Walsingiiam
Le Vigilant.
64canona.King8-Mill.
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aux vaisseaux de tenir tow p«lè. i xu î ,,. = j etoÈjfiipcin^iNlteiftjpliu, ^e«»te4ramlti«r»rfl£«iuh*
Le Sandwîck.
Le Vaillant.
LeViclory. . 100 — [^mfi\n^^r;û,, ^ ,
l Campb^lj^ ppitain^ de fSÇfil^o^ Le Foudroyant 80 — Jervis. — . ' . ' .. ,
Le Prince-Georges, 90 -^'^^Mhtt^UbdMf.f*''
Le Bienfaisant. 64 — Nte^JBifîéCb i
Le Courageux. 7i rwr .)fcfJ«i.¥flteir^n.. .a.
La Vengeance. 74 — GlemeMi^ > „ ;*
LeWorcesler. 64 — Robinson./
L'Elisabeth.^ ^ ^ t+ — ^. JMaUIand. \'
LaDéûance. 64 — Goodall.
LeRobust. 74 — Alexandre ftood.
Le Formidable. 90 —. , iP^Ï»s«r, cqntre-^miril. .
1 Bazely, capiuine de pavillon.
L'Océan. 90 — LaPorey. "
L'América. 64 — Lord Longford.
Le Terrible. 74 — Bickerton.
L'Egmont. 74 — AHcn.
LeRamillies. 74 *-
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aux plus habiles manœuTreSy pour se procurer Favantage du vent. Le comte d'Orvilliers sut le conserver^ et le 27^ à quatre heures du matio^ le ventse fixa définitivement à l'ouest avec une belle apparence. Les deux armées étaient à deux lieues de distance Tune de Tautre, courant bâbord amures), lorsqu'à neuf heures, le comte d'Orvilliers, observa que Keppel élevait son arrière «garde au vent. Pour mieux pénétrer ses intentions, et se rapprocher en même temps de la flotte anglaise, il fit revirer lof pour lof par la contremarche. Le signal était à peine exécuté que Tamiral anglais vira vent devant par la contremarche. D'Orvilliers eut la certitude alors que l'ennemi avait pour but d'envelopper son arrière^rde en combattant au même bord. Pour, le prévenir, il fit virer l'armée, tout à la fois, dans Tordre renversé, Tarrière-garde formant Favaiit-garde. Par ce mouvement hardi, habilement exécuté, le comte d'Orvilliers se mit en mesure de rompre le projet de l'ennemi , de porter du secours à la division du duc de Chartres, alors tête de colonne, et de prendre, sur Keppel, l'avantage que celui-ci avait voulu prendre sur lui. L'armée française gouverna dans cet ordre à dix quarts largue. Cette façon de combattre» non dans un ordre stationnairê, mais par un mouvement successif, convenait d'autant mieux à
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nnroiRE m la iurinb française. 1778. 33
d'Orvilliers t qu'en raison de l'allure des deux flotte^ et de Funiformilé de la brise qui s'était franchement décidée ouest, il lui était loisible de rendre l'affaire décisive ou de se borner à iun simple engagement. Il résulta de là que, lorsque la tête de l'armée anglaise se présenta pour combattre la division du duc de ChartreSt elle la trouva à l'autre bord en bataille , le reste de la flotte française serré et en bon ordre. Keppel , ne pouvant plus espérer de couper ou de traverser l'armée française y se résigna à la prolonger sous le vent pour la combattre. La canonnade, qui grandissait au fur et à mesure que les deux lignes avançaient, était dans toute sa force à midi. Vers trois heures l'arrière-garde britannique, que les différons mouvemens ordonnés par Keppel avaient séparée de son corps de bataille, ayant été exposa au feu d'une quinzaine de nos vaisseaux, fut désemparée et tomba sous le vent. Ce fut alors que le comte d'Orvilliers fît signal, à IV vant-garde^ d'arriver par un mouvement successif, et à toute l'armée de se former à Tordre de bataille tribord amures.
L'exécution de ce signal faisait tomber une partie de l'arrière-garde anglaise au milieu de l'armée française, et permettait à nos vaisseaux, en continuant le T. uu 3
84 mSTDIRE M tk MARlflB fiUM}JME. ilfl%^
combat sous le vent^ de se servir de leurs batterie basses qu'une grosse mer les forçait souvent à fermer* Cependant quoique ces signaux flottassent au haut des mâts de la Bretagne, l'avant-garde restait immobile daas sa première allure. Que se passait-il donc à bord du vaisseau le St-Esprit? L épaisse fumée, qui couvrait comme un nuage les vaisseaux français et anglais^ dérobait-elle les signaux à la vue du duc de Chartres et de La Motte Piquet, ou était-ce encore un nouvel exemple d'indiscipline? L*opinion, en France^ se piotionça selon ses sympathies et ses haines. Les uns ne virent dans la non-exéeution immédiate du signal qu'un de ces accidens de mer, indépendans des prévisions humaines; et, pour preuve, ils montraient le duc de Chartres quittant son poste avant et pendant le combat, soit pour enflammer la pradeote ardeur de Tamiral, soit pour aller prendre ses ordres (1) ; d'autres, au contraire, taxèrent ce jeune prince de faiblesse et d insubordination. La Motte Piquet, disaient-ils, indigné de cette conduite, trépignait de colère et demandait qu'on achevât la victoire. Tous cependant, officiers et matelots, à
(i) Quelque temps après Tordre d'arriver, le duc de Chartres quitta «on poste pour demander, dit-on, Texplication du signal qu'il n*avait pas bien vu.
Favanl-gîirde , pQ pouvaient $>xp|iquer celle fa^le inacUon- Qu'on ne croie pas que je cherche ici à exciter la surprise ou à donner pâture à la haino : j^ ne fajs que rapporter ce qui se disait alors et ce que des y\^]' lards, eACor^ vivans, savent et répèlent.
A la fin , Tavant-garde française arriva^ ^)ai8 il n'était plus temps de couper la ligne anglaise : la division Palliser , qui avait aperçu le danger que courait celle d'Harlland , avait viré de bord et s'était portée à sa rencontre. Obligé de renoncer à son projet d'entourer une portion de la ligne ennemie y le eomte d'Orvilliers prolongea sous le vent la flotte britannique et se rangea en bataille tribord amures.
Cette manœuvre était un défi porté à Keppel, qui ordonna aussitôt à ses vaisseaux de reformer leur rang tribord amures. Le Forj/iidable y q\ie montai^ Palliçer, n'ayant point répété le signal, beaucoup de vaisseaux l'interprétèrent mal, et au lieu de se ranger en bataille iiviistinctement sans observer d'ordre, ils manœuvrèrent pour prendre poste auprès de leur chef respectif. Pendant ce temps, les Français offraient toujours le combat aux ennemis qui, dans le plus grand désordre, n'osaient l'accepter.
Vers cinq heures du soir,Keppel , voyant que malgré
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les signaux qu'il faisait, ses vaisseaux ne se rangeaient pas en ligne, envoya la frégate le Fox réitérer ses ordres à la voix. Mais ni le Formidable^ ni les autres vaisseaux n'obéirent. Alors , accablé de douleur , ayant une partie de son armée très maltraitée, il s'éloigna d*un champ de bataille que rhabileté de l'amiral français devait, sans de trisles circonstances , rendre à jamais glorieux pour nos armes (1). Les ennemis eux-mêmes convinrent de
(i) Dans ce combat , si le fait de riDdiscipline du commandant de Tavanl-garde, ordre renversé, exisla, il présageait les plus funestes conséquences, démontrait que les mauvaises traditions du règne de Louis XV vivaient encore dans le corps royal de la marine, et méritait une enquête d^autant plus sévère que Ton éiait au commencement de la guerre où les premières opérations ont tant d'influence sur les autres.
Nos ministres manquaient de génie, sans doute ; mais ils ne pouvaient ignorer que la marine la plus brave et la plus expérimentée d'ailleurs, ne saurait résister, à la longue, à une marine qui considère la subordination au chef comme la première vertu vilitaire. Or, c'est ce qui distinguait, alors comme aujourd'hui , la marine royale d'Angleterre.
Chez les officiers anglais, en effet, la discipline, le respect pour l'autorité sont des qualités naturelles; toujours Toflicier le plus ancien ou le premier en grade est le plus honoré, ce qui peut se traduire par celte expression anglaise qu'on ne saurait trop admirer : a Le plus ancien est celui qui a le plus d'esprit, d De telles idées sont la garantie de Tordre, de la soumission, de l'ensemble et de l'harmonie dans les mouvemens, soit pendant les longues et dures croisières, soit pendant le combat.
Chez nous , depuis la mort de Louis XIV, rien de tout cela : un grand courage, quelques chefs qui ont suppléé, à force d'habileté, à ce qui nous manque, mais qui n'ont fait qu'ajourner les désastreuses conséquences
leur défaite : dans le procès intenté à Keppel, il avoua que (c l'état dans lequel se trouvaient ses vaisseaux ^ à
de ce défaut de principes et de Toubli où sont tombées nos meilleures ordonnances maritimes. Que peuvent faire quelques hommes isolés et qai se rencontrent à de longs intervalles, pour faire revivre dans le corps de la marine les vertus qui ne sont plus? Les gouvernemens qui se sont succédé en France, ont été les premiers à les laisser tomber en désuétude. Qu'on le sache bien , c'est plutôt le ministre que le chef d*armée qui peut organiser la victoire à bord des vaisseaux de la marine française. Un amiral gagnera une, deux bataiUes ; mais il ne refera pas la discipline et les autres vertus qui en découlent et qui sont seules capables de nous assurer la victoire.
Outre ces qualités précieuses qui distinguent les marins anglais, il y a, dans Tesprit de leur tactique, pour le jour du combat , une connais* sance pratique des éventualités qui peuvent s'y présenter, étrangère à la nôtre. Sur le service; des officiers généraux de la marine britannique, non commandant en chef, il y est dit : <c Dans un combat chaque officier général , commandant un« division , doit observée très attentivement la conduite des vaisseaux qui Tavoisineut, qu'ils soient ou non de son escadre. Il doit, à la fin du combat, en rendre compte au commandant en chef, pour que chaque officier puisse être loué ou censuré comme sa conduite Faura mérité réellement. Si le même général observe qu'un vaisseau esquive évidemment le combat ou ne fait pas bien son devoir, il doit immédiatement envoyer un officier pour suspendre le capitaine de vaisseau et en prendre le commandement à sa place ; si pourtant le vaisseau n'est pas sous ses ordres, il devra en même temps, si les circonstances le permettent , en donner avis à l'officier général de l'escadre à laqnelle appartient ce vaisseau, afin que celui-ci puisse , s'il le juge convenable, envoyer un de ses officiers pour en prendre le commandement.
De plus, en raison des difficultés, souvent impérieuses, qui peuvent se
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l'égard de leurs mftls, de leurs vergues et de leurs voiles, lie lui laissait pas le chdi^ de te (}U'il était convenable de faire. » El quelque part il ajoutait <c qu'il avait présenté la poupe de ses vaisseaux aux Français , manœuvre qui lui avait donné rapparencé d'une fuite. »
La nouvelle dfe ce combat causa une joie universelle en Frarice. En Angleterre elle produisit l'effet contraire. Les uns se plaignirent de Keppel, les autres de Palliser«
f résetater dans on combat, le ihéme officier général peut prendre sur lui telle roanœUTre qu'il jugera bonne, sauf k en assumer la responsabiliié. » En Angleterre, les amiraux ont la bonne habitude de conserver le signal dé combattre pendant toute la durée de Tafiaire, en sorte que tout vaisseau qui ne combat pas« est; par cela même passible d'une condamnatiotf.
Tous les taouvemens, particuliers et généraux , émanent , chez nous» de ramiralchef de la flotte, et c'est un malheur : la tactique ne donnant . pas assez d'étendue à l'autorité des officiers généraux placés sous ses ordres, il s*ensuit qu'ils sont, à peu de chose près, comme de simples capitaines , et qu'ils n'osent pas « au moment difficile, exécuter telle raaiKeuTre qu'ils jugeraient nécessaire. Dans les combats de mer, où la liberté d'action est souvent une nécessité, un pareil esprit ne peut être t|ue désastreux. On a vu de braves capitaines rester inactifs à leur poste par un sentiment exagéré de ce principe. En Angleterre, chose caractéristique, plusieurs de leurs plus belles victoires ont été dues à de simples capitaines, qui ne craignirent pas de prendre sur eux la responsabilité de leurs actes. Au 12 avril 1782 , le capitaine Douglas fut cause que Rodoey coupa notre ligne ; à Aboukir, le capitaine Foley passa, sans ordre, entre k terre et notre avant-garde, et détermina, par ce mouvement énei|;ique, la desliuctionde notre escadre.
HISTOIRE DE LA HÀIUIfE FRANÇAISE. 1778. 39
tous de la fortune. Après un jugement célèbre, Keppel et Palliser furent acquittés^ le premier au grand contentement du peuple dont il était Tidole, le second à la satisfaction du ministère , dont il était la créature (1). Après le combat d'Ouessant, les deux armées rentrèrent dans leurs ports respectifs pour reprendre la mer le mois suivant. La flotte britannique resta constamment sur la défensive, évitant avec soin le comte d'Orvilliers, qui alla dans la Manche jusqu'en vue des terres d'Angleterre- Après plusieurs jours d'une croisière infructueuse, d'Orvilliers se décida à revenir à Brest, mais auparavant il poussa sa navigation au large du golfe de Gascogne, comptant y rencontrer l'armée anglaise et opérer, en même temps, la sortie ou la rentrée des navires, soit de guerre, soit du commerce, qui allaient ou venaient des Antilles. Les convois destinés pour Bordeaux , Nantes et Brest, gagnèrent heureusement nos ports, mais il ne put joindre la flotte des ennemis ni empêcher la rentrée de leurs convois à Pliniouth et à Bristol.
(1) Dans le procès de Keppel, les capitaines interrogés déclarèrent « qu'ils étaient loin de s'attendre à voir les Français manœuvrer avec autant d'aisance, de fermeté et de talens maritimes qu'ils en avaient montrés. » Voir la défense de sir Hugh Palliser et son interrogatoire, 13 avril 1770.