‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 205 sur 239 · SIMON DE GÊNES ET ABRAHAM DE TORTOSE · texte numérisé non relu

SIMON DE GÊNES ET ABRAHAM DE TORTOSE

Nous avons encore ici la collaboration d’un juif et d’un chrétien, comme au temps de l'archevêque de Tolède.

Simon de Gênes, chanoine de Rouen, médecin et chapelain du pape Nicolas IY, qui fut élu en 1288, avait voyagé dans la Sicile et la Grèce, étudiant les végétaux.

Le fruit de ses recherches est consigné dans le n° 6823 de la B. nationale, sous le titre : Simonis januensis syno~ nyma (J).

Laissant de côté ses autres écrits, nous nous occuperons seulement ici de ses traductions.

La première est celle du traité des médicaments simples de Sérapion le jeune. Tel en est le titre: Liber Serapionis aggregatus in medicinis simplicibus secundum translationem Symonis Januensis interprète Abrahamo judeo tortuosiensi de arabico in latinum.

Cette traduction nous est donnée comme faite d’après l’arabe, mais, comme nous l’avons déj à dit, elle accuse un contact avec l’hébreu. Nous pouvons dire aussi que letraducteur Abraham avait de l’arabe une médiocre connaissance, attendu que sa traduction est mauvaise. Les termes techniques y sont particulièrement très maltraités. Il faut une grande habitude de la matière pour reconnaître les expressions originales, et encore n’y parvient-on pas toujours. Pour avoir une idée de ces déformations il suffit de jeter un coup d’œil sur la table alphabétique des synonymes, qui se trouve en tête des éditions imprimées. Nous en avons parlé ailleurs. Nous avons signalé aussi une traduction hébraïque de Sérapion, que nous avons

(1) Aux n»s 6958 et 6959 : Glossarium medicinæ, autore Simone Januensi Nieolai IV medico.

FERRANUS LE JUIF. 471

découverte au n° 1187 du fonds hébreu de Paris, traduction acéphale et tronquée, qui va du n° 60 au n° 304.

La deuxième traduction, faite par les mêmes collaborateurs, est celle connue sous le nom de Liber Servitoris, livre qui n’est autre que le XXVIIIe de la grande collection d’Abulcasis portant le nom de Tesrif.

Tel est le titre : Liber Servitoris Liber XXVIII Libri Servitoris Bulchasim Ben aberazerin, translatus a Simeone Januensi, interprète judeo tortuosiensi.

Le nom d’Abulcasis est mieux rendu dans le Ms. 10,236.

On ne nous dit pas ici que cette traduction a été faite d’après l’arabe. Nous avons des raisons de croire qu’elle provient de l’hébreu. C’est ainsi que nous trouvons des transcriptions de ce genre: Heben Gizar, EbnEddjezzâr. Nous signalerons aussi le titre liber Servitoris, et nous renverrons à ce que nous avons dit sur ce mot, à propos d’Abulcasis. Ajoutons encore que, dans le prologue on lit, au lieu de liber Servitoris, quem nominavi librum Servitorem, ce qui répond au Chemous des Hébreux.

Cette traduction ne paraît pas aussi mauvaise que la précédente, parce qu’elle n’est pas hérissée de termes techniques.

Nous ne connaissons pas autrement que par ces deux traductions le juif Abraham. Un juif du même nom fit en collaboration, de l’arabe en latin, à Marseille, la traduction du Traité des plantes attribué à Galien. Nous en reparlerons.

FERRANUS LE JUIF, OD FERRARIÜS.

Le n° 7131 de la Bibliothèque nationale contient de lui une traduction sous ce titre : Cyrurgia Johannis Mesue quam Magister Ferranus judeus transtulit in Neapoli dearabicoin latinum.

Cette traduction, que nous n’avons rencontrée nulle autre part, est une énigme pour nous. La liste des écrits de Jean fils de Mésué ne mentionne pas de chirurgie. Cet ouvrage est divisé en cinq parties dont la première traite de l’anatomie et la deuxième des médicaments.

Signalons en. passant à propos des fractures le mot réduction rendu par Algebra. On en rencontre du reste d’autres exemples dans les écrits de l’époque.

Nous ignorons l’époque où vivait Ferranus. On peut croire cependant qu’il fut contemporain de la maison de Souabe et de Charles d’Anjou.

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