green.
» Le Saïnt-Michel avait alors de nouveau tant d'eau dans sa cale , qu'il gouverna sous le vent ; en sorte que , comme il avait le vent sur les Hollandais , il arriva à portée de mousquet de leur flotte. Au moment où il passait près du premier grand vaisseau des Hollandais , second du vice-amiral , quelques-uns des . gens qui étaient à l'avant du Saint-Michel crièrent de ne pas tirer sur le vaisseau hollandais , car il avait amené ; mais le duc s'aperçut bien h la manœuvre de l'autre que c'était une méprise, et que le pavillon que l'on croyait avoir été amené avait été abattu d'un coup de feu. Il ordonna donc qu'on lâchât au vaisseau hollandais toute la bordée du Saint-Mickely qui rasa le pont dans tous les sens.
» Sir Edouard Spragge et quelques vaisseaux de sa division étaient venus se ranger à l'avant du duc ; mais le comte d'Ossory , dans le Victorieux , qui s'était toujours tenu à l'arrière du Saint-Michel, seHrouva teUemeht désemparé , qu'il fut forcé de se retirer pour se réparer. A sa place, vint le capitaine Georges Lcgg, dans le F air fax, vaisseau de troisième rang. Il était plus de cinq heures après midi quand sir Robert Holmes vînt dire au duc que le Saint-Michel n'était plus en état de tenir en ligne ; car , outi^e ce qu'il avait perdu de monde et le mauvais état de ses mâts, de ses voiles et de ses agrès, il y avait tant
(Veau dans la cale, que, si on ne mettait sur-le-champ en panne pour boucher les crevasses, il serait impossible de le tenir à flot Le doc se résolut de passer sur le vaisseau de sir Edouard Spragge, le Londotis et eu même temps ordonna à sir Robert Holmes de ne pas ôter son pavillon et de ne pas sortir de la ligne jusqu'à ce qu'il revit le pavillon du duc flotter sur le London , de peur que s'il disparaissait pendant un certain temps, cela ne portât le découragement dans la flotte. Ce fut une très-utile précaution ; car , bien que la chaloupe cpii conduisait le duc au London marchât très-bien, et eût de très-bons rameurs , il fut près de trois quarts d'heure avant de pouvoir gagner le London, que le vent, qui avait fraîchi, avait porté fort loin en avant du Saint- Michel.
» Le duc, en arrivant à bord du London yXe, trouva aussi fort endommagé , particulièrement dans les grandes voiles. Il avait eu affaire au vaisseau de Van Nés le jeune, contre-amiral. Celui-ci, qui était au vent, venait rapidement sur nous; mai^ii était alors sept heures du soir. Ruyter fit un signal à tous ceux de ses vaisseaux qui se trouvaient au vent du sien de gouverner de son côté , et lui-même gouverna de manière à rejoindre l'escadre de . Zélande , alors sous le vent de -la sienne et aux mains avec les Français. Dans cette manœuvre , il s'avança sur le Rainbow , vieux bâtiment de second rang , capitaine Story. Le Rainbow était un vaisseau à trois ponts , mais seulement de cinquantesix canons. Ruyter s'imagina qu'il fuirait devant lui; mais, voyant que l'audacieux capitaine n'en voulait rien faire , il mit en panne , et demeura à l'avant du Rainbow , qu'D ne jugeait pas prudent d'attaquer , ayant au vent et sous le vent deux de nos vaisseaux. Il continua donc de prendre chasse pour rejoindre les Zélandais. Ce mouvement de la flotte hollandaise donna à sir John Jordan et aux cinq ou six vaisseaux qui l'accompa-gnaient la facilité de rejoindre le duc , au vent duquel ils se trouvaient presque depuis le commencement du combat. Le duc avait donc alorsr le vent sur l'ennemi avec vingt-cinq ou trente vaisseaux de guerre et quelques brûlots. Le reste des bâtiments de sa flotte s'était avancé vent arrière de même que Ruyter , et avait rejoint les Français, en sorte qu'ils se trouvaient sous le tent des Hollandais ; mais le duc jugea que ce qu'il y avait de
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miemc à faire était de rester où il était , précisémeot au vent de
'ennemi , qui avait alors réuni toute sa flotte. » Ce fut en cette situation que se trouvèrent les deux flottes
après le coucher du soleil ; et ainsi finit cette mémorable journée , où les Hollandais, avec tous lés avantages que leur donnaient la surprise, le vent et la supériorité du nombre , furent loin d'obtenir la victoire sur les Anglais , puisqu'au contraire, ils furent les premiers à quitter la mer et à se retirer dans leurs ports , comme on le verra bientôt Mais, avant de passer à ce, qui arriva le lendemain, on ne peut, sans faire injustice à la valeur anglaise, se dispenser de rapporter quelques actions mémorables qui eurent lieu dans le combat de ce jour , et dont on n'a pas encore parlé. Nous avons déjà dit que les Hollandais s'étaient portés en nombre très-supérieur contre la division où se trouvait le duc en personne , et dont ils avaient fait le but principal de leurs efforts. Ainsi donc , non-seulement le vaisseau du duc, mais ses seconds, placés près de lui, avaient essuyé le plus fort du feu de l'ennemi. Tandis que Ruyter pressait si vivement le duc sur le Prince, qu'il montait alors, quelques vaisseaux placés à l'arrière du sien n'attaquaient pas moins chaudement le Royal-Catherine, gros bâtiment du second rang , qui était un peu au vept du Prince et dans ses eaux, et faisait des efforts pour arriver au poste qui lui était désigné , de se tenir à l'arrière du Victorieux, un des seconds du duc , monté par le lord Ossory , et qui se trouvait alors précisément à l'arrière du Prince, Le Royal-Catherine ne fit pas partir sa bordée aussitôt qu'il l'aurait dû , par la faute du maître canonnier , dont les munitions n'étaient pas rangées comme elles auraient dû l'être , ce qui portait le désordre dans tout son service. Sir John , nouvellement arrivé de la Méditerranée, dans le Dreadnought, vaisseau de troisième rang, n'était monté à bord du Royal-Catherine que la veille du combat , et par conséquent n'avait pas eu le loisir de l'examiner et de remédiera ce qui manquait Ce feu si mou du Royal-Catherine enhardit l'ennemi à le presser plus vivement , et à y envoyer quelques brûlots. Les deux premiers furent repoussés^ par les boute- hors ; mais deux autres parvinrent à s'y attacher , un entre autres en travers de l'îivant Alors , contre l'ordre du capitaine , l'équipage amena son pavillon et se rendit Les Hollan-
daisy envoyèrent leurs chaloupes, qui emmenèrent sir John, son lieutenant, et plusieurs des gens de l'équipage, mettant tout le reste à fond de cale , à Texception du maître canonnier , du charpentier et du contre-maître. Ils laissèrent sur le vaisseau un de leurs lieutenants avec ce qu'il fallait de monde pour l'emmener. Ijes Hollandais, demeurés dans le vaisseau, plus occupés de le piller que de toute autre chose , ne s'étaient pas tenus aussi près qu'iJs l'auraient dû de ceux de leurs vaisseaux qui avaient fait la prise ; si bien que , lorsque le lieute;naht hollandais reçut enfin Tordre de faire sortir tout le monde du bâtiment et d'y mettre le feu , tandis qu'il se préparait à l'exécuter , le maître canonnier , le charpentier et le contre-maîire , demeurés sur le pont , se consultèrent et convinrent , lorsque leurs gens sortiraient des écoutilles , de les appeler à eux , et de les engager à tomber avec eux sur les Hollandais , ce qu'iJs firent. Ils se saisirent des piques , des crocs de fer et de tout ce qui se trouvait sur le pont, et vinrent facilement à bout des Hollandais, les firent prisonniers, et se trouvèrent de nouveau maîtres du vaisseau •. Sir Edouard Spragge , de son poste , h l'arrière du duc , avait vu tout ce qui s'était passé sur te Royal-Cathmne ^ mais sans pouvoir le secourir, parce qu'il était sous le vent; il envoya l'ordre à ceux qui l'avaient repris de se diriger vers fe rivière , parce que le vaisseau n'était pas pour ce jour-là en état de service. » Deux brûlots hollandais s'attachèrent à l* Edgar d^ vaisseau de troisième rang de soixante-dix canons ; mais le capitaine liVetwang, qui le commandait, se démena de telle sorte que, bien que sa grande voile fût déjà en feu, et que près de quatre-vingts des gens de son équipage eussent déjà sauté à la mer, il parvint à se débarrasser 'des brûlots.
' Le duc de Buckingham. parait attribuer, cette action surtout au contremaître, qui, avec sou sifflet, rassembla tous ses geus et les excita à se jeter sur les Hollandais. Ce coutre-maitre s'appelait Small. « J*ai été, dit le duc,
V à |>ortée de le bien connaiti'e dans la snite, lorsque je command^nis U » Royal' Catherine. C'était un non-conformiste, toujours de sens rassis, » humble, tranquille, trop doux même pour un métier si turbulent. Il me » représentait souvent ces euthousifhsles qui ont fait tant d'actions de bra-
V vourc dans nos guerres civiles. Il avait plutôt l'air d'un pâtre que d^m te soldr.t. Cc\a\X un héros sous la figure d*un saint* »
(I^Icmoirs of bis grâce Jolni Btickinglfim, tome 2, de ses œuvre s, page M.)
— 1«W— LIVKE IV, CHAPITKK XV. 209
» Le capitaine Francis Digby, second Gis du comte de Bristol, capitaine du Henry, vaisseau de second rang, fut attaqué successivement par six brûlots. Il en repoussa cinq, et avait la main sur le boute-hors pour se débarrasser du sixième , lorsqu'il fut renversé mort d'une balle. Le brûlot n'en fut pas moins repoussé. Bientôt après son premier lieutenant fut tué, ainsi que Bennet, capitaine au régiment du duc, dont la compagnie servait sur ce bâtiment, et l'enseigne du même régiment Alors un vaisseau hollandais de soixante-dix canons, voyant que le Henry était en fort mauvais état, et qu'il ne restait presque plus personne sur le pont, vint à l'abordage , et l'équipage hollandais se rendit maître du pont du gaillard d'avant et de la grand'chambre; mais le reste de l'équipage du Henry demeura en possession du dernier pont et de la sainte-barbe, et continua de tirer. Sir Roger Strickland, qui commandait le Plymauth, petit vaisseau de troisième rang, arriva au secours du Henry, Le contremaître du Henry était demeuré à son poste sur le gaillard d'avant, soit que les Hollandais, occupés à piller la grand'chambre, ne l'eussent pas aperçu, ou que, comme il était blond et gras, ils l'eussent pris pour un de leurs gens. Voyant le Plymautk gouverner vers lui, il ordonna au timonnier de donner un coup de timon, au moyen duquel Vsjrrièredn Henry choqua si rudement le vaisseau hollandais qu'il s'en débarrassa ; et sir Roger, étant arrivé un moment après , lâcha au vaisseau hollandais une bordée qui l'obligea de s'éloignec, et de laisser le lieutenant et ceux de ses gens qui étaient^ montés à l'abordage sur le Henry à la merci de ceux dont ils avaient cru se rendi'e maîtres.
)x Mais il faut aller retrouver la flotte dans la situation où nous l'avons laissée après le coucher du soleiL La nuit fut belle et calme. On s'occupa des deux côtés à réparer les vaisseaux^ l'intention du duc étant de recommencer le combat le lendemain matin. Au commencement de la nuit , on vit , du vaisseau du duc , un grand bâtiment qui brûlait au milieu de la flotte hollandsyise. On craignit d'abord que ce ne fût un de nos vaisseaux désemparés tombé entre les mains des ennemis tandis qu'ils gouvernaient pour rejoindre les Zélandais ; mais il se trouva que c'était un vaisseau des Hollandais tellement désemparé qu'après en avoir fait sortir l'équipage, ils y avaient eux-mêmes mis le feu.