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m HISTOIRE DE LA MARINE. —1675 —
se peut consoler, et loue incessamment l'action que nous avons faite. Elle a charmé les Messinois; ils en rendent grâces tons les jours à la madone de h Lettera, et en parlent avec des transports de joie qui ne se peuvent exprimer. La plus sensible qui m'attende en ces mers est de faire honneur au choix que Votre Majesté a fait de moi pour commander cette escadre, de l'engager par mes services à me faire de nouvelles grâces, et de la confirmer dans l'opinion qu'elle a que je veux vivre et mourir,
» Sire,
» De Votre Majesté,
» Le très-bumble, très-fidèle sujet et serviteur, A Le chevalier de Valbelle. »
« A Messine , le 12 janvier 1675. »
( Archives de la Marine, à Versailles, )
On vient de voir, par cette lettre de Valbelle, que presque tous les forts de Messine lui furent remis avant le 42 janvier; ce voyant, les troupes espagnoles, qui s'étaient retranchées dans quelques postes avantageux qui dominaient la ville, se retirèrent à la Scaletta, à* Melazzo et à Barcelonnette, petites villes fortifiées, qui ne sont éloignées que de cinq ou six lieues de Messine. Mais un mois après, vers le commencement de février, la famine comihença de se faire sentir de nouveau; et iM. de Vallavoire s'aperçut bientôt avec terreur que les vivres qu'il avait apportés tiraient à leur fin. La flotte espagnole, honteuse de la peur qu'elle avait eue, avait quitté ses ports et était revenue mouiller au phare. Les secours qu'on attendait de France n'arrivaient pas; et la disette et les souffrances avaient tellement exalté une partie de la population, qu'elle fit plusieurs tentatives pour forcer M. de Vallavoire de se rendre aux Espagnols. Les troupes françaises murmuraient aussi; enfin, aigri par tant d'inquiétudes, M. de Vallavoire tomba dangereusement malade, et à ce moment même, les Espagnols, qui s'étaient rapprochés de la ville, tentèrent une nuit d'enlever Castellasse, un des postes les plus importants de Messine la ville. Mais, entendant le bruit de l'action, M, de Vallavoire, bien qu'affaibli, se fit porter
en chaise sur le rempart, donna ses ordres : sa vue ranima les troupes qui se comportèrent vaillamment, refoulèrent les Espagnols danis le plat pays ; et iMessine, délivrée de ces ennemis, n*eut plus à craindre que la famine qui la dévorait.
Cette famine était affreuse; depuis longtemps il n*y avait plus de pain : après avoir mangé les animaux domestiques, ou avait fait bouillir les cuirs ; le sénat avait enfin eu recours à toute tentative avant de se résoudre à ordonner la distribution de quelques sacs de riz et de fèves qu*il réservait pour la dernière extrémité ; mais ce moment était venti ; ces vivres étaient presque consommés, et Tarmée espagnole sachant la terrible position de la ville, s*était approchée de ses murs par terre et par mer, n'attendant plus que Theure de sa reddition, qui ne pouvait être retardée de deux jours, si le secours qu'on attendait de France ne paraissait pas enfin.