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prenti. On ne peut pas faire la même chose quand il s'agit de la religion, et il serait périlleux présentement de punir les maîtres pour les fautes de leurs apprentis. H faut pourtant apporter quelque remède à leur insolence, et si on ne la réprime elle viendra à un excès fort dangeitj^, principalement quand le roi d' Angleterre sera parti d'ici.
Les troupes qu'on y laissera pourront bien garantir Whtte- Ilall d'une insulte , mais il est fort douteux qu'elles soient suffisantes pour tenir en bride une si grande ville. Le commerce à la Bourse est comme à l'ordinaire, , et on ne s'apercevrait d'aucun changement sans l'insolence des apprentifs les jours de fêtes.
On a surpris une lettre de M. de Schomberg à M. l'électeur de Brandebourg, par laquelle ii l'informe du débarquement qui s'est fait heureusement ; il lui mande que le dessein est de marcher à Exester et à Bristol.
Le roi d'Angleterre ne croit pas que M. le prince d'Orange prenne le parti de séparer ses troupes, et s'il marchait a Bristol avec une partie de ses troupes seulement elles seraient fort exposées, parce que c'est un lieu tout ouvert ; il y aura même, comme on le croit ici, fait conduire du canon.
Les nouvelles qu'on a eues d' Exester sont que M. le prince d'Orange y était entré le 18 avec ses troupes; le maire ne voulut point l'aller trouver avec les marques de sa magistrature, mais il ne put se dispenser de lui aller parler. M. le prince d'Orange le reçut assez mal et lui dit peu de choses ; la populace d'I xesler fit des acclamations et donna des témoignages de réjouissances, comme elle fait ordinairemeat h ceux qui sont les pins forts; l'évêque d'Exester est sorti avant que M. le prince d'Orange soit arrivé; il a fait arrêter le ils de cet évêque prisonnier. M. le prince d'Orange a commandé à Exester de se saisir des deniers royaux, et a forcé le receveur de l'excise de lui donner 300 pièces qu'il avait entre les mains. Les principaux Anglais qu'on a vus auprès de lui sont milord Scherisbery, milord Machefeild, milord Wichex, M. de Sidney, le sieur Herbert. Toutes les troupes avaient mis pied à terre , mais le canon n'avait pas encore été débarqué.
On prit avant-hier des lettres que le prince d'Orange écrivait après avoir mis pied à terre et qu'il envoyait par une Iwrque de
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Sa Majesté Rritannique , à madame la princesse, sa femme, aux États-généraux , et de tous les particuliers qui mandent (jue leur dessein est de venir à Londres où ils sont assurés d'être bien reçus.
On ne sait point encore ici qu'aucune personne considérable des provinces ait marché i>our aller joindre le prince d'Orange. Milord Colchestcr, lieutenant des gardes-du-corj)s de la compagnie de milord Douvres, ne parait point : on ne doute point qu'il ne soit allé trouver le prince d'Orange.; il a emmené quatre gardes avec lui qu'il avait mis dans la compagnie; la désertion d'un tel officier fait beaucoup de bruit; on craint qu'elle ne serve d'exemple à d'autres. La présence de milord Colchester n'est d'aucune considération par lui-même; il était dans les intérêts du duc de iMonmouth, et on a eu tort de s'y fier; le fils aîné de milord Warton est allé avec lui : un nommé Godefroy, qui a épousé la mère du duc de Barnic, est allé trouver le prince d'Orange ; il est mécontent parce qu'on lui a refusé de l'emploi.
Le bruit est répandu aujourd'hui que milord Oevincher et milord Exester, son beau -frère, sont en inarche pour aller trouver M. le prince d'Orange; on ne sait point encore combien de monde ils mènent avec eux.
Le canon parti avant-hier de Londres marcha vers Salisbury : il y avait vingt-six pièces de douze et huit livres de balles avec treize cents chevaux d'équipage; les pièces de canon sont fort vieilles et longues, les chevaux ne sont pas trop . bons; toutes les troupes marchent du même côté, à la réserve de ce qui doit demeurer à Londres, qui consiste en six bataillons de six escadrons, dont il y en a quatre de ceux nouvellement levés par milord Grandonet M. Skilton. La reine d'Angleterre et le prince de Galles demeurent à Londres ; on croit qu'ils y peuvent être en sûreté. Le roi d'Angleterre a dit qu'il prétendait partir le 28 de ce mois; mais cela pourra encore bien être différé jusqu'au 29, qui est d'aujourd'hui en huit jours. On a envoyé des troupes à Salisbury, à Malboron et à Axmester. On prétend établir des quartiers en ces trois endroits, qui sejoindront si les ennemis font quelque mouvement considérable pour le prince d'Orange ; le roi d'Angleterre sera plus fort en cavalerie
HISTOIRK DK LA MARINE.
que le prince d'Orange; je crois qu'il n'aura que dix-huit l.ataillons d'infanterie , mais il y a vingt escadrons de cavalerie et vingt de dragons; on a pris, parmi les lettres qui allaient en Hollande , l'ordre do bataille du prince d'Orange , dont Sa Majesté Britannique m'a donné une copie que j'envoie à Votre Majesté. Milord Milfort m'a dit ce soir qu'il viendra demain matin conférer avec moi sur les instructions qu'il a reçues du roi son maître.
Le sieur Carel est venu aujourd'hui me dire , par ordre de Sa Majesté Britannique, que milord Thomas Howard écrit que e pape a accepté la médiation du roi d'Angleterre pour les différends qu'il a avec Votre Majesté; on n'a point encore ici cet avis par la voie du nonce, mais seulement par ce que M. le cardinal Cibo a dit à milord Thomas Howard ; on le croit en chemin, ayant, il y a long-temps, l'ordre de prendre congé ci de revenir.
Je suis, avec le profond respect que je vous dois, de Votre Majesté, Sire, Le très-humble , très-obéissant et très-fidèle serviteur et sujet.
Signé, Barillon.
J'arrive présentement, onze heures du soir, de White-Hall : les apprentis ont fait encore ce soir quelque désordre dans Londres, et ont blessé des gardes qui allaient pour les dissiper ; on a envoyé d'autres gardes avec ordre de tirer, et le régiment des gardes écossaises d'infanterie doit marcher pour les soutenir, en cas que les apprentis fassent résistance , ce qu'on ne croit pas : il paraît clairement que cela est suscité. Sa Majesté Britannique paraît résolue de tout hasarder plutôt que de souffrir une telle insolence.
Je suis , avec le profond respect , etc.
{Affaires étrangères. Angleterre.)
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M. BARJLLON AU ROI.