‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 184 sur 239 · MARCUS DE TOLÈDE · texte numérisé non relu

MARCUS DE TOLÈDE

Nous ignorons l’époque précise où il vécut. Jourdain pense, d’après les manuscrits, qu’il est postérieur au XIII* siècle. Tout ce que nous savons de lui, c’est qu’il était chanoine de Tolède. Il nous a laissé deux traductions, celle du Coran et celle du Traité des mouvements apparents de Galien.

La traduction du Coran existe au n° 3304, corrigée par des interlignes ou des notes marginales. Nous en donnerons un échantillon, que l’on pourra comparer avec celle de Robert de Rétine.

Telle est la première sourate.

Materia libri. Septemperiodi.

In nomine Dei misericordis miseratoris. Gloria Deo creatori gentium (Domino creaturarum), misericordi, miseratori qui régnât in die legis (regis diei judicii). Te quidem adoramus, per te vivimus (et te invocamus). Dirige nos in viam rectam quam eis erogasti non eorum contra quos iratus es damnatorum (viam eorum quibus gratiosus es erga eos sine ira contra eos et non errantium).

Telle est la sourate de l’Eléphant.

Prophetia Elephantum, Sura C V.

In nomine Dei misericordis miseratoris, amen. Nonne vxdisti qualiter egit creator (Dominus) tuus cum equitibus

(eomitibus) elephantum. Nonne quod cogitaverunt facere damnavit (posuit conatus eorum in perditionem). C

Et misit super eos babiloniæ aves (omnigenas) quæ lapides super eos projecerunt torrentes (nigras) et in granum de pastuin eos redegerunt.

On voit que la traduction de Marcus ne vaut pas mieux que celle commandée par Pierre le Vénérable.

Quant au Traité de Galien, des Mouvements sensibles, de motibus liquidis, comme dit la traduction de l’arabe, il a été inséré par les Juntes dans leur édition de 1586, parmi les Spurii, bien que l’authenticité de ce livre soit incontestable, attendu qu’il est cité par Galien lui-même. La traduction latine mentionne comme traducteur du grec Johannitius, c’est-à-dire Honein.

GUILLAUME DE MOKBEICE.

Guillaume, ainsi nommé de sa patrie, localité des environs de Bruxelles, naquit vers le commencement du XIII' siècle. Il entra dans les Frères prêcheurs, apprit le grec, et, dit l’historien de cet ordre, l’arabe aussi, ce qui le fit envoyer en Grèce par ses supérieurs. Il devint plus tard archevêque de Corinthe, attaché à la personne des papes, cardinal, et passa une partie de son existence laborieuse en Italie. En 1274, il accompagnait le pape Grégoire X au concile de Lyon, où, de concert avec des prélats grecs, il chanta du grec à la messe de St-Jean. Quétif et Echard ne le suivent plus après 1281.

Guillaume était ami de Vitellio, l’auteur de la Perspective, qui avait passé quelque temps en Italie, et lui dédia son livre. Nous avons déjà fait observer l’erreur de certains biographes, qui ont vu dans Guillaume le frère de Vitellio. Le mot frère, employé dans la dédicace, est tout simplement un titre d’amitié.

Guillaume consacra ses veilles à la traduction du grec en latin. Ses traductions portèrent particulièrement sur Aristote, au point que l’on a dit abusivement qu’il l’avait

traduit tout entier. Il traduisit aussi Simplicius etProclus ; enfin le livre des Aliments de Galien et les Pronostics d’Hippocrate tirés des phases de la lune, qui existent à Paris, n% 6865, 7337 (1).

Nous avons vu que l’on donne à Guillaume la connaissance de l’arabe. Quétif et Echard jugent par induction qu’il a traduit de l’arabe l’Elévation théologique de Proclus, qu’il achevait à Viterbe, en 1268. St-Thomas dit que cette traduction dérive de l’arabe, et il ajoute que l’on n’en avait pas encore reçu d’après le grec. Elle existe au n° 16,097 (ancien 954), où l’on pourrait , par une étude attentive, voir si elle procède réellement de l’arabe.

Roger Bacon traite aussi sévèrement Guillaume que les autres traducteurs, ses contemporains.

Entre autres ouvrages on lui attribue un traité de géomantie.

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