HERMANN L’ALLEMAND
Nous ne trouvons de renseignements sur lui que dans ses traductions et dans les auteurs qui les ont utilisées.
Son nom et son surnom accusent sa patrie. Ses traductions sont datées du milieu du XIIIe siècle et furent exécutées à Tolède. Il nous apprend lui-même qu’il fut encouragé par Jean, évêque de Burgos et chancelier de Castille, et ailleurs, que la traduction des Ethiques d’Aristote faite d’après le grec par Robert Grosse -tête avait rendu inutile celle qu’il avait lui-même exécutée d’après l’arabe.
Nous savons enfin qu’il fut attaché à Manfred. On lit dans Roger Bacon : Hermannus Alemannus et transistor Manfredi nuper à D. rege carolo devicti.
Nous possédons trois de ses traductions : des Ethiques de la Rhétorique et de la Poétique d’Aristote.
400 HISTOIRE r>E LA. MÉDECINE ARABE. — LIVRE HUITIÈME.
M. Renan met aussi en avant la Politique, mais il ne revient pas ensuite sur cette traduction.
Le prologue de la Poétique semblerait, d’après Jourdain, témoigner que Hermann a traduit l'Organon tout entier: Suscipiant igitur, si placet, et hujus editionis poetrie translationem viri studiosi, et gaudeant se cum-hac acceptos logici negotii complementum. »
Nous possédons enfin de lui une introduction à la Rhétorique d’Aristote d’après la glose d’Alfaraby, signalée pour la première fois par Jourdain.
Le livre des Ethiques est la première de ses traductions. Mais il y a plus. Hermann en a fait une double traduction, abrégée et complète. Le n° 16,581, ancien 1771, contient un sommaire, ce qui, du reste, est annoncé par cet énoncé : Incipit summa quorumdam Aléxandrinorum quam excerpserunt ex libro Aristotelis nominato Nichomachia, quam plures hominum Ethicam nominaverunt. Et transtulit eam ex arabico inlatinum Hermannus Alemannus.
M. Renan, qui a relevé quelques erreurs de ses devanciers au sujet de traductions de Hermann et des manuscrits qui les contiennent tant à Paris qu’à Florence, voit dans la traduction complète (représentée par les nos 1773 et 1780) le commentaire moyen d’Averroès. Cette traduction serait aussi reproduite dans le second Ms. de la Laurentienne. Elle est imprimée dans les œuvres d’Averroès, et porte dans les Mss. la date 1240, sur laquelle M. Renan conserve des doutes. En effet, la Poétique portant la date 1256, on ne s’explique pas, dit M. Renan, un aussi long séjour de Hermann à Tolède, pour ne produire que deux ou ou trois traductions. (1)
(1) Les doutes exprimés par M. Renan sont légitimes.
Nous avons tout récemment acquis une traduction des Ethiques, dont le texte traduit du grec par Léonard Arétin est accompagné du commentaire d’Averroès (traduit par Hermann). On lit à la fin : Et ego quidern explevi determinationem istorum tractatuum quarto die Jovis mensis qui dicitur ducadatim anno arabum D. L XXII. Et grates Deo multe de hoc. — Dixit translater. Et ego complevi ejus translationem ex arabico in latinum tertio die jovis mensis Junii, anno ab incarnatione Domiui M. C C. LX apud urbem Toletanain in capella sancte Trinitatis, etc.
■lourd ai n a reproduit, p. 439, d’après Bandini, la date 1S40, qu’il faut restituer 1260, comme la donne notre édition imprimée.