HISTOIRE I>E LA MAU1IM(^UK
1626, allait enfin recueillir les tristes fruits d'un 1650.
système vicieux et d'une admiiiisUalion qui aurait pu être meilleure dans les mains des Directeurs eux-mêmes, mais qui devint intolérable dans celles des commis qm les représentaient aux colonies. La dureté et la ( iipidité de ces eoiimiis, qui vendaient horriblement cher au\ Colons les mauvaises marchandises envoyées de France, tandis qu'ils prenaient, à vil prix, les denrées fabriquées avec de grande s ialig^ues par ces mêmes Cotons, parvinrent à làire détester l'autorité de la Compi^nie, au point que tous le» mouvemens, toutes les insurrections qui agitèrent les îles, avaient principalement pour but de secouer le joug devenu odieux et insupportable. Les Gouvervemeurs eux-mêmes, nommés par la Compagnie, ne pouvaient parvenir à la faire respecter, et c était avec des peines extrêmes qu'ils arrivaient à faire payer aux Colons une partie des droits qu'ils lui devaient. Cependant, elle avait toujours des dépenses considérables â faire pour fortifier les îles, les secourir ou les empêcher d'être ruinées toutà-fatt. Les mauvais commencemens de la Guadeloupe, sous de rOlive, induisirent la Compagnie en de grands déboursés; les malheureuses contestations survenues entre de Poincy et Patrocle de Thoisy, qu'elle ne. lut pas assez puissante pour faire éteindre immédiatement , en mettant Saint-
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Ghrisiophe en étal d'insurreclion, suspondirent ^^^^^ tout paiement des droits; les Directeurs étaient coiiuaints d'emprunter à de gros intérêts, encore pour ne subvenir qu'à une faible partie des exigences et des nécessités qui se faisaient senlir; enfin , cela en était venu au point qu'en 10/t7, la Conip avilie était résolue de vendre St.-Christophe au Commandeur de Poincy, qui avait chargé son fils de traiter cette aflaire. Mais Patrocle de Thoisy étant arrivé en France à cette époque, elle appréhenda qu'il ne fît saisir les deniers de cette vente pour se dédommager des dépenses qu'il avait faites dans son intérêt à elle, et elic suspeudit l'eflfet de cette résolution. Mais elle ne put tenir longtemps , et, après avoir essayé de convoquer les associés en assemblée générale, à la maisou du conseiller d'état d'Aligre, l'un d'eux, pour le 1' juin 16&8 , afin ée faire contribuer chacun pour ft,000 fi . , il ne se présenta qu'un fort petit nombre de membres; on craignit d ajouter inuliienient de nouvelles dépenses aux anciennes. Pourtant, les dettes augmentaient, les intérêts couraient, les Directeurs étaient menacés personnellement; la femme. de l'Olive, l'un des fondaleujs de la Guadeloupe, venait de gagner un procès important contre la Compagnie : celle-ci se décida enfin à vendre la propriété de toutes les îles qui lui appartenaient.
Nous avons dit que c'étaient là les tristes fruits 1650.
du syslèmo \i( i(uix adopté par la Compagnie, aous vouions parier du système proiiibitif qui, dans ces temps, n*avait pas même en vue un intérêt de commerce national , car il était défendu au\ iiaviivs Iraiiçais, autres (jue ceux de la Gompaguie, d'aller aux colonies. Aussi paya>t-eiie clicr cette maladroite avidité de gain. 11 semble que quelques années, surtout de celles si cruelles qui pesèrent sur les colonies naissantes , devaient sufiire pour la convaincre qu'il fallait tes laisser libres de trafiquer atec toutes «lations , si elle voulait qu'elles devinssent rapidement prospères. L'expérience ne lui avail-eile donc pas appris que c'était toujours avec l'aide des Hollandais, par exemple, que ces îles se relevaient des malheurs dont elle ne recevait la connaissance qu'en apprenant, en même temps, qu'ils étaient réparés par . une nation étran^ gère!
l^eur position heureuse, leurs culture», leurs productions de denrées qui étaient déjà ou commençaient à être des besoins pour l'Ëurope, auraient attiré des navires de tous les pavillons ; les colonies enrichies auraient épargné à la Compagnie les dépenses auxquelles elle se sentait obligée et qu'elle faisait toujours trop parcimonieuseifient pour être profitables; ses droits, qu'elle
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aurait pu deubler, auraient été facilement perçus lf>50. d*habitans aisés et riches,' et leur perroption, qui n'aurait pas été péniblement opérée au iiiilit'u de la gêne et de la misère, n'aurait pas non plus attiré les cris et les malédictions sur la téte de commis rapaces, en qui Ton personnifiait la Compagnie tout entière, et ces terres, destinées à enrichir les Français, n'auraient pas été arrosées de leur sang autant que de leurs sueurs.
A peine la Compagnie eût-elle adopté définit!venu nt le parti de vendre ces clomaines d'occident, que Berruyer, l'un dv. ses principaux Directeurs , en donna avis à du Parquet , lui ajoutant qu*il avait arrangé les choses de telle façon, qu'on était disposé à lui céder, de pn'férenco à tous autres 9 les îles dont il était le Gouverneur. Du Parquet se hâta de se rendre en France, et , par cont)*at du 20 septembre 1650 , acheta la propriété de la Martinique, de Sainte-Alousie , de la Grenade et des Grenadines, moyennant 60,000 livres.
Avant de repasser les mers et de revenir prendre possession de ses propriétés, du Parquet eut l'honneur de conférer trois fois avec le jeune Roi Louis XIY, sur les colonies d'Amérique, leurs ressources, leur utilité , leur avenir. C'est, peut-être, dans CCS conférences, cpie ce jeune Monarque, qui avait en lui les germes de toutes les grandes idées , comprit l'importance, pour sa marine, de ce;^ con-
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* trées lointaines ; plus tard , il devait trouver dans 1650.
son ministre Golbert une conviction semblable.
Louis XIY, à qui Ton avait lait connaître la valeur, les exploits et les services réndus en Amérique par du Paripiet, lui octroya le Gouvernement et le nomma Lieutenant-général îles îles qu il avait arf|n?ses : les lettres patentes sont du mois d'août 1654.
ftlSTOlRE DE LA MiRTINlQCK.
TROlSfÈIlE PARTIE.