PREMIER COMBAT
« Que chacun en général peut être satisfait de ce que les Français ont fait dans la journée du premier combat des armées navales, puisqu'ils y ont soutenu et entrepris autant on plus que les Anglais, et qu'ils sont «allés au feu de l'ennemi avec autant de résolution qu'il s'en pouvait attendre.
» Quelques-uns qui ont regardé de près disent que , quand M. de Ruyter revira de sa première bordée, on vit huit des vaisseaux du roi, apparemment surpris du revirement imprévu, ' qui revirèrent devant lui avec plus de hâte que la bienséance V^M/ voulu, M. de Valbelle , qui était de ces revireurs, en dit des raisons , mais il y ajoute qu'il y en eut qui allèrent si loin qu'on ne les revit qi^un long temps après.
» Que M. le vice-amiral y a laissé échapper une action de décision qi^il devait entreprendre; ce fut environ le midi quand, ayant le vent sur les Hollandais, qui étaient alors assez mêlés, il manqua de revirer pour arriver sur eux, afin de tirer profit de son avantage; au lieu d'ai^iver, faisant servir sa grande voile , il tint» le vent, et , sans avoir aucun ennemi devant ou derrière, il s'amusa à courir un bord d'une lieue de longueur. "
» Les brûlots ont été consommés dans ce combat avec aussi peu d'utilité que de conduite; aucuns d'eux se sont perdus par la témérité de leurs capitaines, qui sont allés précipitamment à l'ennemi sans en avoir eu l'ordre et sans y être accompagnés; les autres y ont été mandés avec ordre des commandants, mais sans y être escortés et couverts comme il en est l'usage ; de sorte que y se trouvant seuls entre deux lignes, en vue et au blanc de l'ennemi, ils en étaient coulés bas, ou endommagés beaucoup avant qu'il pussent être en place d'exécution. »