SYRIE
Le XIIIe siècle fut le grand, siècle scientifique de la Syrie. C'est alors que les institutions fondées par Nour eddin et les encouragements donnés par Saladin portèrent leurs fruits, malgré les agitations politiques. Les princes Ajoutâtes qui leur succédèrent continuèrent les mêmes traditions et rappelèrent les beaux temps des Abbassides.
Tout ce qui peut intéresser la médecine se rencontre alors eu Syrie. Concours do médecins éminents la plupart attachés aux hôpitaux et y enseignant la médecine, nouvelle école fondée, extension donnée à la pratique de l’oculistique, culture passionnée et nouvelle de la botanique, création de médecins en chefs, grand nombre d’entre eux attachés à la personne des souverains, investis de fonctions publiques et même élevés à la dignité de vizir. Et cela, sans acception de croyance. Juifs, chrétiens et musulmans partagent la confiance des princes, les honneurs et les dignités, Tros Rutulus ve fuat.
Nous devons faire observer toutefois que, dans ce nombre considérable de médecins les musulmans sont en majorité, ce qui prouve dans la race une sorte de renaissance et une ferveur scientifique digne des premiers temps.
Parmi les médecins, éminents de l’époque nous pouvons citer Radhy eddin Errahaby, l’éminent praticien dont l’existence réglée se prolongea durant tout un siècle ; le chrétien Iakoub ben Saklan, le médecin de son temps qui possédait le mieux Galien; Iiachid eddin ben Refiqua, bon praticien, oculiste ingénieux, qui opérait la cataracte par succion ; Rachid eddin ebn Essoury, qui fit plus que décrire les plan-
tes, qui les peignit ; Ebn Eddaldiouar qui consacrait tous les jours trois heures à l’enseignement de la médecine à l’hôpital ; Omran el Israïly distingué comme professeur et comme bibliophile ; Abdellatif bien connu pour sa relation de l’Egypte, et dont les nombreux ouvrages embrassèrent presque toutes les branches de la science ; enfin l’historien de la médecine Ebn Abi Ossaïbiah.
La nouvelle école de médecine fut fondée par Ebn Dakliouar, qui donna sa maison, à la condition que Cherf eddin, fils de Rahaby, y professerait.
G’est à Damas que l’historien de la médecine et l’historien des Dynasties, Ebn Abi Ossaïbiah et Aboulfarage, commen • cèrent leurs études médicales.
La médecine était particulièrement enseignée par Iiachid eddin Errahaby, Cherf eddin son fils, lakoub ben Saclan, Mouaffeq eddin Essaddaca surnommé Essamiry, Ebn Eddakhouar.
Trois médecins reçurent le titre de médecins en chef. Nous en connaissons une dizaine qui furent attachés aux hôpitaux de Damas. Quolques-uns étaient aussi chargés du service du palais.
Plusieurs d’entre eux furent attachés à la personne des souverains, tant à Damas que dans les diverses principautés de la Syrie.
L’oculistique fut l’objet d’une attention spéciale. Nous voyons des services d’ophthalmiques dans les hôpitaux, et Sedid eddin ben Refiqua se servir pour la cataracte d’une aiguille creuse.
La botanique fut particulièrement cultivée. Ebn el Beitliâr séjourna quelque temps à Damas. C’est là qu’il fit la connaissance de son futur biographe, qui parcourut avec lui les environs, Discorides à la main.
Un autre botaniste Ebn Essoury parcourait les montagnes du Liban avec un peintre, et composait un livre où les plantes étaient représentées.
C’est en Syrie aussi que résidait le biographe et le grand bibliophile Djemal eddin, l’auteur du Kitab el hokama.
Finissons en disant que cinq méde'cins furent élevés à la dignité de vizir.
FAKIIR EDDIN RODHOÜAN BEN ESSAATY.
Fakhr eddin Rodhouân ben Mohammed ben Essaaty naquit à Damas. Son père était du Khorassan et vint s’établir dans cette ville où il résida jusqu’à sa mort.
C'était un homme remarquable par ses connaissances en astronomie et en horlogerie, d’où lui vint son surnom d’Essaâty. C’est lui qui fit du temps de Nour eddin les horloges de la porte de la Mosquée de Damas. Il laissa deux enfants : Boha eddin, le premier poète de son temps, qui mourut au Caire et laissa un Divan ou Recueil de poésies, et Faklir eddin.
Faklir eddin apprit la médecine à l’école de Radhy eddin Errahaby et d’El Mardiny. Malek el Faidli, fils de Malek el Adel, le prit à son service, l’admit dans son intimité et lui confia les fonctions de vizir.
C’était aussi un poète et un musicien. Il mourut à Damas. Sa grande autorité en médecine était Avicenne, aussi laissa-t— il un commentaire sur le Canon et un complément du Traité de la colique.
M. Sanguinetti nous a conservé de ses vers, d’après Essafady.
Les miens me jalousent pour mon habileté ;
Je suis en effet au milieu d’eux un homme à part :
Mais je veillais pendant qu’ils dormaient;
Veiller et dormir sont deux.