E SÉVILLE
dis. Isagoge majores Albumasaris in scientia judieiorum astrorum translata; à Jolianne hyspaniensi de arabico in latinum.
Dans les autres on lit; Liber qui est major introductorius Albumasaris astrologi in scientia j udiciorum astrorum, etc., et eu tète : In nomine domini nostri Jesu-Christi.
On lit à l’explicit: Translatas a Jolianne liispalensi.
On sait qu’Albumasar est le nom altéré d’Abou Macbar Djafar ben Mohammed ben Omar el Balkhy. Dans la liste de ses œuvres, donnée par Djemal eddin, nous trouvons citée la grande Introduction.
9“ Introduction à l'astrologie, par Alchabitius.
Tel est le titre ; Introductorius ad magisterium judieiorum astrorum Abd el Aziz qui dicitur Alchabitius.
Nous avons en vain cherché le nom de cet auteur dans nos historiens, mais sa dédicace au sultan Seyf eddoula, prince Hamdanide d’Alep, nous apprend qu’il vivait au XIIe siècle. On s’étonne que Jourdain, dans la Biographie Michaud, ait avancé que cette traduction s’était faite au XIIe ou au XIIIe siècle. Sans doute cet article a précédé ses Recherches. La Biographie Didot s’est rabattue sur le XIIIe siècle. Cette traduction existe dans les n0> 7282, 7321, 7321 a, 7416 et 7432. On lit au n° 7282 ; Interpretatus a Joanne yspalensi. Le n° 7321 a, d’une exécution magnifique, porte les armes de France. Cette traduction a ôté imprimée sous le titre ; Liber ysagogicus Abdilazi, etc.
10e Traductions de Maclia Allah,
Il est probable que toutes les traductions de Macha Allah, opérées par Jean, ne nous sont pas parvenues accompagnées de son nom.
Il eh est cependant resté un certain nombre qu’il a signées. La plupart ont trait à l’astrologie.
Nous trouvons diverses traductions de ce genre dans les nos 7282, 73Q7, 7310, 12,204, etc. Ces traductions portent généralement cet explicit; Translatas (ou versus) à Johanne hyspalensi in luna ab arabico in latinum.
Les nüs 7307 et 16,204 contiennent la' traduction d’un traité sur les éclipses, avec le même explicit.
376 HISTOIRE DE LA MÉDECINE AlUUE. — LIVRE HUITIÈME. 1
Le n" 7316 bis porte encore le même explicit à la suite (l’un traité sur les pluies, de inibribus.
Ce fut doue à Luna que Jean exécuta ses traductions de Maclia Allah.
On sait que cet astronome, juif de religion, vivait sous le règne d’El Mansour. On peut lire la liste de ses écrits dans Casiri, d’après le Kitab cl àolcama. Nous y retrouvons les ouvrages traduits par Jean.
Maclia Allah composa un livre sur la construction et l’usage de l’astrolabe. Nous en avons la traduction aux n“7194, 7195, 7298, etc. D’autre part nous trouvons sous le nom de Jean, au n“ 7292, la pratique de l’astrolabe. Nous pensons que Jean n’est ici que traducteur.
M. Steinschneider, qui, dans son catalogue du Britisli muséum, a établi la bibliographie de Maclia Allah, cite encore une traduction de Jean qui nous a échappé : De receptione (conjunctione) planetarum.
On trouve encore sous le nom de Jean : Tractatus pluviarum et aeris mutationes, n° 7316 bis ; de testimoniis planetarum, n° 7328; Nous pensons qu’il s’agit de traductions plutôt que d’écrits originaux.
Pour en finir avec Jean de Séville nous citerons deux titres que nous n’avons rencontré que dans la B. Bodléienne : 4®
Liber Avendauth de Y universalibus.
Metaphysica Avendauth.
Ajoutons enfin que d’après un passage d’Albert le Grand, cité par Jourdain, Recherches, 114, une traduction delà Logique d’Aristote et peut-être encore d’autres auteurs arabes, aurait- été faite par Avendaut. (écrit Avendar). »
Gü.XDISALVI.
Nous ne connaissons pas mieux Guudisalvi que Jean de Séville, vu la connexité des documents qui les concernent. Antonio, dans sa Bibliothèque espagnole, n’a même pas pu lui assigner une date certaine; bien plus, il a fait trois individus de sa personne, ainsi que l’a déjà fait remarquer Jour-
GUNDISAXVI.
ilain. Il nous donne d’abord la liste des traductions d’un Gundisalvi, d’après le franciscain Wallensis, à savoir la division de la philosophie, le livre de l’âme, celui du ciel et du monde. Plus loin, il attribue à Dominique, archidiacre de Ségovie, la traduction de la Philosophie d’Algazel (Gazzaly) ; enfin il attribue à Jean Gundisalvi la traduction de la Physique d’Avicenne.
Nous avons vu, dans la notice de Jean de Séville, que l’arChidiacre Dominique Gundisalvi fut son collaborateur dans la traduction du Livre de l’âme d’Avicenne, qu’il rendait en latin ce que le juif Avendauth traduisait en langage vulgaire, et que cette traduction se fit à Tolède sous l’inspiration de l’archevêque Raymond.
Il en advint de Gundisalvi comme de Jean de Séville. Il se compléta par l’étude de l’arabe et traduisit à lui seul. Après la traduction du livre de l’âme, nous voyons les deux traduc • teurs marcher isolément. Gundisalvi suivait une meilleure route que Jean de Séville, attendu qu’au lieu de se diriger vers l’astrologie, il resta sur le terrain de la philosophie.
Telles sont les traductions que Jourdain lui attribue:
1“ Avieenæ libri de anima.
2° Ejusdem libri physicorum quatuor.
3° Ejusdem metaphysicorumdecem.
4° Liber de cœlo et mundo.
5“ Algazelis philosophia.
6° Alpharabius, de scientiis.
Nous commencerons notre revue par ces traductions.
1" Livre de l’âme, d’Avicenne.
Nous n’avons pas à rappeler ce que nous èn avons déjà dit dans la notice de Jean de Séville. Nous rappellerons cependant que si cette traduction porte quelquefois un seul nom, le prologue n’établit pas moins l’action commune des deux collaborateurs, et la part spéciale de chacun d’eux. Nous rappellerons aussi la fin du prologue, déjà signalée par Jourdain :
In quo (libro Avieenæ) quidquid Aristoteles dixit in libro suo de anima et de sensu et sensato et de intellectu et intellecto, ab autore libri scias esse collectum. Unde postquam.
Deo volente, liunc habueritis, in hoc illostres plenissimevos habere non dubitatis.
Ce passage prouve, selon Jourdain : 1° Qu’on n’avait point à cette époque les traités d’Aristote sur le même sujet; 2° Qu'on regardait Avicenne comme l’abréviateur, le copiste du philosophe grec.
2° Le traité de l’âme, avec commentaire.
Gundisalvi paraît avoir publié sous sou nom le Traité de l'âme avec commentaire. Dans le n° 8802 le livre de l’àme est accompagné de cette annotation : Liber iste dividitur in V partes. In quinta continetur quod adjecit Avendauth. Le n° 16,613 (1703) donne ce livre sous le nom de Gundisalvi avec cette indication : Continens X capitula, et nous lisons ensuite : Explicit commentum de Anima.
D’autre part, les prologues ne sont pas complètement identiques. Nous lisons ici : Qua propter quidquid apud philosophos de anima rationaliter dictum inveni simul in unum colligere curavi. Opus si quidem latinis incognitum, ut pote in archanis grecæ et liebraicæ linguæ reconditum, etc.
Nous trouvons enfin un Ms. de la Bodléienne sous cetitre:
Gundisalvy de anima, liber secundum philosophos de creatione mundi à Dominico Gundisalvo Toleti archidiacono translatas de arabico in lat.inum.
3° Métaphysique d’Avicenne.
Elle se trouve au n° 0443, et débute ainsi : Postquam auxilioDei explevimus tractatum scientiarum logicarum, naturalium et doctrinalium, etc. Tel est l’explicit : Complétas est liber quem transtulit Dominicus Gundisalvi archidiaconus Tholeti de arabico in latinum.
Dans le n° 10,097, le titre est : Liber Avicenæ de philosopliia seu de scientia divina, et l’explicit se borne à dire: Complétas est liber tolleti translatus.
4“ Physique d’Avicenne. »
Cette traduction se trouve dans le n° 6443, après la métaphysique et avant le livre de l’âme. Nous trouvons ensuite: De cœlo et mundo, liber Gundisalvi de processionemundi, les Animaux d’Avicenne, la Métaphysique d’Algazel, le Traité de ortu scientiarum donné sous le nom d’Avicenne, puis &
GUNDISALVI.
la fin la Logique d’Alg’azel et celle d’Avicenne. On serait peut-être autorisé à conclure que toutes ces traductions sont du fait de Gundisalvi.
3° Traité du ciel et du monde.
Gomme nous venons de le dire, il se trouve dans le n° 6443, mais sans nom de traducteur.
. 6° Ecrits d’Algazel (Gazzaly).
On trouve la Métaphysique aux nos 6443 et 6653. Ce dernier Ms. donne cet incipit : Liber philosopliiæ Algazelis translatus a Magistro Dominico archidiacono segobiensi apud Toletum de arabico in latinum. Dans le n° 14,700 nous lisons : Liber metaphysicæ Ar gaz élis cum naturalibus ejusdem, puis : explicit metaphysica Argazelis, incipit ejus physica. Plus loin nous trouvons la logique d’Algazel, qui figure également au n° 6443.
7° et 8“ Alfaraby.
Gundisalvi nous paraît avoir traduit d’Alfaraby deux ouvrages qui ont été confondus par Jourdain, et que les documents que nous allons produire nous font distinguer.
Le n° 14,700 de Paris contient le livre De divisione philosophiæ, qui débute ainsi : Félix prior œtas quæ tôt sapientes protulit.
La Bodléienne contient trois Mss. sous les titres suivants :
Gundisalvi, De divisione philosophiæ ; Gundisalvi, De divisione philosophiæ in suas partes ; Alfarabii, De scientiis sive Gundisalvi, De divisione philosophiæ. Ainsi le livre d’Alfaraby, De scientiis, et celui de Gundivalvi, Dedivisione philosophiæ seraient un même ouvrage.
D’un autre côté, nous trouvons sous le nom d’Alfaraby le livre De ortu scientiarum, n° 6298, débutant ainsi : Scias nihil esse nisi substantiam et accidens et creatorem substantifs. ‘Voilà donc un livre différent du précédent. Le n° 6443 donne le livre De ortu scientiarum sous le nom d’Avicenne, mais par erreur, car le début est le même.
9° De l’immortalité de l’âme.
Ce traité original se trouve au n° 16,613. Jourdain en a donné le début.
Au f° 43 on lit: Gundisalvi, De immortalitate animæ.
380 HISTOIRE DE LA MEDECINE ARAIiE. — LIVRE HUITIÈME, I
10° De processione mundi.
Ce titre accompagné du nom de Gundisalvi, se lit au f” 96 du n» 6443.
Antonio donne à Gundisalvi comme collaborateur dans la traduction de la Physique d’Avicenne, un certain Salomon À dont nous n’avons pas retrouvé le nom ailleurs.
Disons encore que Jourdain considère Gundisalvi comme traducteur du Fons vitœ d’Avicebron, et que Munk l’affirme positivement.