RIO-JANEIRO
Du 3 juin 1741.
Je mis à la voile des rades de La Rochelle le 9 du mois de juin , avec l'escadre que le Roi a bien voulu me confier, et les deux vaisseaux de Saint-Maki, le Chancelier et {eGlorieux,
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dans le dessoin d'aller tenter la conquête de Rio-Janeiro, place importante a la côte du Brésil , où M. Duclerc et huit cents soldats de la marine avaient été pris ou taillés en pièces l'année précédente.
Je fus obligé de laisser aux rades de La Rochelle la frégate CAiffie, qui avait besoin d'un soufflage pour être en état de tenir la mer, et je lui donnai ordre de se rendre à Saint-Vincent, l'une des îles du cap Vert, que j'avais choisi pour rendezvous, où je devais, suivant tous les mémoires, faire avec facilité de l'eau et des rafraîchissements.
Le 21 , je fis une petite prise anglaise , sortant de Lisbonne à vide, que je jugeai propre à servir à la suite de l'escadre.
Le 2 du mois de juillet, je mouillai à 111e de Saint-Vincent, où la frégate V Aigle vint me rejoindre. Je trouvai beaucoup de difficultés à y faire de l'eau, par rapport à la sécheresse qui régnait depuis long-temps , et peu d'apparence d'y trouver des rafraîchissements ; de manière que je remis à la voile le 6, avec le seul avantage d'avoir mis les troupes à terre pour leur faire connaître le rang et l'ordre qu'elles devaient observer en cas de descente.
Le 41 du mois d'août, je passai la ligne, après avoir essuyé plus d'une fois des vents contraires si frais (pie plusieurs vaisseaux démâtèrent de leurs mâts de hune.
Le 19 , j'eus connaissance de l'île de l'Ascension ; et le 27, me trouvant à la hauteur de la baie de Tous-les-Saints , j'assemblai un conseil, dans lequel je proposai d'aller y prendre ou brûler ce qui s'y trouverait de vaisseaux avant de nous rendre à Rio-Janeiro. Je me fis pour cet effet rendre compte de l'état des équipages et de l'eau qui restait dans chaque vaisseau de l'escadre ; mais il s'en trouva si peu , qu'à peine suflisait-elle pour nous conduire au lieu de notre destination : en sorte (pic, pour ne pas s'exposer à des événements fâcheux , il fut résolu qu'on se rendrait en droiture à Rio-Janeiro.
Le 11 de septembre, on trouva fond, sans avoir cependant connaissance de terre. Je fis mes remarques là-dessus et sur la hauteur qu'on avait observée ; après quoi , profitant d'un vent frais qui s'éleva à l'entrée de la nuit , je fis forcer de voiles à toute l'escadre, malgré les brumes et le mauvais temps, et me