CHAPITRE VIII
Qrgaeil de F Angleterre. *- Neutralité armée. — La Hollande se rénnit à la France. — Impuissance de la marine hollandaise. — Le comte de Grasse. — Hood.» Combat naval.
L'Angleterre 9 inquiète des commencemens de la guerre, et de la disposition des puissances maritimes du nord de l'Europe , voulut entraîner la Hollande dans sa querelle, en lui demandant les secours stipulés par les traités. Les étals-généraux répondirent que ces traités étaient purement défensifs et nullement offensifs, et qu'en raison de l'état de leurs affiiires, ils comptaient garder une exacte neutralité. Les Anglais, irrités d'une réponse qu'ils n'avaient pas coutume d'en-
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tendre, ordonnèrent la saisie des navires hollandais, particulièrement de ceux qui étaient chargés pour la France. La Hollande prolesta contre cette violation du droit des gens; elle invoqua le (raîtéde commereede 1674, passé entre les deux États, par lequel il était convenu que, dans le cas où Tun d'entre eux aurait une guerre maritime à soutenir, l'autre pourrait librement porter à la puissance ennemie toute espèce de munitions navales, bois, chanvre, mâts, tous objets désignés par leur nom dans le traité, qui n'excluait que les munitions de guerre, telles que poudre, salpêtre, canons, etc. L'Angleterre, qui avait profité de l'avantage du traité pendant la guerre de la Hollande et delà France, s'obstina à ne pas permettre aux Hollandais d'en profiter à leur tour, alors qu'elle se trouvait engagée dans une guerre contre les Français. En ^ain les états^géhératit invoquèrent-ils la réciprocité, en vain se réorièrent-iiscoairela mauvaise foi d*«uM aemblableconduite» lAnglatedre fut sourde à toute représentation, et l0iir déclara que le traité de iÇ74 devait être consijdéré comme non avdnu. . Ces injonctions despotiques, en présence d'une guerre formidable, s'expliquent par les dispositions que le cabifielt de Saint-James prétait au statho^d6r. Les état^-rg^éraux 9 gur la demande des principale»
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vMles de commeree, résolurent d'assurer la liberté de leur navigation et le respect dû au pavillon hollandais. Le stathoudeT; amiral*général de la flotte, fut convié h prendre les mesures nécessaires pour résister à de pareilles exigences. Guillaume Y sembla vouloir obéir, mais il mit dans Téquipement des escadres tant d'hésitation et de mauvaise volonté ^ et les vaisseaux qjion arma se trouvèreat en si mauvais état^ que le commerce des États eut tout le temp? de faire des pertes énormee^ et, lorsqu'enfîn les convois sortirent des ports^ les Anglaifcy instruits par leurs partisans, se trouvèrent à point nommé pour s'emparer des convoyés et des convoyans. D'autres entreprises ne réussirent pas mieux ^ et la marine hollandaise paraifisait vouée ^ par une haute influence , à devoir la proie des Anglais. I&lgré l'extrénke prudence du stathoader, son intelligence crimi- M^ie avec la cour de Londres fut bientét découverte et excita ) dans la nation entière^ un mouvement de -juite indignation. Amsterdam se fit remarquer par son énergie^ et on ne peut prévoir jusqu'Où les choses Aun^nt été si un événaoïait inattendu n'était venu suspendre la queifeUe qui s'engageait et rendre aux Hollandais quelques espérances du rétablissement de leur cdtPitteree.
L'Angleterre ne s'était pas contentée de prohiber les marchandises hollandaises, celles des autres nations avaient également souffert plusieurs confiscations. Des navires suédois entre autres, chargés pour la France, furent arrêtés et conduits à Portsmoulh ; la Suède ne put supporter plus long-temps l'offense faite à son pavillon et au droit européen ; elle arma aussitôt une escadre, et faisant savoir à la cour de Saint-Pétersbourg les motifs de son armement , elle proposait une union pour faire respecter les droits des neutres.
La cour de Russie , offensée elle-même de quelques confiscations dont son commerce avait été la victime, accueillit favorablement la proposition. Le Danemark , invité à faire partie de ce nouveau pacte, s'empressa d'y adhérer. Le 28 mars 1780, les trois puissances du Nord signèrent un traité connu sous le nom de Neutralité armée. C'était un événement extraordinaire en politiqM. L'histoire nous montre des princes se liguant ensemble pour conquérir des provinces , ou pour mettre un frein à l'ambition d'un conquérant; mais un pareil ordre de choses ne s'était pas encore présenté, et il fallait que le despoliàme britannique fût devenu bien lourd et bien odieux pour qu'on vit trois nations s'armer de concert, dans le but de protéger leur commerce tout en gardant
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une stricte neutralité. Rien n'était plus utile à la Hollande, dans la circonstance critique où elle se trouvait , que de s'unir aux nations maritimes du Nord qui venaient d'en faire la proposition aux Etals. Guillaume Y, en dépit de ses répugnances, accéda à la neutralité armée. Il était naturel de penser que cette nouvelle situation offrirait à la Hollande une garantie inespérée contre l'ambition jalouse de la Grande-Bretagne; mais le ministère anglais raisonna différemment. Comptant sur la trahison du stathouder, et par suite sur l'impuissance de la marine hollandaise, et ne voulant pas à tout prix que les négocians de cette nation eussent le monopole de l'important commerce de la Baltique ; en même temps désireux de ne pas blesser les nations confédérées, le cabinet de Saint- James ne vit d'autre parti à prendre que celui d'une guerre ouverte avec la Hollande. Aussitôt, sans déclaration de guerre, et par une perfidie, dont Fox releva toute la honte, l'Angleterre surprit les vaisseaux hollandais et enleva aux Indes-Occidentales les îles de Saba^ Saint-Martin et Saint-Eustache. Cent soixante navires richement chargés , un trésor immense trouvé à Saint-Eustache , furent le prix de cet acte de piraterie. Les Hollandais s'empressèrent d'armer, mais le stathouder avertit la
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cour de Saint-James, retiat l'encadre dans les ports ot fit échouer le plan des alliés. La HoUande, dans Tîmpossibilité de se défendre^ sollicita Tappui de la France.
Les résultats de la guerre ne répondaient pa9 aux moyens mis en œfuvre par les alliés» et ne donnaiept encore aucune indemnité pour les énormes dépenses qu'ils occasionnaient. Neoker , ministre des financef, avait besoin de la victoire pour raffermir la confianoe des capitalistes. Il attribuait a« caractère iodéçû dju ministre de la marine Sartine, le peu de videur de bos opérations. Les officiers de marine contribuaiffet à accréditer l'opinion de Necker^ en se plaignant d avoir été souvent arrêtés dans leurs succès par des instructions timides et ambiguSs. On accordait à M. de Sartine le talent de l'organisation et le mérite d'avoir créé de puissantes flottes ; mais on contestait ses coosais"sances dans lart de les diriger. En voulant trop ménager le matériel, il avait fait manquer des vicUMres décisives. Le prince de Montbarey, ministre de la guerre» n'était pas non plus épargné. Les troupes français^ avaient fait peu de progrès dans Tinstruetion militaire; elles allaient avoir de grandes expéditions à entrepr-endre en Amérique et en Euro|>e^ et M. de Montbare^ ne
paraissait pas propre à leur donner une impulsion énergique. Necker résolut d'éloigner ces deux ministres. La cour et Topinion vinrent à son aide. MM. de Castries et de Ségur, deux hommes recemmandabl^ par leur courage et leur loyauté, furent nommés, le premier ministre de la marine, le second ministre de k guerre. Sous leur direction, les hostilités prirent xta développement extraordinaire. En Amérique, les troupes françaises et américaines n'avaient pu encore entreprendre d'expédition importante. Cette inaction était due à l'insuffisance des forces navales de la France, et à la supériorité de celles d'Angleterre qui, maîtresses de la mer, gênaient les communications et arrêtaient les plans des alliés. La Géorgie, la presque totalité de la Caroline du Sud, Tétat de New-York étaient occupés par les Anglais qui menaçaient la Virginie.
Aux Antilles, les malheurs survenus aux escadres françaises et espagnoles, le départ pourl'Ëurope de l'armée du comte de Guidien, laissaient la mer libre aux ennemis, qui en profitaient pour dévaster et ruiner les colonies hollafndaises. En Europe, les alliés déployaient de grandes forces, mais sans résultat sérieux. Tel était l'état des choses quand le nouveau ministère prit en main la direction des affaires.
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Les projets d'opérations navales pour Tannée 1781 étaient formidables. Le siècle de Louis XIY n'en avait pas vu de plus grands. Le ministère français excitait la Hollande à tirer" une vengeance éclatante des humiliations et des pertes^ (fae l'Angleterre venait de lui faire essuyer ; il pressait l'Espagne d*user, avec plus d'intelligence, de ses forces maritimes. Déjà une armée nom-' breuse menaçait la Floride : quelques corps détachés de ces troupes, s'unissant au vaste armement que Ton destinait pour les Antilles, assuraient la conquête des lies anglaises, celle surtout de la Jamaïque, promise à l'Espagne comme garantie de son alliance. Après ce premier succès, et avant que la saison ne fût trop avancée, la flotte se portait sur les côtes d'Amérique, pour opérer de concert avec le comte de Rochambeau et Washington. Une escadre détachée de la grande armée se dirigeait sur l'Inde, mettait à couvert le cap de Bonne-Espérance et ralliait la division du comte Dorves^ trop faible pour résister à la flotte britannique. Pour complaire à l'Espagne, et en même temps chasser les Anglais de la Méditerranée, la conquête de Gibraltar et de Minorque fut résolue. Enfin, pour porter au comble la terreur de l'Angleterre, la grande armée navale de France et d'Espagne devait encore une fois se porter sur les côtes britanniqu^.On avait
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Ueu d'espérer que les tempêtes et les maladies épargneraient cette fois les alliés. Les camps de Normandie et de Picardie étaient prêts; au premier bruit d'une victoire navale, plus de quarante mille hommes s'embarquaient. L'union des deux couronnes rendait réalisables les projets les plus gigantesques et permettait de faire plus encore. II s'agissait d'attaquer sérieusement Tlnde anglaise. Les Anglais, depuis le traité de 1763 , s'étaient emparés du Bengale, avaient pour tributaires six rahjats, et tenaient dans une sorte de dépendance le grand MogoK Âider-Aly, homme de génie, usurpateur de Maïssour, fondateur d'un empire dans l'Indostan, combattait souvent avec avantage toutes les forces britanniques de l'Inde. En 1769, il avait obligé la compagnie anglaise à faire une paix humiliante. L'Inde entière avait une hor-^ reur profonde pour ces marchands de Londres, dont les exactions, Tégoisme et la barbarie changeaient le pays en désert et détruisaient des millions d'hommes. A l'époque dont nous parlons, une ligue s'était formée entre Aider, les Mahrattes et le souverain du Décan. Elle n'attendait plus que le concours de la France pour éclater ; mais l'inspiration des grandes choses manquait au cabinet de Versailles; on promit des secours et on ne tint pas parole. Les Anglais en profitèrent ; ils prirent Pondîchéry, firent
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d'autres conquêtes et portèrent partout de nombreux renforts. Les Hahratteset le Décan restèrent immobiles ; Aider ^ après de beaux faits d'armes, fût vaincu. Les Anglais tournèrent leurs efforts contre HizapotrNan et Trinquemalé, appartenant aux Hollandais. Ce fut alors que le nouveau ministère conçut le dessein d'envoyer ufte escadre et des troiq^es dans l'Inde. Vingt vaisseaux et dix mille bommes aux ordres d'un dhtef comme Suf- Créa, ayant pour auxiliaire Aider-Aly^ renversaient de fond en comble la puissance anglaise dans ces contrées; on envoya une faiUe division qui se couvrit de gloire^ mais qui ne pul changer la face des choses.
' Les Anglais, attentifs à tous ces armemens, redoublèrent d'activité. Une escadre et plusieurs régimens partirrat pour l'Amérique. Les dernières victoires des troupes^ britanniques sur les insurgés leur disaient pen^ SM* qu'avec ces puissans secours ils neutraliseraient l'effet produit par la jonction des Français et des Américains, et même qu'ils pourraient obtenir de nouveaux avantages. Partout, en Angleterre, on annonçait hautement la fin de la guprre. Les préparatifs, de part et d'autre, étaient immenses ; l'Europe s'attendait aux plus grandte événemens.
Les Anglais mirent les premiers en mer une flotte oon^
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ddérable. EUe partil le 13 mars de Portsmouth^ escortaaf un immense convoi de viTres, de munitions de guerre et de troupes. Au large et en dehors des croisières francoespagnoles; cette flotte se fractionna en deux parties : la première^ sous le commandement du général en chef comte d'Arby, et forte de vingt-huit vaisseaux, cingla sur Gibraltar pour en faire le ravitaillement ; la seconde, aux ordres du commodore Johnstone , et composée de cinq vaisseaux, quelques frégates et beaucoup de transports, se dirigea sur le cap, de Bonne-Espérance, dont elle comptait s'emparer. Les alliés n'étaient pas encore l'éunis. Gordova, commandant en chef de Tarmée espagnole, sortit, avec trente vaisseaux, de Cadix, et vint se mettre sur la route présumée de la flotte anglaise. On 9'attendait à une bataille; des ordres secrets firent ren^ trer Cordova dans le port et permirent au comte d'Arby de ravitailler la place.
La cour de Madrid ne compta pas assez sur la bravoure de sa flotte et trop peut-être sur les secours de la ihrance. Cette dernière puissance , qui supposait à Cordova le désir et les moyens de faire tète aux Anglais, et qui d'ailleurs avait à cœur de poursuivre ses desseins dftBS les AnlUlûs, sur le continent américain et aux Indes- Orientales, ne voulut pas diriger uniquement ses prin-
cipales forces sur une place qui n'avait d'utilité réelle que pour l'Espagne. Cette conduite , conforme à une saine politique, fut mal interprétée, en Espagne et ranima la mésintelligence entre les deux peuples.
Le 22 maf S; le comte de Grasse, nommé au commandement de la flotte de Brest, partit pour les Antilles. La division du bailli de Suffren , consistant en cinq vaisseaux, trois frégates et un corps de troupes, marchait de conserve avec lui. Arrivé en vue de Madère, le bailli de. Suffren (1) se détacha du gros de l'armée pour prendre la route du cap de Bonne»Espérance. L'armée française parcourut une mer que la flotte britannique avait traversée quelques jours auparavant.
Pendant que le comte de Grasse faisait voile pour les Antilles , Rodney, que nous avons laissé en Amérique* n'avait pas tardé à revenir sur ses pas. Reconnaissant son erreur, il revint à Sainte-Lucie, et, seul alors dans ces mers, il s'empressa d'en profiter. Sachant le peu de troupes françaises renfermées dans l'île Saint-Vincent, il en fit l'attaque avec quatre mille hommes d'élite. Sept cents soldats lui enlevèrent, par leur opiniâtre résis-
(1) Suffren n'était alors qae commandeur ; mais ceci importe peu k Thistoire : je lui donne le titre sous lequel il est universettemeiit connu.
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tance ; Tespoir qu'il avait conçu de s'en rendre maître. Informé y vers cette époque, des différends de l'Angleterre avec la Hollande, il prit, comme nous Tavons dit^ les lies Saint-Eustache, Saint-Martin, appartenant à cette dernière puissance, et commit, avec le général Yaughan, des atrocités et des exactions qui souillèrent le nom anglais. Trente navires, chargés des dépouilles des négocians hollandais, furent expédiés pour TEurope sous Tescorte de quatre vaisseaux. À la hauteur des Sorlingues, le convoi fut rencontré par la division de La Motte-Piquet, qui l'enleva, hormis trois navires ; on estima à plus de dix millions de notre monnaie la valeur de ces prises. ^ Cependant le comte de Grasse venait d'arriver aux Antilles, après trente-six jours de traversée. Rodney, occupé à Saint-Eustache, de la vente des effets capturés, fut promptement averti de l'approche de l'amiral français. Il lui importait d'empêcher la jonction des vingt vaisseaux du comte de Grasse avec l'escadre mouillée à la Martinique ; en conséquence, il envoya les vice-ami- Taux Hood et Drake croiser avec dix- sept vaisseaux, devant l'entrée du Fort-Royal. Quant à lui, appelant à Saint-Eustache la division d'Hyde-Parker, il se tint prêt à tout événement, ou plutêt il oublia les intérêts de sa patrie dans les détails h(Niteux de sa fortune privée.
Ifoodt loarin d'expériencç, ne suivit qu'à regret les iûSr tructîoBs de son amiral ; il pensait qu'avec les veots dp 5u4-est qui régnaient, 1? flotte apgïfjise, eu prpisaujt dfr vaut le Fort-Royal, s'exposait à tomber sous le veut e^ à manquer Tarmée française ; |l^udis qu'en se tenant ^ la pointe des Salines, il parait à cet inconvénient,
Le 28 au soir, le comte de Grasse parut en vue de la Martinique, faisant longer la terre à son eonvoi. Hood se trouvait sous le vent; formait 6on ordre de bataille, il força de voiles pour approcher les Français. )Sa ce moment la nuit survint.
Le lendemain au jour, cinq vaisseaux mouillé^ au Fort-Koyal rallièrent la flotte française. Hood ne s'obstina pas inoins à vouloir se mettre entre elle et le port; un vaisseau de soixante^- quatorze, qui le joignit, et l'erreur où il était qu'une partie de nos vaisseau?^ étaient armés en flûte, augmentaient 3on désir d'engager le combat. Le comte de Grasse, confiant dans sa force , tout occupé de son convoi y semblait peu souciçux des manœuvres de son adversaire. Cependant quand les Anglais se furent asaet approchés des Fr^*çM^y ceux-ci ouvrirent leur feu en laissant p^jrtior fur )ç corps de bataille atmemi, Hood, revenu de 90a ecrevc* .arriva grand largue H se timt en bon o«dre ^ distance
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(las Français ; il le pouvait facilement. Ses vaisseaux, doublés en cuivre ^ étaient d'uue marche supérieure aux nôtres^ et la lenteur des manoeuvres de Tarrièrej^rde française ne put que lui assurer cet avanU^ge. On se canoqn^ sous l'allure vent largue pendant plusieurs heures ; le^ ennemis essuyèrent des dommages considé râbles; quatre de leurs vaisseaux^ le Russelj le Torbayy le Centaure et l'Intrépide durent désemparés ; les dçux derniers coururent risque de couler. Le comte de Grasse Jçs poursuivit deux jours et revint ^ la Martini<;(ue. Hpo4 ^agna le n^ouUlî^gp d'Amigoa (1).
(1) Quelques historiens anglais, aTenglés par un npt^ dé nationalité jftbaur^e, se $oU afUorjsés du rapport mensonger de Tamiral Hqodponr déverser sur le comte de Grasse et la marine française le blâme le plus injuste. Le dernier paragraphe de la relation officielle de Rood suffira pour oontaincre de hi fansaelé de ses prétentioi» : cAmidid^mi^ « nutes, dit-il, le vent étant venu bon frais au sud-est, je Qs le si- 9 gnal de chasse générale au vent , ayant dessein de gagner le vent à » Tennemi. J'y aurais certainement réussi si la brise avait coMinpé ; mais ]> le vent topd^a à quatre heures, ce qui m*Ota la faculté de pouvoir oi^ » tenir le dessus du vent de Tennemi. C'est pourquoi je fis signal de » mettre en ordre de bataille, ayant eu avis que Y Intrépide et le Cen- » taure avaient reçu Tun et Tautre tant de boulets à fleur d'eau et fai- » saient une lelle quantité d'eau, qu'on avait peine à les empêcher de cou- » 1er, outre que les bas-mâts de cç dernier étaient criblés de boulets. 9 Je pensai qu'il était imprudent de ra'aventurer plus long-temps à vou- » loir défier rei^nemi au combat; c'est pourquoi , jugeant qu'il éuit de
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Le séjour du comte de Grasse au Fort-Royal ne fut pas de longue durée. Décidé à profiter de la belle saison, il concerta, avec le marquis de Bouille, la prise de Tabagô. En même temps, pour détourner Tattention de Tennemi mouillé à Sainl-Chrislophe et à Ântigoa, le comte de Grasse débarqua le 8 mai au gros Ilet ( Sainte- Lucie )y le marquis de Bouille, avec douze cents hommes. A Tespoir de surprendre le quarante-sixième régiment anglais qui y tenait garnison, se joignait le dessein de faire de ce poste un point inexpugnable, qui eût bravé tous les efforts de Tennemi et Teût privé d*un mouillage excellent d*où il surveillait les mouvemens des Français à la Martinique.
Malheureusement comme le temps matériel manquait pour élever d'imposantes fortifications, M. de Bouille se réembarqua, emmenant une centaine de prisonniers. Le comte de Grasse, qui, pendant cette descente, aidait expédié pour rtle de Tabago M. d'Albert de Rions et M. de Blanchelande, l'un commandant une division de vais-
y> mon devoir le plus indispensable d'arriver, j'en fls le signal à huit B heures. )>
Ceci s'accorde peu avec Passerlion de cei amiral , qui prétend que notre escadre ne sut jamais se résoudre à attaquer; c'est une forfanterie anglaise entre mUle que les faits démentent complètement.
seaux, Taotre les troupes destinées à la descente, revint mouiller le 15 mai à la Martinique. Mais le 25, informé que Tescadre anglaise se rendait à la Barbade, il appareilla de nouveau et se dirigea sur Tabago.,,,
Rodney à la Barbade apprit les dangers que courait cette lie importante. En volant, avec toutes ses forces, au secoure de la garnison, Ttle était délivrée. Il se contenta d'y envoyer six cents hommes et six vaisseai^x sousi les ordres de Drake» Celui-ci reconnut Tabago en même temps que les Français; mais effrayé de leur supériorité» il se replia sur la Barbade. Un détachement de la flotte française le poursuivit sans Tatteindre.
M. de Blanchelande avait effectué la descente le 24. Deux batteries» qui y avaient mis opposition, furent détruites en peu de temps par les vaisseaux le Pluton, CExperiment et la frégate l'Alerte. Ensuite le détachement français marcha sur la petite ville de Scarborough dont il s'empara. Il attendit, dans ce poste, l'arrivée du comte de Grasse et du marquis de Bouille; celui-ci fit son débarquement à Gourlande le 31 mai au soir avec trois mille soldats. S étant réuni au premier détachement, il se rendit maître successi veulent des diverses hauteurs qui dominent le morne Gonoord, hw \n^\m prirent le pirll di II rétoglsr dam lu montognai IniooMiiblu dtt
centre de Ttle. Pour les détourner de ce projet, qfui pouvait ajourner indéfiniment la reddition de TUe, le mar- ()uis de Bouille somma le gouverneur de se constituer prisonnier, sous peine de voir les habitations livrées air pillage. Ces menaces, suivies d'un commencement d'eîécution, épouvantèrent les habitans; à leur tour» ils sommèrent le gouverneur de renoncer à tout projet d'uâé résistance impossible, puisque Rodhey les abandonnait. Le gouverneur rendit Tlle le 2 juin ItSl.