CHAPITRE YIL
Aniféé ffane ini^i^Bfiirte en Amérique. ^ttlÉyette, R66i•^l(eta;
Le marquis àe^etûtjy que nous avons laissé à Ahode- Islande y était arrivé dans le courant de Fétè ^e ittlêy avec 7 vaisseaux, 2 frégates, plusieurs corvettes et briks, et un convoi portant 6^000 hommes de troupes sous les ordres du comte de Bochambeau (1).
(I) SSCiDBS M H. M TIftNAT.
^Neptvue, 74 «- Detloscbeft
Itrai HISTOIRB DE LA MARINE FRANÇAlSi^ f 790.
Le marquis de Lafayette avait précédé cet envoi de quelques jours, et son retour en Amérique s'elfectua au moment le plus solennel de la guerre. Charleslown et la Caroline avaient sufeédmbi^Vu^»'lo courage des insurgés se raffermissait de jour en jour. Plusieurs causes amenèrent cet heureux résultat : les cruautés des soldats anglais qui, en exaspérant les populations, donnaient du cœur aux plus timides et jetaient les incertains dans les bras de Finsurreclion ; Téparpillement des forces britanniques, et surtout la présence des Français 4ont l'arrivée ««âta un yéritaUe déUre. Lorsqu'on efel la nbuVelle ë'enréjpiahdit en Amérique^ la (oie Ait ^ nérale, on oublia les maux que Ton avait soufferts pour ne songer qu'au présent et à un avenir qui paraissait désormais assuré.
Lei|*rao^ devinrefit ^Q^et de Ta^ction etdç Yefù" piefispment 4? tout m peupla. Ciiacun voulut fftter des
DelaGrandÂère.
Le Gardeur de Tilly.
DehiGlkhetterSe/ De Lombard.
De Marigny.
Vandoré.
BttVJ^Vi^mfCillaii.:
De la Piroyie.
Le Conquérant.
L'ETeillé!
LeJason.
• ei
La Provence.
L'Aident
Le Fantasque, Mte.
La Surreillanle:'
L'Aétrée. ' '
alliés ii géménmt. L'assemblée générale 46 Rhôde-Is* labd eav^ uhe députation compUiâeiIttr le oéoite de fiochambeaa. Il répeodit que les oéBciers et )es soldats de son anaée considéraient déjà les Américains comme leurs Irères^ et qu'ils étaient {urèts à sacriSer leur tie pour le toiomphe de la liberté américaine; il temiBa, ^joutant que le corps qu'il commandait n'était que l'avant^l^arde de l'armée que la Fiance comptait mwjeak leur déCsnse. Le général WadûngtoB^ pqur mieux cimenter TuftifA dea deux natioin^ fit ajouter à la coupleur Qewe de ses drapeaux » qui est celle de FAmé*rifue^ le blanc, couleur disitiftetive de la France.
Ccfiendaiit Washington n'oubliait pas/au milieu de cet wtbousiaime populaire, les devoir» de si duu^e*' Atteotil h tous les MMivemoH du traître Àmeld, qui désolait la Virginie» il conçut le pt oijet de Iç cemw par terre et par mer. La reteaite de lord Goniv|ttia de la Virginie lui en fooilitait les moyena. Arnold, pressé par les milices provMoiales, avait abandonné le plat pàjfaet s'étaÂt retiré à Portsmouth pour y aUetadre lei torf foi^U qu'on lui avait promis de New*York. Le cbevatlier dfi Tilly, commandant le vaisseau PikfeiUé el deèx fr^ g^t^s, %'4tait porté, sur les instances des États de Virginie, devant la Gh^sapeacke pour n^ratraUser ^a desaeiiis
d'AnM)M et protéger le côtaimerce amégicain que l'en- Bémi iAtoroepUU. Dana celte ei^i^ieny le obe^valier de Tilly s'empara du vaisseau anglais k BmUulus^ et de dix tjraD8fH>rts.
Cependant^ poar remp^r les vneci de Washington^ le ckcnraliet Bestondies^ oommandant les ierees navales de. France (1) en Amérique, embarqua, à son bovd qmnze oents hemmes et se tint pr6t à partir 4e Rhodè4sland' pour.la Cliesq>eacke« Ce chef d'eeoadre, combinant ses mouvemena avee, le marqiiÎB de- Lafoyettey «pn s'ëtait di*^ rigé vers la rivière de Japies et d'Elisabeth, dei^ jeter' au cap Henry, ses troupes de débarquement et empêcher» avise soh escadre , les communications dés Anglais avec le général Iranrfuge.*— Ce dernier, attaqué de front par Lafoyette, en flanc par le détachement français; n'ayant aucune issue par mer, était contraint de se rendre.
'L'acooinplissemént de ce plan exigeait dû bonheur et uneigraiftdQ activité, car U fallMt tromper ou devancer rescadi>e anglaise iMwillée à Garduer, tout proche de RfaiMie4sland* Le 9 jnafs, dans la matinée/ l'escadre fnmçaise appareilla avec des vents dé nord-ouest et ga|^ leilarge, mais les vents devinrent le lendemain c6ntra(iFe8 et lui flrent perdre tine journée. La nuit
^t) Le mmtÀs de Imiuj élail mort k» 15 décembre 1780.
SOTDOUB M LA WMm/mMçjjm. 1781. 109
di^ 11 au 12^ une hraipe épaisse dispersa ^'âsosMire^ 1^ chevalier I^touches étant parvenu à la rallier, continua sa route ; un fort vent de nord-ouest l'obligea à tenir la qtpe^'enfin, le 1^» il découvrit la baie de laChesapeaeke et se prépara àj Caire son entrée le 16.
Cependant le vice-amiral Arbutbnot, prévenu le 10 de la sortie des Fr^çais > appareillait préeipitamm^nt. Convaincu que de Mn activité et de ton wHm dépendait le soirt dl^qciofdy i&t par suite celnide la Virginie, Arbulhnot faisait toute la diligence possible. Outre Tavantdge d'avoir des vaisseaux doublés en cuivre y ce qui leur dcmnait une marche supérieure à celle des vaisseaux français y il avait encore celui de la positiovi. Moins contrarié par le temps y Ârbuthnot avait pu suivre la côte , en sorte que le vent de nocdouest, qui vient de terre , lui fut plus favorable qu'au chevalier Destouches. Ces différentes causes lui permirent de devancer les Français, et, quand les deux escadres se découvrirent, elles se trouvèrent Tuqe par lautre, nord et sud, celle d'Angleterre à quinze lieues au large du c^p Hettry (1). Le temps était brumeux, et,
(1) B8CADU FMAlfÇAISI.
Tiéi.VeMés.
3i 41 Le Conquérant. 74 can. De La Grandière.
S 1 Le Jason, 94 — De La docbeuerie.
pav momrat, c'était à peine di à bord de cbaqne division MF pouvait distinguer ses propres vaisseaux d'un Bout dé la ligne à raiilVe. Les vents se ressentaient de Tincertitude du temps/ils variaient continiïellementy tantôt ouest, tantôt nord^uesl et qudquéftm nord^qtiart-tiordotiest^ il ra résulta que les'déuK escadres durent alternativemept m vent Tune de l'autre: Vers huit heures du mtiny la brise se décida au nord-quart^nord-^ueët et kl temps i'écldirdt. Le chevalier Dêstouches eut déci-^
SK L'Ardent. 64 —, Le chevalier de Marigny.
s UDacdeBo.rgogmj.89- tjj««h. DW«5«h**«.-W.
(De Grancbain, major.
f Le Neptime. 74 — Lé cbcv. de Médfne.
1 Le Romulus. 44 -*^ IHe U ViVébruwM.
3 L*Eveillé. 64 — De XUly.
7 La Provence. 64 — De Lombard.
Tnéi. Ble«é0.
BSCàDRI ÀlfGLAISB.
Le Robusu 74 — Cosby.
L'Eoropa. 64 — Gbild.
Le^iffd^i. 64 -**^ Beinei.
Le RnaH)lik. 74 - I Arboibnol, vice^amiral ^ ' rSwmey, capil. de pavil.
Le London. 18 — Thomas Graves.
L'Adamant. 50 — Johnstone.
Le Redfort. 74 — Edmond Âi^eck.
L'Amène^. 64 — > Samuid Too^mii.
d^nX Tavantage 4u veptt» ^i jqgeanf qn'wi oottbat était imminent; il s'y prépara^ Qt 4( fiornoer i9a ligae 4« bataille. An re$te> iiopaliept dlen venir aux nifûas ayec Tennapii^ il voulqt d'abord reip|ilir Tobjet de sa nisH sien. X'éloignement de rennemi de la c^te de Virginia semblait assurer son cl^sein; laissant vire^ 9011 cssoadr^ vent devant pfir la contre*marc)^e; il prit la bord^ d^ terre* Àrbuthnot prit aussitôt ]B^ marnes amures* -
Arrivé près des brisans de la côte de Virginie^ Ij^ cS^efvalier Destouches prit la bordée du (arge par m vire^. ment ventdevantpar la contre-marche. L'escadreangjbiiiie continua sa bordée et vira à son tour. L'ennefni. gagns^it ^ vue d'œil le vent aux Français, fnaii Ventrée de la Che-^ sapeake était à peu de distance; encore mi bord, eU ei^ doublant la pointe , il opérait le débarque^p^ent de ses troupes et se donnait la facilité de combattre ou de gagner un abri sûr. Le chevalier Deatouchçs, ing[>o^(fm^ par les prières de ses officiers, qui le pressaient d'attaquer, ne sut pas leur résister ; il fit virer vent arriére par la contre-marche, en ordonnant au chef de filé de passer sous le vent de la ligne anglaise. (Position 1.) > V^uniral firançaitf s^exeuM, dans sa lettre au ministre, suil^Câ 4^10 dans ravant-dernier virement de bord. Vent devant, la vergue du graqid hunier de l'Éveillé et de
171 HistOtRC M lA ttARIHË niAlfÇÀlSE. ITBl.
t Ardent Uê Minpirent et lai Mèteni t(mt espoir de con« server l'avantage du vent
Quoi qu'il en soit, le dieyalier Destouches, en combattant sous le ténly comptait se serrir plus facilement de la batterie basse de ses vaisseaux , qu'une grosse mer risquait defiiirefermer^ et se mettait en mesure de tirer parti des variations d'un temps à grains (1)«
Ce mouvement ayant mis l'escadre anglaise au vent, Arbuthnot laissa arriver sur les Français qui Tattendaient en bon ordre. (Position 2.) Arbuthnot^pour engager une afbire décisive, avait ordonné à son avant-garde, une fois Faction commencée, d'arriver et de doubler, sous lèvent, Tavant'garde française. Huit vaisseaux abglais, dont un à trois ponts , acquéraient ainsi une supériorité signalée sur l'escadre d* chevalier Destouches, qui, poilr se nlesurer en nombre égal avec l'ennemi, fut contraint de mettre en ligne le faible vaisseau anglais le BotntduSy
(I) Avec de la mer et da veni à grains, la position, sous le Tcnt, est préférable à celle du Tent, dans un combat en ligne. Les vaisseauisous le vent fui la faculté de «e^ervir de leur batterie baa^e, landii que een du veut sont obligés de combattre la batterie, fermée. L'escadre sous le vent peut encore profiter d*une variation de vent pour couper la ligne enoémie, oéomie ecda est arrivé au 12 avril 1782. Cest donc mal i |iropos q/ït les Anglais concluent dei ee^e arrivée, qu^ les Françah eiaaient toujours de se mettre sous le vent. Cette assertion n^est pas plus fondée que beaucoup d*aûtreô qiTiis émettent avec une légèreté (ne^cpsâbler
2 ^Position
CJŒSAA
5 ^ PosjUoh
piSroiRE fis LA WMW nURÇAISE. 1781. 17$
capturé par M. de Tilly« Â deux heures de Taprès? midi, les deux escadres commencèrent une canonnade très vive ; peu après^ on vit Tavant-garde ennemie gou* verner vent arrière sur le chef de file français. {Position 3.)
Le Conquérant, le Jat&n et t* Ardent ^ imisseMK de lâte 4e la ligne françaiie, exôcutèrettt le mette menve^ ment et se ittâlèrmt anx vaisse^tx .anglâii, qui, travers iés dans Imt desseini eomlmttife&t qvdcple temps vent arrière.
Ces deux mancawreB, exéontées eoiqp rat eoup, dét^ lattcâreftt les plans d'Aifauthoet el le mi&eBt dins «m; grande perplexité. Suivre sén ntant^garde^ e^était tt* ttêttM en position de recef eir det «oléesn^oiAlâie dans le cas préaumaUe oè la ligne ftànçaisetftMKlmltî ferme; c^était riApier des abotdages partiels^ li £ihp> vorahtef à l'impétuosité française* Mus. en luiordoti-: nant de rallier/ ne Texposaitril pas à une perte presque certaine? S'il restait à son post^ c^Hte avuit*: garde était compromise. La fécondité dans les ressour* , ces amène souvent Tincertitude datts Tesprit Âribuiln i not hésitait, encore t lorsque le e^ntre-amiral Graves' vint fixer son attention. Ayant apwçu uti passage entre', le &imh4^ et rjËieUU^ 4)et officici^r gSbéhtl^ ^nM sut
t74 HCSTOiRB M LA MARINS l^tAKÇAttE. 1781 «
le formidable trois^nts, gouverne danâ ce vidé^ la ligne française va être coupée, Témotion est générale. Sou. dain le RomuluSf de quarante-quatre canond, serre le vent et se met en travers du London en lui lâchant sa bordée ; le trois-ponts menace de le couler en Tabordant H. de far Vitte-Braneit est in^ranlable. Graves reettle devint celte périttense extrémité}; il vient au vent et* oommoflfice poa fén- sur- le Romulus. La canonnade j hâbi^ It3ment:dirig4q du .vaisseau fhmçais; cause des avarier importantes au London : sa vergue du petit hunier eil hibéei son gvan^ mât ànça plusiicn booldts i Graves riiqfue dé ûBtcèwei engagé an nâllna dëla.ll^ firafrçaîse^U4»rrel6'Veiltet*g'éleigne. i ■ -
Qd^enAint le chenlier. DestoncUes « qui snrvniUait le dMmviBiénl de» detix tvdnt-gârdeb y s'éfont; apercé (fie celle d'Angleterre feiskit mine de venir su^triborid» vemdt de se [iorter en avant en fsiisant le signai k son avantgatdeide tenir lèvent bâbord amures/et àTarrière^rde de forcer db voiles. Cette manoBuvre^ habilement été-: ctftée^ fit dédier Tescadre finnoise devant les trois vaisseijnx anglais. Leur dief de file, le Robuste^M lef^remiër ^ dés^nparé , il laissa porter/ suivi d'une frégate anglaise^ ^ LePhident et 4*£trf op« j^urent à peine riposter au ftm denotreUgne^ /^eGonfiiéraot^ notre dMaf^flle, écrasé
BtfmHRE DB U MAMRB dUlfÇAISB. 1781. ITI
à son tour^ avait hiasA arrifer sbus le vent de sa ligne. Â l'aspect dct ce mouvement fiorté du CongtiA-anf, lé chevalier De^tonches fit le signal de virer, vent arrière par la contre^narche^ et d6 retomer Toidre dé eomtat ba^rd:amur:esy aans avoir égurd atfx postes ordinaires des vaisseaux* Ai un instajat Tescadre française Idt établie en.btn ordre Mr Tantre l)anl..Par oppositÎDn^ Tarméée aft^laiseiâe trouvaijt daàs Tétat lé plus déj^rable : le désordre et. la confàsion régnalent'dans éa* ligne, et soii avadt-^rde était toiqovrs expoiée )( 6it4 eollôvée oU détruite. Ii8 dievaliér Destrâiches eqt alorsle dessein de faire revir^r s^a cBcadre pouif profitel* du trouble des Anglais, dont les vaisseaux réunis en. pe» loton se ekeirauchaient lea ntts tlte autijes et (mraidsaiéht très maltraités.. Mais les signauï du Confèérmu ei ée- VArdentf qui marquaient Fétnl dedét^esseOù: ils étaient, le détournèrent de cettie^^r^se inq^tion qui pro** baJtdement Teùt couvert de gloire* Il continua à courir sçus ses huniers, en se tenant prêt à.reo^r \& Aat glais s'ils osaient recommencer le combats Ài^uthnot ne parut nullement désireux de rengager lla^ctiM; Vk^ contraire, tout entier à sas projets.de déUviar AnMl4i(il tint le vent M vintmodiUor le t7^ à Lyu-Havon^ m dedans da la QieK^peaokfiu
17i nSTMRB M LA UAXSm fRAKÇÂISE. 1781.
Le dpevalibr Destouebes assembla ie lendemain tons las capitaines à son bord ponr délibérer sur le parti à prendre; il fut résolu que les ?aisseaux n'étaient pas en aaseelîdn état ponr tenir la mer; en oonséqnencey H fit voile ponr Bbode-tsland. Ceftte résolution y trop légèrement prise, fit perdre à Tescadi^e française tous les aYantages du <;6mbat et causa la délitrance d^Àrnold .
Au reste, celle affaire fit le plus grand hondewà Tkabil#té et à la bravoure des Français. Mal^ésa supériorités Arbutfinot manosuvra en vaincu, et la nation anglaise le com^prit si bien, qu'à son arrivée iNew^York il fut insulté par le peuple et rappelé bientôt après par sa cour. " ' ' ..-••.,.
La défiladede Tescadre française sur la tête de Tar^ mée britannique fut bien conçue, mais Destouches s'arrétaau milieu (k son triomphe. Les signaux de détresse du CoH^uérant et de P Ardent n'étaient pas une rai* son suffisante pour rempécber de ttymber sur des ennemis incapables de se défendre. 11 était privé de deux vaisseaux, mais Tennemi en avait trois de désemparés ; U Lêndimy lui-même, se trouvait dans le plus déplorable état} enfin sa position, sous le vent, lui donnait un afwntage de plus sur Tennemi. Dans de telles circonstances, ce sont moins ses propres avaries que celles de
HISTOIIIE DE LA MARUTE FRANÇAISE. 1781. 177
son adversaire, qu*ua chef doit avoir devant les yeux en continuant ou en recommençant le combat. Deux ou trois vaisseaux, vers la fin d'un engagement, peuvent rétablir le combat et reconquérir la journée. S'il est admis en principe que ce n'est qu'en poussant vigoureusement un premier succès, quelque peu important qu'il puisse être, qu'on en obtiendra de plus grands, ce n'est de même que par l'énergie la plus soutenue qu'on arrêtera l'ennemi dans un premier avantage et qu'on lui arrachera la victoire (1).
Dans ce combat^ M. de Yille-Brunes donna un bel exemple à suivre à tout officier jaloux de la gloire dé nos armes.
Le renfort amené par Arbuthnot permit à Arnold de reprendre Tofifensive. Ses troupes , encore irritées des dangers qu'elles avaient courus , portèrent la dévasta-
(I) En thèse générale, tes signaux d'avaries on de détresse, pendant le combat, devraient être aussi rares que possible ; ils peuvent décourager rarmée et faciliter la ùdblesse de quelques capitaines sons rinflaence de la fatigue d'un combat long et sanglant. On ne peut nier que bon nombre de ces signaux , justifiables ou non , ont paralysé , en maintes circonstances, les Inspirations les plus énergiques des chef^. N*oublions pas que les premiers succès sont les plus difficiles à obtenir, et que presque toujours les derniers avantages sont le prix de peu d'efforts. La valeur opinifttre, dans les circonstances ordinaires, est assurée de vaincre.
178 HISTOIRE DE LA HlRIIfE FlUI^AlSE. iY81.
tion sous leurs pas ; Westower, Osborn's, Manchester et Warwidk furent livrés au pillage- Ces excès, que la haine la plus légitime ne peut faire excuser, rendirent aux Virginiens le joug de leurs oppresseurs phis odieux, et les disposèrent aux efforts les plus généreux.
Lord Côrnwalis avait effectué sa réunion arec Arnold dans le Village de Pétersbourg. Il semblait que l'intérêt de TÂngleterre demandait la simultanéité' des opérations des deux généraux; mais soit répugnance pour le caractère du général transfuge, soit la crainte de quelques surprises sur les villes riveraines, lord Côrnwalis, d'ailleurs en forces très supérieures au marquis de Lafayette, détacha de son armée ArnoldJ et l'envoya renforcer la garnison de New-York. Avec sept mille hommes d'élite, le généralissime anglais poursuivit le cours de ses succès. Maîtres de Portsmouth , à Tembouchure de la rivière Elisabeth , gardant les issues de toutes les rivières navigables, les Anglais partaient de ce poste avec de fortes chaloupes armées pour intercepter, détruire le commerce ennemi, et pour fournir à l'armée d$ lord Côrnwalis des provisions en abondance. Lafayette, dsins l'impossibilité de s'emparer de ces points importans, s'était retiré dans la partie nord de la rivière Ja-
mes, pour assurer les communications des troupes américaines avec Philadelphie. Lord Cornwalis l'y suivît. Pendant ce temps Washington manœuvrait pour s'approcher de New-York , et les généraux américains Wayne et Green se portaient sur la rive méridionale de la rivière James ; tout annonçait un prompt dénoûment.