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94 HISrOIHE m LA MARINIS PRANÇAI|»E. 17-79-
dovaient faire croire à une action opiniâtre et décisive: tous les calculs furent trompés, Byrop força constamment de voiles, et d'Ëstaing, fidèle a ses insl^ructions^ ^a-
PLOTTI PIARÇÀISB.
Àvani-garde.
Ttiés. Bleues.
CiiMiif. jq^piliiiics.
Le Zélé.
Le comte <leRarra8.
Le Fantasque.
Le commandeur de Suffien.
Le Magnifiqoe.
Le chevalier de Rrach.
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Le Tonnant.
rLe €te de Breugnon, command.
(De Bruyères, capit. de.pavîUpn.
Le Protecteur.
De Grasse Limermont.
iO
Le Fier.
De Turpin.
Le Dauphin Royal. 70
De Milhon.
La Provence.
De Champercin;
Corps de bataille.
Le Fendant.
Le marquis de Vaudreuil.
L'Artésien.
De Peynier.
Le Fier Rodrigue. 80
De Montant.
L'Hector.
De Morriès.
/Le comte d'Estaing, général.
iO
Le Languedoc.
De BoulaUivilliers, cap. de piay Xe chevalier de Borda, major.
Le Robuste.
Le comte de Grasse.
Le Vaillant.
Le marquis de Chabert.
Le Sagittaire.
D'Albert de Rions.
Le Guerrier.
De Bougainville.
Arrière-garde,
Le Sphinx.
De Soulanges.
Le Diadème.
Le commandeur de Dampierjr0.
L'Amphion.
JM)
FerronDuQuengo.
HISrOtRE M LA MAKim FfUnÇiOSE. 1779. 96
tislwt de 6a nouvelle .conquéAe, ne proGta pas des belles chances qui se présentèrent pour écraser soii adversaire^ Cependant le combat se soutenait de part et d'autre avec une grande vivacité ; à dix heures, Vaipiral français craignant pour sa flotte^ dont la ligne avait été rompue pai* les courans, ordonna une légère arrivée à Tavant-garde et au corps de bataille, afin de prendre les eaux de son arrière-garde sous*ventée.
L'ennemi crut pouvoir profiter de ce moment 4e trouble inévitable, en arrivant également et en portant ses principaux efforts sur le centre de la ligne française.
L'action devint très animée et fort solennelle ; trois vaisseaux anglais, emportés par leur ardeur^ se rapprochèrent trop des eaux de notre ligne et furent bientôt dé-
Les plus grands efforts se faisaient toujours au corps de bataille des deux armées. L'avant-garde française, pour mieux soutenir nos vaisseaux engagés, diminua de voiles ; Tarrière-garde qui ne sen aperçut pas asse^ tdt^
Le Marseillais.
La Poype-Vertrieux.
Le César.
De Broves, conmundaDl.
De Castellel, capil. de paTillon
Le Vengeur.
Le chevalier de Relz.
LeRéfléebi. .
De CHlart de Suviile.
L'AnnibaL
De La Mothe-Piquet.
fut contrainte de mettre en panne^ il y eut chevauchement parmi les vaisseaux de la queue et du corps de bataille, quelques ]uns tombèrent sous le vent. Le combat se soutenait toujours, quand, vers midi un quart, les trois vaisseaux anglais désemparés, le Grafïon, le Corfi-wall et le Lion dérivèrent rapidement dans la ligne française; le dernier surtout, voyant qu'il allait être pris, arriva vent arrière et abandonna son armée. (Positions.)
Cet événement donna à Byron les plus vives inquiétudes, il avait à préserver à la fois ces trois vaisseaux et le convoi placé entre la terre et lui , et cependant c'est tout au plus s'il était assuré de sauver un des deux : car n'y avait-il pas à craindre que les Français ne voulussent profiter de la position favorable où se trouvaient leurs vaisseaux à l'égard de l'escadre britannique, pour essayer de se mettre entre elle et le convoi.
Dans la situation respective des deux armées et depuis le désemparement des vaisseaux anglais, la flotte française, qui avait un avantage signalé de marche sur celle d'Angleterre, pouvait, selon Topinion de plusieurs officiers de Tescadre, passer en se couvrant de toiles, au vent de l'ennemi par un virement vent devant par la contremarche. Alors de deux choses l'une, ou Byron se hâtait de faire arriver son convoi pour le couvrir avec ses
5? Position
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vaisseaux, mais la eonfasioD devenait extrême dans la ligne anglaise, et il risquait de compromettre l'escadre . aussi bien que la flotte marchande ; ou bien il le laissait près de terre. Dans ce cas, la flotte française, intércallée entre les marchands etrescadre ennemie, était à môme de réengager l'action si elle le désirait, pendant que ses fré^ gâtes auraient détruit et pris le convoi. En abandonnant ce premier dessein, il était facile au comte d'Eataing de s emparer des trois vaisseaux dém&tés, surtout du Lton, qui, avec un seul mât, faisait route pour la Jamaïque.
c( L'allure en échiquier, le cap sur Tennemi, néus donnait une victoire éclatante, a dit un des acteurs du combat; mais d'Estaing, qui électrisait ses équipages par sa gtande bravoure, voyait son arrière-garde en désordre, et redoutait peut-être les dispositions malveillantes de certains officiers. Si en effet les vaisseaux sous le vent l'avaient secondé, s'ils étaient allés se former à l'arrière-garde, comme tout indiquait qu'ils devaient le faire, puisqu'ils ne pouvaient être utiles que là, l'armée britannique eût été abîmée et les trois vaisseaux seraient tombés entre nos mains. »
Quoi qu'il en soit, le comte d'Estaing se borna à virer vent devant et à reformer sa ligne sur le vaisseau
le plus sous le vent.
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LeCortiwall et le Gra/ion setrouYèrent ainsi délivrée du plus pressant danger; cependant ils pouYaient être pris, mais la lenteur de nos mottvemens et leur promptitude à se réparer les tirèrent d'affaire y ils purent prolonger au vent notre flotte, ^ui leur envoya quelques voléest et rejoindre le gros de leur armée.
Le Liofiy qui n attendait qu'un mouvement de notre part pour se rendre, pdîsqu'il était sous le vent à nous, ne fut pas inquiété, il gagna heureusement le port de la Jamaïque.
La perte des Français fut évaluée à treize ofSciers tués, quinze blessés, et neuf cent quarante-cinq hommes mis hors de combat. L'ennemi perdit dix^uit cents hommes.
On prétend que Byron, regardant la perte de ses vaisseaux comme inévitable, ne fit aucun mouvement pour les sauver, car il redoutait avant tout un second engagement qui» vu l'état de son armée» ne pouvait que tùi être funeste.
* Tel fut ce combat dans lequel d'Estaing, avec plus de fermeté, acquérait une gloire immortelle. Que de batailles perdues ou indécises eussent été gagnées avec quelques minutes de plus d'efforts généreux I Cette réflexion rappelle l'anecdote de ce capitaine anglais qui,
HISTOIRE DE LA UKUSOL rRANÇ.U6E. 1779. M
en recevant l'épée d'un capitaine franvais, son prisonnier, le complimenta sur sa belle défense et ajoutai « Ha foi, Monsieur^ vous avez Uen foitde voifs rendre, parce que cinq minutes encore^ et j'amenais. 9
L'arrivée de nos vaisseaux au commencement de l'fif^ fidre, fut habile et réussit à séparer les trois vaisseaux, ennemie du reste de leur flotte. Ce mouvement a é(éi souvent exécuté dans nos armées et demande beaucoup d'ensemble et de s^agaolé de la part des capitaines.
L'expédition de la Grenade, qui reçut tant de lustral de cette réunion entre les mains du néme dieC^ du coin* mandement de mer et de terre, de l'intrépidité avec lar quelle il sauta des premiers dans les retrancbemeps en-; nemis, et enfin du gbrieux combat qui suivit cette conquête, excita un enthousiasme général en France. Selon l'usage pratiqué lors des grandes victoires, le roi écrivit à Tarchevéque de Paris , pour qu'il fût chanté un 7<f Deum k Notre-Dame.
Après la bataille, Tamiral anglais se réfugia à Saintf Christophe^ décidé à n'en sortir que lorsque les Français auraient divisé leurs forces ou qu'il aurait reçu de mu^ veaux renforts. Sa retraite jeta la consternation dans les lies anglaises et donna l'empire de la mer à notre escadre, qui, après quelques jour*, passés à la nter,
vint établir sa croisière devant le mouillage de Tarmée ennemi.
Un propos tenu par le comte de Grasse, à la Guadeloupe, et rendu au comte d'Eslaing, sur la focilité d'attaquer à Saint-Christophe des vaisseaux embossés^inspira à l'amiral la pensée de le rendre responsable de révénement; en le chargeant de conduire Tattaque qu'il projetait; lui laissant toute la latitude pour raccompli&sementde cette entreprise. D*Estaing, dans le cas probable ou le comte de Grasse jugerait Tattaque impossiblO; se justifiait en quelque sorte de son insuccès de Sainte-Lucie, donnait à M. de Grasse une leçon devant toute la flotte et couvrait sa responsabilité.
Ce qu'il avait prévu arriva : l'armée française se porta dans la direction du mouillage de la flotte Britannique; le comte de Grasse en tête; mais après s'être approché d'assez près, celui «ci; jugeant toute entrepHse contre l'ennemi^ impraticable, fit signal de virer de bord vent devant par la contre-marche. Ce n^ouvement obligea les derniers vaisseaux français de virer à la demiportée du canon des Anglais. L'armée défila devant l'ennemi comme en un jour de fête, toutes les enseignes déployées.
Après cette défilade, qui humilia cruellement Byron
dont le caractère vain et orgueilleux était connu * le comte d*Estaing alla croiser ^ur Ftle de Montserrat, pour prendre la flotte marchande de la Martinique et de la Guadeloupe, qui rallia dans la matinée du 26 juillet. Il cingla ensuite sur Saint-Dominique, et» réunissant tous les convois qu'il mit sous l'escorte de deux vaisseaux et de trois frégates , il les fit appareiller pour TEurope.