RÉPONSE
Tout If monde convient que l'entreprise dudit su ur Duguay, ot son exécution, est toute belle et tonte glorieuse, que la conduite qu'il a tenue est du général le plus expérimente , enlin, il n'y a qu'une voix ladessus.
L'action et le succès de l'entreprise sont au-dessus des plus mauvaises critiques, qui ne peuvent s'empêcher d'y donner des louanges, malgré leur jalousie.
Mais on n'approuve pas Le siour Duguav a fait tout son pos-
qu ayant fait sa déclaration sjh,0 ^ procurcr |a liberté aux pH-
de guern» sur ce que le roi, .' 1 1
son maitre, l'envoyait pour sonniers de M. Duclerc qui étaient à la demander raison de l'as- baie de Tous-les-Saints ; mais n'ayant Z^^'^l «' P™".n, r sur .es onn,mis, un prisonnier f.am;ais,con- el Ie gouverneur de Kio- Janeiro n'être la capitulation qui avait tant pas le maître de ces prisonniers, on
ceux qui sont à la baie de subordonné au vice-roi du Brésil, qui Tous-ics-sainis, et qu'il réside a la haie, ce qui l'empêchait de nit f;ut n"nine donner des otages. Ledit sieur Duguay
avait si fort insisté sur cet article, que le premier traité potir le rachat de la ville fut rompu à cette occasion, et pensa l'être une seconde fois, ledit gouverneur ayant toujours refusé de donner des otages pour une chose qui ne dépendait plus de lui. Ainsi ledit sieur Duguay fut
On le condamne fort de n'avoir pas retenu le sieur Dulwcago, Français de nation, qui non-seulement est au service des ennemis et que l'on trouve les armes à la main contre sa nation, mais que I on sait avoir donné cent marques de sa mauvaise volonté. Cet homme aurait été un bon otage, et même cela aurait fait plaisir à Sa Majesté, qui s'est expliquée elle-même sur les deux articles ci-dessus ; on ne sait pas aussi la raison qui a engagé M. Duguay à donner à cet homme une frégate pour s'en aller dans le temps qu'il devait le garder prisonnier. Le> mauvais esprits disent (pie cet homme lui a sans doute payé grassement sa liberté.
forcé de capituler sans cetlc condition ; el sans quoi il n'aurait tiré de cette entreprise que les effets envoyés a la mer du Sud et quelques sucres, et par conséquent de la perte pour ses armateurs.
II n'a pas été non plus au pouvoir dudit sieur Duguay d'arrêter prisonnier ni d'amener en France le sieur Dubocagc, parce qu'il n'est venu à la ville qu'après la capitulation et sur la foi d'un passeport. Il était dans le camp des ennemis, d'où il écrivit audit sieur Duguay pour lui demander la permission de se rendre à ladite ville , afin d'y acheter quelques marchandises, promettant d'y rendre service et de faciliter la vente des effets et des navires que l'on avait pris. Celte considération fit qu'on lui accorda ladite permission et le passe-port pour sa sûreté ; aiusi on ne pouvait le retenir sans violer la foi et le droit des gens.
Il est faux que ledit sieur Duguay lui ait donné une frégate pour le conduire en Portugal ; ledit sieur Dubocagc a seulement acheté un mauvais traversier appartenant au roi, que l'on ne pouvait plus amener en France, et qui était à la suite de l'escadre de M. de Kicouart , pour cent et tant de monnaies d'or.
Enfin, puisque le gouverneur ne pouvait donner des otages ni des sûretés suffisantes pour la liberté des prisonniers en question, il n'y avait de parti à prendre que celui de rompre la négociation
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pour le rachat de la ville , et en ce cas la détruire sur-le-champ et sans aucun profil pour les armateurs; ou celui de conclure ladite négociation, et en tirer, comme on a fait, douze cents et tant de mille livres, et près de huit cents autres mille livres de la vente des effets et des vaisseaux que l'on a faite aux Portugais au moyen de ladite capitulation.
On laisse à juger lequel des deux partis ledit sieur Duguay devait prendre, et si les critiques ne mettront pas un frein sur cet article, comme sur les autres, à leur langue empoisonnée.
Tout crie à Paris et ici On convient qu'il y a eu beaucoup de sur le pilinge exorbitant pillage , quoique pas tant , à beaucoup
que les officiers et équi- , .... . ...
pages ont fait, et qu il est Pres' <lu 0,1 M 1 MMguie; mais, quand il honteux de traiter avec tant y en aurait eu dix fois plus, il n'était pas
du"»dér'fientCh wTS»1'* 3U P°uvo'r ^u,nam (le l'empêcher, les solqù'î 3Tenconfient.,en * datsde M. Duclerc ayant enfoncé les meilleures maisons la nuit que les ennemis abandonnèrent la ville, dont l'objet excita le matin si fort l'avidité des troupes et de quelques officiers, qu'il ne fut pas possible de les contenir tous ; ledit sieur Duguay en fit faire des châtiments exemplaires et réitérés , et des informations qui subsistent contre les officiers soupçonnés : c'est tout ce qu'il pouvait faire ; au surplus, il a fait toutes les recherches possibles, et tenu plus d'ordre qu'on ne devait attendre de l'officier le plus expérimenté.
L'on regarde le départ CeUX ^ fmttAvUt Cl (IU' SUPPoscl,t des deux vaisseaux en- que l'envoi de deux vaisseaux à la mer voyés à la mer du Sud du Sud est un fin et adroit leurre pour IV. 31
comme fin et adroit leurre
pour donner aux armateurs une espérance vague- et chimérique, et on nu trouve pas moins mauvais qu'on ait fait embarquer les trois commissionnaires de l'ar* moment sur ces deux vaisseaux , parce que tout au plus un sur chaque vaisseau était plus que suffisant; mais les y embarquer tous trois, c'est faire juger qu'on avait crainte qu'un d'eux ne donnât un détail trop juste de ce qui s'était passé.
donner aux armateurs une espérance de profit , raisonnent comme de vrais ignorants. Peut-on dire que ce soit un leurre (jue l'envoi de plus de douze cent mille livres , prix de France, de bonnes marchandises , et propres pour le débit de ce pays-là , et qui doivent produire plus de 3,000,000, soit une espérance vague et chimérique ? 11 en est de même au sujet des prétendus commissaires embarqués sur ces vaisseaux, car il n'y en avait point sur l'escadre ; mais bien deux officiers bleus, et un négociant que l'on y avait mis, pour s'en servir à cette fin que de raison ; lesquels n'étant pas suffisants pour la conduite des deux navires et pour la négociation de leurs effets, on a été obligé de prendre le capitaine en second du navire le Chancelier pour accompagner les autres. Il faut être pins qu'ignorant pour supposer qu'un seul homme sur chaque vaisseau aurait été capable de vendre lesdites cargaisons; et s'il élait arrivé qu'il en fût mort quelqu'un , qui aurait donc été chargé de celte fonction et d'en rendre compte ?
Est-ce que tout le monde est assez habile et assez entendu pour de pareilles fonctions ? En vérité, il y a des gens qui jugent des choses comme les aveugles des couleurs, et dont la malice est bien noire et bien méprisable, puisqu'ils cherchent par de faux raisonnements à porter atteinte à l'entreprise la mieux conduite, dans toutes les circonstances, que l'on ait jamais vue.
Ceux qui connaissent l'honneur et le
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désintéressement dont ledit sieur Duguay a toute sa vie fait profession rejetteront avec indignation tous les discours qui tendent à soupçonner sa droiture et sa fidélité.
(Archives de Fersaittes. )
On l'a vu, ainsi que tous les gens de cœur et de capacité, Duguay-Trouin fut vivement calomnié , et jwrtagea d'ailleurs cette glorieuse preuve d'une incontestable supériorité avec Tourville, Du Quesne, Yalbelle, d' Aimeras, etc.
La lettre suivante, dans laquelle il annonce an ministre l'envoi de ses états de services, en lui demandant à se retirer de la marine, tant sa santé est usée par sa vie de guerre , est , ainsi que ses états de services, rédigée par lui , et semble véritablement un chef-d'œuvre de noblesse et de simplicité. On reste frappé d'admiration en lisant cet abrégé sommaire que ce grand marin fait de sa \ie militaire; en voyant (pie depuis l'année 1689 jusqu'à l'année 1712, à part les trois années de paix qui séparèrent l'année 1(>97 de l'aimée 1700, Duguay-Trouin a , |K)iir ainsi dire, un vaillant combat , une victoire ou de nombreuses prises qui datent chacune de ces vingt années passées à la mer, au service de la France.