Livre des yeux
Ce livre est 'dédié à Jean. Constantin l’a composé parce qu’il n’avait rencontré, en latin, aucun écrit sur la matière.
Outre les ouvrages mentionnés dans la liste de Pierre Diacre, on trouve encore dans l’édition de Bâle, de 1530 :
Liber aureus, de remediorum ægritudinum cognitione.
De vietus'ratione variorum morborum.
De melancolia.
De animæ et spiritus discrimine, et de incantationibus, que nous croyons traduits de Costa ben Luca.
De gradibus simplicium.
On trouve encore dans l’édition de 1541 :
De humana natura vel de membris corporis humani.
De elephantia.
De animalibus.
A la fin de la 1" édition se trouve une lettre à l’abbé Didier, où Constantin dit qu’aprês avoir parcouru les auteurs anciens et modernes, grecs et latins, il en a extrait tout ce qui peut être utile à un médecin, les uns étant trop prolixes et les autres trop brefs. Chacun, dit- il ne peut acheter tous les livres. Il espère que personne ne pourra lüi reprocher d’avoir écrit après tant d’hommes éminents. Ce n’est pas nous qui lui ferons ce reproche. Nous croyons avec Daremberg, qu’on lui doit une grande reconnaissance pour avoir ouvert aux Latins les trésors de l’Orient et par conséquent de la Grèce, qu’il a mérité le titre de Restaurateur des letires médicales
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en Occident, et que ce serait justice de lui élever une statue aux environs de Salerne.
Les Traductions Latines à Tolède.
Deux ou trois siècles s’étaient écoulés depuis le merveilleux travail de traductions opéré à Bagdad, quand un travail analogue, issu du premier, se produisit à Tolède. Ce nouveau travail devait différer sous bien des rapports de celui dont il procédait.
Cette fois c’est la science arabe elle-même qui en fera le fonds et qui enrichira la littérature latine, dont la langue était devenue la langue savante de l’Occident.
Ce ne sont pas des souverains, pas même des Espagnols qui en eurent l’initiative, ce ne fut pas non plus l’Espagne, mais l’Europe entière qui en profita, et telle en est la raison probable.
Après la conquête musulmane, les populations chrétiennes restées avec leurs croyances au milieu des vainqueurs, en eurent bientôt appris la langue, au point qu’un évêque de Séville, Jean, crut devoir traduire la Bible en arabe. De leur côté, les Arabes avaient une certaine connaissance de la langue de ces populations. Nous en avons rencontré beaucoup de vestiges chez les Arabes Andalous, notamment dans Ebn el Beithâr, et cette langue ils lui donnaient le nom d ’Adjemya, c’est-à-dire étrangère. Les échanges d’idées se passaient donc ainsi de traductions et c’est à peine si l’on en cite deux à propos de Gerbert, qu’il se fit envoyer de Barcelone, avant le travail dont nous allons parler. Plus tard on n’échangea guère que des coups d’épées entre les musulmans refoulés et les Espagnols de plus en plus envahisseurs.
Cefutun Français qui provoqua les traductions latines à Tolède, où nous voyons une colonie française s’établir vers la fin du XI0 siècle.
On lit dans l’Histoire littéraire de la France, tome VII :
« Bernard, moine de Cluny, qui devint archevêque de To-